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Après avoir échoué à maintes reprises à faire passer la pilule, la Majorité présidentielle (MP) revient avec l’ultime challenge d’un référendum constitutionnel. La mouture à soumettre au référendum est fin prête. Son bureau politique aurait déjà donné son quitus. Le projet sera déroulé à la session parlementaire ordinaire de septembre. Le dialogue devenant de plus en incertain, la Majorité a décidé de changer de fusil d’épaule. Dans la MP, l’on s’active tout en oubliant qu’en face de leur jusqu’auboutisme se dresse la pression populaire qui va dicter sa loi. Le spectre de janvier 2015 est encore frais en mémoire.



La majorité au pouvoir n’a pas encore dit son dernier mot. En coulisses, ses stratèges sont à pied d’œuvre pour trouver la bonne formule ; celle qui permettrait de pérenniser, le pouvoir de son autorité morale, le chef de l’Etat «Joseph Kabila, Dans sa tentative de réviser la Constitution pour faire sauter éventuellement le verrou de l’article 220 qui disqualifie le chef de l’Etat à la prochaine course présidentielle, des arguments scientifiques n’ont pas suffi à faire bouger les lignes.



On a encore frais en mémoire l’ouvrage du professeur Evariste Boshab, grand stratège de la Majorité, qui prédisait une inanition de la nation en cas de non révision de la Constitution. Jean-Pierre, Kambila, directeur de cabinet adjoint du chef de l’Etat, dans sa « Plaidoirie pour la 4ème République » abondait dans le même sens. Il a été complété par Claude Mashala, un des communicateurs de la MP. Tous n’ont pas su convaincre et faire basculer la tendance dans l’opinion.



Pour contourner la difficulté de faire accepter la révision de la Constitution, la Majorité s’était alors rabattue sur la modification de la loi électorale en conditionnant les élections au bouclage des opérations de recensement et d’identification de la population. Là aussi, la MP s’est buté à un os. Elle a rencontré une farouche résistance populaire. Les événements des 19, 20 et 21 janvier 2015 l’ont dissuadé, renonçant finalement à son projet. Mais, ce temps de répit passé, d’autres tentatives sont passées inaperçues comme la refont du fichier électorale er cours, décidée unilatéralement par la Commission électorale nationale indépendante en violation flagrante de la Constitution qui prévoit la convocation du corps électoral 90 jours avant la fin du mandat du président en exercice.



ASSAUT FINAL

Aujourd’hui, la Majorité a sérieusement mûri son projet de référendum constitutionnel. Elle aurait trouvé la parfaite combinaison pour faire passer ce projet. Des sources généralement bien informées rapportent que, au sein de la MB le projet de modification de la Constitution serait déjà ficelé. Il devait être bouclé à la session parlementaire de septembre, avant d’être soumis au référendum. Le bureau politique de la MP, qui s’y est longuement penché, aurait déjà donné son quitus. Prochaine étape : le Parlement. A l’Assemblée nationale, les groupes parlementaires de la Majorité ont été déjà saisis. Chacun se prépare pour l’assaut final. « Tous les moyens» seront utilisés pour que ce projet passe. D’où l’inscription à l’ordre du jour de la loi référendaire lors de la session de septembre prochain. Ce projet sera réactivé et soumis au débat concomitamment avec les discussions sur Le dialogue, la facilitation, les procès imaginaires en cascade, les arrestations arbitraires…



Au niveau du bureau de la Chambre basse du Parlement, Aubin Minaku, son président, en même temps secrétaire général de la Majorité présidentielle, affûte également ses armes. C’est le tout pour le tout, se dit-on dans le sérail présidentiel. Dans la Majorité, on, est conscient de difficultés. On est cependant déterminé à aller jusqu’au bout: Autour du chef de l’Etat, l’équipe pour la grande offensive est déjà en place, avec Aubin Minaku comme chargé des opérations.



Si la MP se prépare au grand forcing, il y a cependant des pesanteurs qui s’imposent. Il y a d’un côté l’opposition qui se tient prête à parer à toute éventualité. En réussissant à reculer le plus possible le dialogue initié par le chef de l’Etat, l’Opposition a démontré sa capacité à imposer son point de vue. Quoique majoritaire au Parlement, la. Majorité présidentielle ne trouve pas un couloir pour faire passer allégrement son projet de modification de la Constitution. On doit s’attendre à une rude bataille aussi bien juridique que politique. Une bataille qui pourrait aussi se poursuivre sur d’autres fronts.



Mais, par-dessus tout, la grande inconnue rte le peuple. En janvier 2015, le peuple congolais avait prouvé qu’il était prêt à défendre sa Constitution, jusqu’au sacrifice suprême, pour empêcher à quiconque de lui voler sa démocratie. Les trois journées folles de janvier 2015 sont encore fraîches dans la mémoire de tout le monde. Ces jours-là, le peuple s’est, dans un élan collectif, mobilisé dans les grandes villes du pays pour barrer la route au projet de révision de la loi électorale. Pressée par la rue, la Majorité présidentielle a fini par lâcher prise.



Bis repetita ! L’histoire pourrait donc se répéter. C’est fort probable. Pour la famille politique MP, aucune initiative n’est à mettre de côté. Pourvu que son autorité morale, le chef de l’Etat, conserve son pouvoir. S’il faut torpiller la Constitution pour qu’il en soit ainsi, la MP est prête à se lancer dans cette direction. C’est l’assaut final, en attendant le grand rendez-vous du 20 décembre 2016 – fin constitutionnelle du mandat du président Joseph Kabila.

Par LE POTENTIEL
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