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*Les membres du Comité préparatoire du Dialogue ont pris position hier, mardi 23 août 2016, à Béatrice Hôtel. Ils ont 4 jours pour amender, compléter ou valider l’avant-projet de document devant servir de base au Dialogue. Un document préparé par le Groupe de travail mis en place, en mai dernier, et finalisé par l’équipe technique du Facilitateur Edem Kodjo. Ce document propose des éléments méthodologiques et normatifs, des modalités de déroulement du Dialogue, une liste de sujets à inscrire à l’ordre du jour, des règles de base et un régime disciplinaire du Dialogue. Néanmoins, la date effective du Dialogue proprement dit reste encore à fixer.

Vers une base consensuelle de l’exercice du pouvoir

Dans son allocution d’ouverture, Edem Kodjo a interdit aux membres du Comité préparatoire de traiter des questions de fond, réservées à l’Instance même du Dialogue qui prendra des décisions qui vont constituer la base consensuelle de l’exercice du pouvoir en RDC. Qu’est-ce à dire ? Le Facilitateur de l’Union Africaine n’a pas livré de détails à ce sujet. Il revient, dit-il, au Comité préparatoire de dessiner le plan, de prévoir les piliers et de définir les quantités de matériaux devant soutenir l’édifice. Toutefois, le thème principal du Dialogue demeure l’organisation des élections pacifiques, crédibles et transparentes.

La caution internationale

Sûr de lui, Edem Kodjo ne se fait aucun doute sur la légitimité, l’applicabilité et l’opposabilité des décisions qui résulteront du Dialogue. D’abord, parce qu’il a obtenu la participation effective de toutes les trois composantes des parties prenantes au Dialogue, à savoir, la Majorité présidentielle, l’Opposition politique, en dépit du refus du Rassemblement constitué à Genval autour d’Etienne Tshisekedi, et la Société civile. Ensuite, parce qu’il a le soutien inconditionnel des membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs, du Représentant Spécial du Secrétaire général de l’ONU, ainsi que des membres du Groupe international de soutien à la Facilitation. Enfin, parce que, pour donner un fondement légal au processus du Dialogue, il s’appuie sur la Constitution congolaise et la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Qui plus est, la présence massive des Ambassadeurs et Chefs des missions diplomatiques dans la salle apparaît comme une caution internationale à sa démarche. Une présence internationale que d’autres interprètent comme un désaveu à l’Opposition tshisekediste dont le principal tort, apprend-on, serait justement, la récusation de Kodjo pour partialité.

La Pros.



CEREMONIE DE LANCEMENT DES TRAVAUX DU COMITE PREPARATOIRE DU DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF EN RDC

ALLOCUTION D’OUVERTURE de SEM. Edem KODJO

Facilitateur de l’UA pour le dialogue Politique National inclusif en RD. Congo

Messieurs les membres du Groupe de Soutien au Facilitateur,

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames Messieurs les représentants des organisations internationales,

Mesdames, Messieurs les représentants des parties prenantes au Dialogue,

Mesdames et messieurs,

A l’orée de cette rencontre, qu’il me soit permis d’adresser mes vifs remerciements aux autorités congolaises, aux partis politiques de la RDC, Majorité présidentielle comme opposition, sans oublier, la Société civile, pour nous avoir toujours accueilli, toujours écouté, toujours accepté, même dans des cas de divergence qui ne sauraient qu’être passagers. Je remercie le Gouvernement et les plus hautes autorités de la RDC et le Président Kabila pour la libération des détenus et la réouverture des chaînes de télévision, conformément à la liste transmise à lui, le 4 Août 2016, par l’opposition par le truchement de l’Union Européenne. Il va sans dire que beaucoup reste à faire. Nous remettrons cent fois, mille fois, sur le métier, l’ouvrage essentiel, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul détenu politique dans les prisons et que les chaînes de télévision et de radio puissent l’une après l’autre, recommencer à émettre. Le Gouvernement ne peut s’arrêter en si bon chemin! Nous l’encourageons vivement à faire plusieurs autres pas, toujours vers l’avant.

Ma reconnaissance va également aux membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, à M. Maman SIDIKOU, en particulier, le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en RDC, en particulier, qui a mis à notre disposition tout le soutien matériel et logistique dont nous avions toujours eu besoin.

Ma profonde gratitude va à tous les autres membres du Groupe de Soutien, surtout ceux qui viennent de loin et qui ont démontré leur engagement pour cette cause qui est la nôtre, une cause sacrée, une cause incontournable. Comment ne pas souligner en particulier le rôle si primordial des Eglises, toujours aux aguets, toujours à l’affût de toutes les circonstances pour agir dans le sens du nivellement des obstacles, pour l’affirmation de la compréhension mutuelle et de la fraternité, comme une vraie mère et une authentique éducatrice. (Mater et Magistra)

Je tiens à exprimer à vous tous, mes sincères remerciements pour avoir bien voulu honorer de votre présence la cérémonie du lancement officiel de la première étape du processus de dialogue inclusif en RDC, à travers les travaux du Comité préparatoire. Je suis réconforté de constater la présence effective des représentants de toutes les trois composantes des parties prenantes au dialogue, à savoir la Majorité présidentielle, l’Opposition politique, même si elle n’est pas complète, et la Société civile. Je suis d’autant plus satisfait que je constate une représentation effective des différentes composantes de la société congolaise, notamment les femmes et les jeunes. Votre présence, ici, dénote votre engagement pour le dialogue, la cohésion et l’avancement harmonieux de votre pays, cette grande Nation qu’est la République Démocratique du Congo (RDC).

Mais comment ne pas saluer ce jour qui nous réunit dans cette enceinte, dans une atmosphère chargée d’espérance et tissée de justes et légitimes attentes. Comment ne pas considérer que notre seule présence dans cette salle est un geste significatif de décision et de résolution adressée à la patrie congolaise et à la nation africaine.

Comment ne pas se réjouir que le Dialogue longtemps espéré, toujours reporté, s’ouvre enfin dans cette cité de Kinshasa dont on ne vante plus les atours. Mais comment ne pas souligner pour le regretter, que la famille congolaise ne soit pas entièrement réunie dans la maison commune, notre patrimoine à tous, sachant que les portes largement ouvertes de notre enceinte sont prêtes à accueillir à tout moment, nos frères encore absents, à qui nous tendons les paumes ouvertes de la fraternité. Aujourd’hui ou demain, ils seront toujours les bienvenus et nous nous organiserons pour qu’en toute circonstance, ils aient la parole sur tous les thèmes inscrits à l’ordre à jour, y compris ceux qui auront été déjà traités. Cette séance que nous ouvrons ne marque pas une rupture mais le début d’un processus qui permettra tous les contacts, autorisera toutes les passerelles, voire même les chuchotements, pourvu que nous arrivions à réunir toute la grande famille congolaise autour d’un idéal commun, la sauvegarde de la Patrie.

Mesdames et messieurs les représentants des Parties au dialogue;

Votre sélection par vos mandants respectifs pour les représenter aux travaux du Comité préparatoire du dialogue doit être perçue à la fois comme un honneur mais surtout, comme une grande responsabilité. La responsabilité de définir les bases d’un processus de dialogue inclusif autour du thème central de l’organisation d’élections pacifiques, crédibles et transparentes, conformément à la Constitution congolaise et aux instruments normatifs régionaux et internationaux pertinents, dont la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

En ce moment ou nous procédons au lancement de vos travaux, qu’il me soit permis de rappeler ce qui est, très concrètement, attendu de vous. Pour ce processus de dialogue qui se tiendra conformément à la Constitution congolaise et à la Résolution 2277 du 30 mars 2016 du Conseil de sécurité des Nations unies, le Comité préparatoire a pour objectif principal de préparer les aspects normatifs, matériels et logistiques du Dialogue national. Comme j’ai eu à le dire dans un passé récent, le Comité préparatoire n’a pas pour vocation de traiter des questions de fond. Il reviendra à l’Instance même du dialogue de débattre de ces questions et de prendre les décisions qui constitueront la base consensuelle de l’exercice du pouvoir en RDC. Mais votre rôle est très important, dans la mesure où vos réflexions et recommandations serviront de base, dans une large mesure aux travaux du Dialogue à proprement parler.

C’est en mesurant cette tâche exaltante à tous égards et grâce aux consultations que j’ai menées avec vous, depuis plus de six mois maintenant, que j’ai fait préparer un « avant projet » de document qui énonce des principes et des références pouvant servir de base au dialogue. Ce document a été préparé, dans un premier temps, par un groupe de travail que j’ai mis sur pied en mai 2016, composé de personnalités issues de la société civile congolaise qui sont parmi vous aujourd’hui. Il a été peaufiné et finalisé par mon équipe technique.

Ce document, que nous allons vous présenter sous peu, propose des éléments méthodologiques et normatifs, des modalités du déroulement du dialogue, une liste de sujets pouvant figurer à l’ordre du jour du Dialogue, des règles de base et un régime disciplinaire ainsi que des éléments pratiques nécessaires pour la création d’un cadre propice au Dialogue. Il vous appartient, très logiquement, en tant que représentants dument mandatés par les Parties au dialogue, d’amender, de compléter et de valider cet avant-projet de document. C’est à l’issue de cet exercice que ce document sera porté à la connaissance du public et que la date du début du Dialogue Politique National inclusif sera rendue publique.

Mesdames et messieurs ;

Vos travaux sont d’une importance certaine. Vous serez les ingénieurs et les architectes du dialogue, car il vous revient de dessiner son plan, de prévoir ses piliers, de définir les quantités de matériaux devant soutenir cet édifice. Je ne doute pas un seul instant que vous mesurez, à sa juste valeur, la portée des responsabilités qui vous incombent, conscients que personne ne sortira vainqueur d’une crise politique à laquelle l’absence de dialogue pourrait nous conduire.

Sachez que moi et mon équipe d’appui ainsi que les partenaires du Groupe de soutien à la facilitation, sommes à votre disposition pour vous appuyer tout au long de vos délibérations.

Cette mission commune, nous devons la réussir. Nous devons la réussir pour le Congo et son peuple qui mérite de vivre en paix ; Nous devons la réussir pour toute l’Afrique qui nous regarde ; Nous devons la réussir pour envoyer au reste du monde le message suivant : la République Démocratique du Congo reste et demeure une grande nation, capable de prendre en charge, comme par le passé, son propre destin.

Je suis confiant, pour ma part que les hommes et les femmes de qualité que vous êtes, saurez aider à relever ces défis, car vous le savez et Frantz Fanon l’a dit, «Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. »

Nous ne sommes pas ici pour trahir le Congo et encore moins l’Afrique notre mère. Nous sommes ici pour bâtir l’avenir, pour construire un vivre-ensemble sans cesse renouvelé, dans la foi, la justice, la solidarité et l’amour de la Patrie.

Vive la République Démocratique du Congo ! Que Dieu bénisse l’Afrique !

Je vous remercie.

Fait à Kinshasa, le mardi 23 août 2016
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