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Le président Denis Sassou Nguesso du Congo/Brazzaville tient à peser dans la décrispation des tensions pré-électorales chez son voisin, la RD-Congo. Il travaille en silence, invitant de l’autre côté du fleuve Congo les principaux acteurs de la scène politique congolaise. Loin des caméras. Jusqu’où ira à Sassou ? La question alimente la chronique. Le « Rassemblement » ayant définitivement tourné le dos à Edem Kodjo, Sassou passe pour une pièce de rechange au regard de son ancienneté dans la sous-région.

Le Potentiel



Le président Dénis Sassou Nguesso du Congo/Brazzaville suit de très près la situation politique au Congo/Kinshasa. Il est déterminé à jouer un rôle, par solidarité africaine, de l’autre côté de la rive droite du fleuve Congo. Des sources proches de la présidence du Congo/Brazzaville sont formelles sur ce point : depuis un temps, l’home d’Oyo consulte des leaders politiques congolais de tous bords.

Des noms circulent déjà parmi ceux qui ont déjà fait la traversée du fleuve Congo. On cite à ce propos Aubin Minaku de la Majorité présidentielle, Charles Mwando Nsimba de l’Unadef, Adolphe Muzito du Palu, Eve Bazaïba du MLC et Pierre Lumbi du MSR. De Brazzaville, l’on apprend que la liste devait s’élargir.

Un détail important s’impose. Le premier tour des consultations s’est passé avant le meeting de la Majorité le 29 juillet au stade Tata Raphaël mais aussi avant celui du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement le 31 juillet sur le boulevard Triomphal à Kinshasa. C’est dire qu’entre-temps beaucoup de choses ont changé. Il s’agit notamment de la récusation sans appel d’Edem Kodjo comme facilitateur du dialogue par le « Rassemblement ».

Au moment où le facilitateur désigné par l’Union africaine peine à faire décoller le dialogue politique, l’on comprend un tout petit peu l’intrusion de Sassou dans le dossier de la RDC. Jusqu’où ira-t-il ? A Brazzaville, le mystère est bien entretenu.

Pèlerinage chez Sassou

C’est Denis Sassou Nguesso, lui-même, dit-on, qui choisit ses interlocuteurs de la RDC. Même des noms parfois oubliés sont ressuscités. L’homme tâte le terrain. Pour quelle finalité ? Difficile à dire pour l’instant.

La qualité des personnalités en dit long sur le sérieux qu’il met dans cette opération diplomatico-politique. En ciblant Minaku, secrétaire général de la MP, cela après avoir échangé tout récemment avec le président Joseph Kabila, Dénis Sassou Nguesso espère garder un contact permanent avec le sommet de l’Etat d’en face. Une attitude typiquement africaine qui explique en partie sa démarche.

L’autre ténor de la Majorité présidentielle consulté par le président Sassou est l’ancien Premier ministre Palu, Adolphe Muzito. L’innovation avec les douze tribunes publiées fait de ce dernier un homme qui nourrit une vision pour la RDC. Loin du positionnement politicien, Adolphe Muzito s’est engagé dans la prospection. Il anticipe sur les vraies attentes du peuple qui se résument à la requalification du vécu quotidien des Congolais.

Comme ancien Premier ministre, Muzito connait bien les rouages du pouvoir. Qu’il se soit décidé de produire des tribunes avec une pertinence bien à propos sont des données qui ne pouvaient échapper au voisin Sassou Nguesso. C’est donc en intuite personae que le président Sassou l’a reçu. Sa forte personnalité dans le Palu (Parti lumumbiste unifié), parti allié de la Majorité présidentielle, a certainement joué sur son choix dans la liste du président Sassou.

Charles Mwando Nsimba et Pierre Lumbi, deux pions majeurs du G7, plate-forme membre du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, ont également effectué la traversée de Brazzaville. Avec le G7, le président Dénis Sassou Nguesso a aussi sondé les reins du candidat Katumbi, porté à bras le corps par ce regroupement politique. Ses ennuis politiques et judiciaires, son état de santé, son séjour à l’étranger sont autant de sujets qui ont attiré l’attention de Denis Sassou Nguesso.

N’est-ce pas que la décrispation politique en RDC passe également par là. C’est ce qu’a d’ailleurs redit Etienne Tshisekedi, le dimanche 31 juillet 2016, au premier meeting du Rassemblement à l’esplanade du boulevard Triomphal.

Evidemment, toutes les consultations de Sassou ont été menées avant les deux meetings de la Majorité et du Rassemblement. Or, après le discours d’Etienne Tshisekedi, président du Rassemblement, Edem Kodjo n’est plus le bienvenu dans l’Opposition. Le Rassemblement n’entend pas revenir sur sa décision, a promis Tshisekedi.

Sassou peut-il contourner Kodjo ?

Sassou peut-il alors remplacer Kodjo dans la facilitation du dialogue politique en RDC ? Dans différents cercles politiques, le sujet est en bonne place dans les discussions ? Sa récusation par le Rassemblement légitimerait pareille thèse. Sans ambages, Etienne Tshisekedi a qualifié le Togolais de « Kabiliste », lors du meeting de l’opposition le 31 juillet alors que la majorité continue de lui témoigner sa confiance. Toutes les fois que l’ancien Premier ministre togolais a échangé avec le président de l’UDPS, le sphinx qui n’est pas né de la dernière pluie, a toujours confié à son entourage « qu’avec ce monsieur, il n’y aura rien de bon ».

L’opposition considère que le facilitateur désigné par l’Union africaine est le problème s’agissant de la relance du dialogue politique voulu par tous inclusif. Ce ne sera pas une première fois que l’ancien Premier ministre togolais est récusé. « Au Burundi, c’était pareil, l’UA veut-elle nous imposer ce que les Burundais ont vomi ? », s’est interrogé un opposant.

La solution viendrait-elle alors de Brazzaville ? A pas feutrés, Sassou gagne du terrain. Il cherche désormais à s’imposer comme la pièce de rechange dans l’enlisement du dialogue en RDC. Dans certains milieux, l’on susurre déjà qu’il en aurait la carrure. L’on dit de lui qu’il n’aurait pas de peine à s’imprégner du dossier dans un temps record, du fait de la proximité entre les deux capitales. De même, il aurait la réputation de communiquer facilement avec toutes les parties congolaises en conflit. Avec Tshisekedi, il a déjà eu à échanger à plusieurs reprises. La dernière fois remonte à l’une de ses visites en RDC. Il avait reçu le sphinx à l’ambassade du Congo à Kinshasa.

Mais selon des sources de la Conférence internationale pour la région des grands lacs (CIRGL), Sassou Nguesso balise la voie pour une autre personnalité qui serait un chef de l’Etat de la région, ou un ancien chef de l’Etat avec qui il a des contacts suivis depuis un temps. Les regards sont tournés vers l’Angolais Edouardo Dos Santos ou le Tanzanien Benjamin Mpaka, ancien chef d’Etat de la Tanzanie.

Evidemment, vu de Kinshasa, Sassou a un passif qui pourrait l’affaiblir. Son dernier forcing, qui lui a permis de s’octroyer un nouveau mandat constitutionnel en torpillant la constitution de son pays, est une jurisprudence qui fait peur à l’Opposition.



Mais, avec le temps, Sassou a mûri, se dit-on à Brazzaville. Ce n’est plus le même, rassure-t-on en même temps. Le président congolais tient à redorer son blason terni en jouant un rôle de premier plan dans le dialogue politique de la RDC. Apparemment, l’homme se serait fixé un schéma. Et il ne semble prêt à lâcher prise. Pourquoi accrocher tant ? Il est le seul à en avoir le secret. Jusqu’où ira Dénis Sassou Nguesso ? Remplacer Edem Kodjo est une piste à prendre au sérieux.

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