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Les Tutsis du Nord et du Sud Kivu, communément appelés Banyarwanda ou Banyamulenge, ont été les fers de lance de toutes les guerres menées au Congo depuis un vingt ans.
Au Congo nul n’a oublié que, -leur origine congolaise étant mise en cause- les jeunes hommes s’engagèrent en masse, en 1996, dans les rangs de l’AFDL(Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) et, aux côtés de soldats rwandais et ougandais, réussirent à s’emparer de Kinshasa en mai 1997. Une année plus tard, les Tutsis congolais repartaient en guerre, poussés par le Rwanda. Par la suite, en dépit des accords de paix de Sun City (2002) qui ouvrirent la voie à la réunification du Congo, les mêmes combattants tutsis de l’Est alimentèrent plusieurs rébellions, toujours téléguidées depuis Kigali, celle du CNDP de Laurent Nkunda et, plus récemment, celle du M23, finalement mise en échec par l’armée congolaise épaulée par les forces des Nations Unies.
A part quelques politiciens et quelques généraux qui reçurent postes et promotions pour sceller les accords de paix conclus avec Kinshasa, les Tutsis congolais, dans leur grande majorité, estiment que ces guerres successives téléguidées par Kigali ne leur ont rien rapporté : les Banyamulenge du Sud Kivu, en froid avec Kigali, ont été intégrés au sein de l’armée congolaise tandis que les Banyarwanda du Nord Kivu et de l’Ituri ont du fuir en masse vers l’Ouganda et le Rwanda. Aujourd’hui, leurs parents restés sur les collines du Masisi ou de l’Ituri éprouvent le plus grand mal à défendre leurs terres convoitées par des groupes armés hutus qui n’hésitent pas à perpétrer des massacres à l’arme blanche.
De l’autre côté de la frontière, la situation n’est pas meilleure : au fil des années, près de 100.000 Tutsis du Congo ont été amenés à se réfugier au Rwanda et en Ouganda et ils se présentent aujourd’hui comme les « oubliés du Kivu ». En effet, désireux peut –être de préserver cette armée de réserve, Kigali n’a pas veillé à intégrer ces « cousins » congolais dans une société rwandaise en pleine mutation. Selon les chiffres du HCR, 94.700 réfugiés congolais se trouvent toujours dans cinq camps installés au Rwanda et dans trois camps en Ouganda.
Depuis deux décennies, ils y vivent dans des conditions précaires, les jeunes n’ayant pas accès à l’éducation au-delà de 14 ans.
Selon nos informations, la révolte gronde non seulement parmi les adultes qui estiment avoir été sacrifiés mais aussi parmi les jeunes qui, manquant de perspectives dans un Rwanda surpeuplé, rêvent de retourner sur les vertes collines du Masisi dans le Nord Kivu ou l’Ituri. Alors que des milliers de jeunes gens sont acceptés comme réfugiés par les Américains et envoyés dans le Minnesota, une alliance est née entre les diverses communautés de l’Est du Congo, appelée « umoja wa majamaa » ce qui signifie « familles unies ». Recrutant dans les camps de réfugiés en Ouganda et surtout au Rwanda, cette alliance s’est dotée d’un volet militaire et aurait pris contact avec d’autres forces en présence. Quatre mille jeunes gens auraient été recrutés, dont d’anciens rebelles du M23. Selon nos interlocuteurs, cette force nouvelle serait prête à se porter au secours des populations civiles du Nord Kivu attaquées par les groupes armés hutus, disposée aussi à se battre pour forcer le retour des réfugiés tutsis et la récupération des terres…Fait nouveau, ces combattants issus des camps de réfugiés opéreraient de manière autonome, sans être des supplétifs de l’armée rwandaise. Reste à savoir où ils trouveront les armes nécessaires et comment ils s’affranchiront de la tutelle et de la surveillance que Kigali exerce depuis vingt ans sur les cousins du Congo…
COLETTE BRAECKMAN
Le soir
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