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Dans ses desiderata, elle revendique la fin de la perception de la prime versée par les parents en vue de la scolarisation de leurs enfants.

Les écoles de la province du Sud-Kivu, dans l’Est de la RD Congo, pourraient ne pas ouvrir leurs portes à la rentrée scolaire 2016-2017, prévue le 5 septembre prochain sur l’ensemble du territoire national. A quelque trois semaines de la reprise des activités, aussi bien à l’Enseignement primaire, secondaire et initiation à la nouvelle citoyenneté (EPS-INC) qu’à l’Enseignement technique et professionnel (ETP), la Société civile de cette province brandit la menace d’une année blanche.
Selon Radio Okapi qui a annoncé cette nouvelle dans sa livraison d’hier mardi, la Société civile du Sud-Kivu conditionne la prochaine reprise des activités scolaires à certains préalables. Elle revendique, entre autres, la fin de la perception de la prime versée par les parents en vue de la scolarisation de leurs enfants. A cela, s’ajoutent la mécanisation des enseignants, non pris en compte jusqu’à ce jour par le trésor public ainsi que le paiement d’un salaire décent aux moniteurs.
A en croire la source, l’option de débrayer, dès le premier jour de la rentrée scolaire au Sud-Kivu, a été levée à l’issue de l’assemblée générale de la Société civile de cette entité, organisée lundi le 15 août. Soumise au vote, la proposition de la grève a été massivement approuvée par plus de 400 personnes, sur les cinq cents qui ont participé à cette rencontre, précise la radio onusienne, qui cite le président du bureau de la coordination de la société civile du Sud-Kivu.

MEMES REVENDICATIONS, MEMES MENACES
Ce n’est pas la première fois qu’une rentrée scolaire soit menacée en RD Congo. Chaque année, les différents syndicats des enseignants de l’EPS, dans son ancien format, ont toujours posé des préalables à la reprise effective des activités d’une nouvelle année. Au nombre de ces conditions, figure en pole-position la suppression de la fameuse contribution des parents, instituée depuis 1993.
Ensuite, la mécanisation de certaines unités, la réduction de la tension salariale, le paiement d’un salaire décent…Toutes ces revendications sont quelque peu devenues une sorte d’antienne dans les milieux des enseignants de la RD Congo. Principalement, ceux prestant dans les écoles officielles, y compris leurs collègues des écoles conventionnées catholiques.
Cependant, il est constaté que, malgré la dénonciation des enseignants, la contribution des parents n’a jamais été supprimée. Appelée « Prime des parents » (par euphémisme ?), cette participation des parents d’élèves congolais à l’enveloppe salariale des enseignants de leurs enfants n’a jamais fait l’unanimité.
Chaque fois que l’on fait le procès de cette pratique, on l’accuse d’être parmi l’une de principales causes de la baisse du niveau, et même de la qualité de l’enseignement tant décriée en RD Congo. En tout cas, les parents et les autorités scolaires du pays sont conscients de ce grief. Malheureusement.
Côté gouvernement, rien n’augure la fin de la prise en charge des enseignants par les parents. Moralité, les parents d’élèves sont obligés, malgré eux, d’endurer leur chemin de la croix.

L’HISTOIRE D’UNE PRATIQUE AVILISSANTE
« La contribution des parents » aux conditions de vie des enseignants remonte en 1993. A l’origine, elle s’était voulue une mesure expresse, prise par la coordination nationale des écoles conventionnées catholiques, dans l’objectif de sauver l’année scolaire 1993-1994, des menaces d’une année blanche consécutive à une grève généralisée des enseignants.
Au cours de cette année-là, les enseignants du secteur Primaire et secondaire avaient durci la grève pendant plusieurs mois. Le moins que l’on puisse se rappeler, c’est que les cours avaient effectivement repris trois mois après la rentrée scolaire, fixée à l’époque, à la date du 4 septembre.
C’est ainsi que face aux menaces de l’UNESCO de déclarer une année blanche, les responsables de la coordination nationale des écoles catholiques, en accord avec les représentants des parents, avaient préconisé la contribution des parents. La principale motivation fut la démission de l’Etat d’alors, qui s’était montré incapable de payer le salaire des enseignants.
C’est dans ce contexte historique précis que les établissements de l’Enseignement supérieur, universitaire et la recherche scientifique (ESURS), avaient également emboité le pas à ceux de l’EPSP. Ainsi, chaque Université, chaque Institut supérieur, s’était vu obligé de fixer le montant de la fameuse contribution des parents, en tenant compte de ses effectifs.
Vingt-trois ans après, la contribution des parents qui paraissait à ses débuts comme une mesure ponctuelle, pour la noble cause évoquée ci-dessus, a fini par s’institutionnaliser. Depuis, les parents se sont « substitués » en patrons des enseignants de leurs enfants.
Dès lors que l’étudiant ou l’élève contribue au salaire mensuel de son Prof ou de son enseignant, il y a tout le risque de conditionner ce dernier. Résultat : le pays compte des centaines de milliers de gradués et de licenciés « analphabètes ». Des universitaires incapables de rédiger correctement une phrase simple.
Cette catastrophe est un triste héritage d’une école primaire et secondaire qui ne forme plus. Malgré plusieurs colloques, séminaires, ateliers de « renforcement » des capacités, Journées de réflexion organisés pour sauver l’Enseignement en RD Congo, la situation en général, semble aller de mal en pis.
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