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Vital Kamerhe, un des leaders de l’Opposition, fait l’objet des critiques acerbes dans une certaine opinion intolérante. C’est d’une telle violence que l’on de demande la nature de son «crime». Son crime :participer au Dialogue politique alors qu’il y était farouchement opposé il y a encore quelques mois. Ne dit-on pas qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas. Pour ce revirement, l’ancien président de l’Assemblée Nationale se serait rendu coupable de «trahison ». Depuis, c’est un bashing en règle qu’il essuie à longueur des journées. Kamerhe est traité notamment de « versatile » par ses détracteurs.
Ce lynchage est-il vraiment justifié ? Une analyse froide nous conduit à poser 3 questions suivantes : pourquoi a-t-il changé de ligne politique? Est-ce que cela fait de lui quelqu’un de versatile? Qui ou quoi a-t-il trahi ?

Changement de ligne politique, pourquoi ?

L’inflexion de la ligne politique de l’UNC remonte au lendemain de l’adoption le 30 mars de la Résolution 2277. Celle-ci recommande clairement les parties prenantes congolaises à dialoguer pour résoudre la crise politique. Tout en recommandant le dialogue politique, la communauté internationale y réitère son attachement à la constitution de la RDC. Kamerhe, de qui feu Katumba Mwanke ( principal conseiller de Kabila) disait qu’il était le mieux connecté  d’entre-eux au monde diplomatique, sait pertinemment bienque son parti ne peut pas ignorer cette Résolution-clé. Le faire serait suicidaire. Cela signifierait engager un bras de fer avec la communauté internationale. Cette Résolution avait changé
fondamentalement la donne politique en RDC. La 2277 étant désormais devenue la boussole politique pour sortir la RDC de la crise profonde dans laquelle elle est plongée. D’où le changement de la ligne politique de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise). C’est de la Réal politik et non de la versatilité. On ne peut pas ignorer cette Résolution car c’est la volonté exprimée de la communauté internationale. L’ignorer serait faire la politique de l’autruche.  Doit-on rappeler aux uns et aux autres que la politique est dynamique et non statique. C’est au nom de ce principe que l’UDPS notamment avait accepté les négociations avec Kabila avant de les récuser. C’est aussi en son nom (dynamisme) , que le G7 d’abord
catégoriquement opposé au Dialogue, a changé d’avis en proposant un format allégé bipartite Opposition-Pouvoir. Ainsi donc, c’est en vertu de ce principe que Vital Kamerhe ne pouvait pas rester figé dans ses positions ultérieures anti-dialogue. Ce serait de la rigidité et de la cécité politique. La Résolution 2277 lui ayant offert toutes les garanties contre une éventuelle fourberie de Joseph Kabila, Kamerhe n’avait plus d’autres choix que de s’aligner sur la voie tracée par la communauté internationale pour éviter que l’issue à la crise politique en RDC ne débouche sur un drame humain de plus comme si les drames qui ont endeuillé la RDC n’étaient pas suffisants atroces. Engager un bras de fer avec la communauté internationale, par le refus du Dialogue, serait donc suicidaire. Tous les chefs d’État qui s’étaient lancés dans cette aventure se sont cassés les dents. Une frange de l’Opposition a récusé le facilitateur  togolais Edem Kodjo. Doit-on lui rappeler (frange opposition) que l’ex premier ministre du Togo n’est qu’un facilitateur et pas médiateur. Son rôle, sans entrer en profondeur,  se limite à faciliter le dialogue entre les parties congolaises.  Ses prérogatives sont moins étendues que celles d’un médiateur.

Alors pourquoi une telle fixation sur la récusation de Kodjo? Le récuser c’est prendre le risque de voir la crise s’enliser davantage. Le temps presse.Si par impossible, la récusation de Kodjo est actée par la communauté internationale, se rend-on compte du temps qu’il faudra pour lui trouver un successeur? Car il faudra que la communauté internationale se mettent à nouveau d’accord sur le nom d’une personnalité et que cette désignation soit sanctionnée par une nouvelle Résolution du conseil de sécurité de l’ONU. Mais auparavant, il faudra convaincre la communauté internationale, qui continue à maintenir son soutien à Edem Kodjo, du bien-fondé de la démarche. Ce qui n’est pas gagné au vu de la confiance dont jouit l’ex premier ministre auprès de la communauté internationale. La récusation du médiateur participe plutôt à un schéma d’enlisement de la crise. L’Histoire est aussi là pour nous rappeler que le gouvernement de la RDC n’est jamais sortie gagnante d’un bras de fer avec la communauté internationale. L’ancien président Mzee Laurent Désiré Kabila avait perdu son bras de fer avec la communauté internationale dans l’affaire qui l’opposait au chilien Roberto Garenton, l’envoyé spécial de l’ONU en RDC  pour les droits de l’homme. Expulsé par Mzee Kabila, il revint quelques années plus tard. Même sort avec le médiateur Ketumile Masire. Déclaré personae non grata en RDC, l’ancien président du Botswana avait vu ses bureaux scellés par Mzee Kabila. Mais in fine, ils furent réouverts par Joseph Kabila à la demande de la communauté internationale. Le dialogue politique se tint à Sun City en Afrique du Sud. Sachant tout cela, l’Opposition peut-elle vraiment se lancer dans une bataille inopportune : récuser Kodjo. Une bataille perdue d’avance qui ferait perdre davantage du temps à la RDC dans sa quête à trouver une solution pacifique à la crise politique actuelle. Derrière cette récusation ne se cache-t-il pas des calculs politiciens? Car jusqu’ici, pour certains, les calculateurs sont uniquement ceux qui ont levé l’option de participer au Dialogue. La récusation du facilitateur est absurde.

Ceci m’amène à la conclusion selon laquelle dynamisme n’est pas à confondre avec versatilité. Ce qui répond à la deuxième question.  Quant à la dernière, on fait allusion  aux préalables de l’Opposition, libération des prisonniers
politiques et réouverture des médias fermés notamment, non remplis pour justifier le refus d’aller au Dialogue. En effet les libérations des prisonniers d’opinion et la réouverture des médias fermés ont été partielles et partiales. Tout le monde est d’accord. Et Vital Kamerhe en est le premier conscient car ses listes en rapport avec cette problématique,
la première comme celle réactualisée, n’ont trouvé que des réponses très partielles et donc insuffisantes à décrisper le climat politique. Celui qui avait obtenu près de 1 million et demi de voix lors de la présidentielle de 2011 (Kamerhe), pense que ces problèmes trouveront leur résolution au cours du Dialogue. Il faut reconnaitre qu’avec cette question, il joue gros. Car si pendant ou à l’issue du dialogue ou des travaux du comité préparatoire, les prisonniers ne sont pas libérés et les médias ne sont pas ouverts, le bashing prendra des proportions encore plus importantes. Mais le jeu en vaut la  handelle. Dans sa démarche pour une issue pacifique à la crise, Vital Kamerhe peut compter sur le soutien de la communauté internationale. C’est sa caution au Dialogue qui fait toute la différence entre les « Concertations Nationales » de 2013 et le Dialogue politique en cours. La communauté internationale était bel et bien présente le mardi 23 août lors du lancement des travaux du comitépréparatoire. Ainsi les résolutions du Dialogue auront une portée politique internationale certaine. Un autre clin d’oeil à l’histoire, rappelons-nous la désignation du vice-président de la République en 2003 pour la composante opposition politique. Supervisée par la Monuc, Monusco aujourd’hui, une frange de l’Opposition avait boycotté cette élection. Mais cela n’affecta nullement la désignation d’Arthur Zaïdi Ngoma à l’espace présidentiel 1+4. Et ça Vital Kamerhe le sait pertinemment bien. La communauté internationale est une machine sans état d’âmes. Elle est froide. Et cela doit inspirer les acteurs politiques congolais. Signe que la communauté internationale attache une grande importance au Dialogue conduit par Kodjo, les USA, l’UE et l’ONU ont indiqué clairement à travers des communiqués soutenir ce processus.  Le procès contre Kamerhe est donc indécent. Le changement de sa ligne politique est guidée par la Résolution 2277.  Reste à savoir combien de temps ses détracteurs nombreux dans une portion de l’Opposition, tiendraient-ils encore dans ce qui s’annonce comme un bras de fer engagé avec la communauté internationale?
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