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Après le énième massacre de Beni, le gouvernement s’est empressé de l’attribuer aux djihadistes. Une affirmation qui ne fait pas l’unanimité au sein de l’opinion. D’aucuns craignent même que les allégations du gouvernement s’apparentent à un appel des pieds lancé en direction des vrais djihadistes.
Dans les récents massacres de Beni, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende a attribué ce forfait aux djihadistes islamistes. Une affirmation qui suscite des réactions diverses. Certains pensent que le gouvernement refugie son incapacité à sécuriser les populations victimes dans les actes djihadistes. « Sur le fond comme sur la forme, cette thèse semble fausse », d’après André-Claudel Lubaya, député d’opposition. Celui-ci, dans une analyse publiée hier, mardi 16 août 2016, à actualite.cd, évoque les éléments qui jettent un doute sur la thèse du gouvernement. « La RDC n’étant pas militairement engagée dans un pays étranger à dominance musulmane, rien ne saurait justifier que les milices islamistes de quelle que origine que ce soit, Shebabs somaliens ou d’ailleurs, en arrivent à s’attaquer aux civils congolais de l’Est de la République », a-t-il pensé. Si les services de sécurité congolais ne sont pas, jusqu’ici, parvenus à identifier les cerveaux pensants de ces ignobles attaques des civils, comment le gouvernement peut-il le lier au djihad ? Ce mot, l’on sait, est attribué à des mouvements politico-religieux qui agissent pour faire valoir une revendication purement religieuse, islamique généralement. Et pourtant, la République démocratique du Congo n’est pas un pays à forte dominance islamique. Alors d’où viendrait l’intérêt des djihadistes et pourquoi ne revendiquent-ils pas leurs « attentats » comme sous d’autres cieux ? n occident, l’absence des revendications est l’un des éléments qui permet aux services de sécurité d’émettre de réserve dans la qualification des faits terroristes. Le gouvernement congolais fait tout à fait le contraire. Il crie au djihad sans toutefois révélé les faits qui mènent vers un tel qualificatif. Pourquoi pas le Rwanda ou l’Ouganda ? En évoquant la thèse terroriste, « les shebabs n’auraient-ils pas plus de raisons de s’attaquer plutôt au Rwanda et à l’Ouganda dont les armées participent activement aux opérations en Somalie dans le cadre de la MINUSOM ? L’on sait que des officiers rwandais et ougandais ainsi que les hommes de troupes sont présents en Somalie depuis plusieurs années sans que les Shebabs n’arrivent à poser des actes de terrorisme dans ces deux pays », note également le député Lubaya dans sa réflexion. Pour lui, « …le gouvernement s’est précipité pour brouiller les pistes ». Crier au terrorisme ou djihadisme à chaque fois que le gouvernement faillit à sa mission première de sécuriser les populations et leurs biens pourrait faire courir un danger à la République : celui de réveiller des chats qui dorment. Ainsi, la conscience d’Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique), de Boko Haram au Nigéria, Niger et au Nord du Cameroun, des Shebabs somaliens ainsi que d’autres mouvements terrorismes qui forment une constellation de terreur en Afrique pourrait être éveillée par des allégations du gouvernement. Tant que personne parmi les témoins des massacres de Beni n’aura entendu un « Allah akbar » de la part des assaillants à la machette ou une autre revendication d’un tel acabit, le gouvernement devrait plutôt renforcer sa politique de sécurité au lieu de chercher des boucs émissaires en joignant ce drame à celui du terrorisme ambiant qui sévit l’Afrique de l’est, de l’ouest et l’occident.
CN

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