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La vie au Congo-Kinshasa se passe au rythme des turpitudes autour du dialogue. La journée du mardi 23 août 2016 l’illustre très bien. Pourquoi la tenue d’un forum politique? Eh bien, c’est pour résoudre la crise politique en gestation et, ainsi, éviter au pays des conséquences fâcheuses qui pourraient en découler. D’où vient, alors, cette crise politique ? À tout dire, elle est générée et attisée par l’enlisement du processus électoral. En effet, la Commission Electorale Nationale Indépendante –CENI-, par le biais de Corneille Nangaa, son président, souligne l’impossibilité de l’organisation des joutes électorales prévues par la Constitution. Ce couac résulterait de plusieurs facteurs d’ordre logistique, politique et financier, mais surtout technique. La chose n’enchante pas et suscite, par ailleurs, des vives tensions tant dans la classe politique que dans l’opinion nationale et internationale. D’un côté, l’on crie au glissement et promet de faire parler la rue au nom de l’article 64 de la Constitution et, de l’autre, l’on martèle sur l’indépendance de la CENI, seule Institution habilitée à organiser les élections. L’arrêt de la Cour Constitutionnelle rendu, dernièrement, en interprétation de l’alinéa 2 de l’article 70 de la Constitution, est présenté en opposition à ceux qui militent pour le recours à la rue en vertu de l’alinéa 2 de l’article 64. C’est la logique de la confrontation. Entretemps, la CENI a lancé et poursuit la production d’un nouveau fichier électoral dans un temps minimum de 16 mois. C’est au-delà des délais fixés par la Constitution. La tension au sein de la scène politique prend, chaque jour, un peu plus d’ampleur. Surtout, à l’approche des dates à problème. A savoir : le 19 septembre et le 19 décembre 2016. C’est ici que s’impose toute la nécessité de la tenue d’un vrai dialogue. Celui qui mettrait les fils et les filles du Congo autour d’une table pour que la crise politico-électorale soit donc résolue non par une confrontation dans la rue, mais par des idées. Pour réussir, ce forum se doit d’être inclusif au vrai sens du terme. Et, c’est là, la grande épreuve. Comment convaincre tout le monde de rejoindre la barque alors que les positions sont plus qu’opposées. Cela, même au sein des mêmes parties prenantes. Edem Kodjo, le Facilitateur désigné par l’Union Africaine s’y essaie sans vraiment y parvenir. Le mardi 23 août, après plus d’une année de consultations, Kodjo a enfin lancé les travaux du Comité préparatoire. Si à la composante Majorité présidentielle, les violons semblent s’accorder sur les personnes à désigner, il n’en est pas le cas pour l’Opposition et la société civile. Que de contestations ! Le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, mené par l’opposant historique Etienne Tshisekedi, ne veut pas entendre parler d’un Dialogue facilité par Kodjo. Kengo wa Dondo, avec l’Opposition Républicaine, refuse de prendre part aux travaux du Comité préparatoire non inclusif. Certains opposants pro-dialogue n’ont pas été invités et revendiquent leur place. C’est le cas de Steve Mbikayi, Justin Bitakwira, etc. Quelques voies de la société civile s’élèvent aussi contre le dialogue en gestation. Certains l’ont même manifesté à l’Hôtel Béatrice lors de l’ouverture des travaux. Autant d’éléments qui remettent en cause le dialogue qu’organise le Facilitateur Edem Kodjo. Jusque-là, il continue à bénéficier d’un soutien indéfectible de nombreuses organisations internationales. Kodjo dit avoir la légalité nationale et internationale de son côté. L’ordonnance du Président Kabila de novembre 2015, la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité de l’ONU, etc. Plusieurs questions taraudent les esprits. Kodjo n’est-il pas en train d’organiser des Concertations bis ? Et, sans Inclusivité, peut-on avoir un consensus qui vaille ? La réponse est non. Le Facilitateur et ses supporters, n’en sont-ils pas conscients ? Il appert que oui. En effet, dans son allocution d’ouverture, le mardi 23 août dernier, le Facilitateur a abordé la question exprimant ses regrets et déclarant à la face du monde que les portes restaient grandes ouvertes. La Monusco, à titre, d’exemple, au cours de son point de presse, a soutenu qu’elle continuera à exercer de bons offices pour amener tout le monde dans la barque.
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