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Un grand rendez-vous pour le pays avant tout. Mais aussi pour les protagonistes, appelés à déléguer leurs meilleurs atouts aux travaux. A la Majorité présidentielle, un débat officieux a lieu depuis l’entame des travaux préparatoires, où la légion de Kabila a été conduite par le directeur de cabinet Néhémie Mwilanya.
Des frustrations en ont découlé et des sociétaires souhaitent se faire entendre. Leur argument: le directeur de cabinet du Chef de l’Etat, un fonctionnaire, n’a pas sa place dans un dialogue politique. Ce que Mwilanya et ses proches bottent en touche, prenant en exemple les négociations brazza-congolaises où le président Sassou s’est fait représenter par son dircab.

Il ne suffit pas d’évoquer le cas Sassou pour avoir raison, réplique-t-on. Il ne suffit pas non plus de parler de la République du Congo, où la situation n’était pas aussi explosive que celle de la République Démocratique du Congo, proche de la Syrie, où il y a une des actions de rue d’envergure voire un affrontement armé pour contester la légitimité du Président de la République.

Ancien homme de l’ombre, le chef de cabinet de Sassou dépêché aux pourparlers avec l’Opposition est une personnalité politique connue dans les rouages du parti au pouvoir, donc un politique. Pas de confusion possible.

Argument contre argument, les pourfendeurs de Mwilanya sortent le cas du chef de la délégation du régime syrien aux pourparlers de paix avec l’opposition, Bachar al-Jaafari, qui n’est pas le directeur de cabinet du président Bachar al-Assad mais un diplomate inconditionnel du pouvoir représentant de la Syrie à l’ONU depuis une décennie. Comme le président de la République, al-Jaafari est un musulman alaouite, la minorité politico-religieuse au pouvoir en Syrie depuis un demi-siècle.




Les alaouites syriens, plus de 2 millions sur une population totale d’environ 25 millions d’habitants, se réfèrent à l’enseignement de Mohamed Bin Noussair, au IXème siècle. Ils prient chez eux et non à la mosquée, peuvent boire l’alcool…

Longtemps replié dans les montagnes du Nord-Ouest, où ils vivaient en paysans peu instruits, ils se sont vu octroyer sous le mandat français -de 1917 à 1946- un territoire spécifique, l’Etat alaouite, et des privilèges juridiques; ils ont également été incités à entrer dans l’armée.

Reconnus comme des chiites en 1936 et opposés au parti Baas fondé par Michel Aflak et installé au trône en 1963 alors que la Syrie était devenue un Etat laïque, ils ont toujours été les rivaux des musulmans sunnites, majoritaires dans le pays. Une rivalité accentuée depuis l’installation au pouvoir de Hafez Al Assad -1971-, père de l’actuel président syrien, issu d’une famille des alaouites dont les ressortissants occupent jusqu’à ce jour les postes de direction dans les administrations.


Depuis 2011, les alaouites sont mobilisés pour fournir les rangs des chabiha, ces milices actives dans la répression dont certains groupes sont dirigés par des cousins de Bachar Al Assad.
Clair qu’avant d’être un diplomate, Bachar al-Jaafari est un frère de foi et un partisan du président Bachar Al Assad. C’est à tous ces titres qu’il a été choisi pour conduire la délégation de son régime aux négociations avec l’opposition.
Ancien conseiller principal au Collège juridique promu directeur de cabinet, Mwilanya n’est pas un compagnon politique de Kabila et n’a jamais joué un quelconque rôle politique autour du Président de la République, rappelle-t-on dans certains cercles.

«Le directeur de cabinet n’est pas un partisan et ne saurait l’être. Proche collaborateur du Président de la République, Chef de l’Etat, garant de la nation et de la Constitution, il doit afficher sa neutralité et ne peut donc conduire une délégation politique», soutient-on encore.
Personne n’a la volonté de renier à Mwilanya ses qualités intellectuelles et de meneur d’hommes. Professeur de déontologie d’avocat, le dircab semble désavantagé face à l’éthique politique et aux enjeux de l’heure.
Admettre qu’il soit chef de délégation ou modérateur pour le compte de la Majorité présidentielle équivaut à amener le Président de la République en personne autour de la table des discussions. Et nul ne sait prévoir ce qu’il adviendrait en cas d’échec. L’erreur commise quand le dircab a présenté le plan stratégique de développement en lieu et place du Président de la République ou du Premier ministre ne peut ou ne doit pas devenir un exemple. A trop s’approcher du soleil, on risque de se brûler les ailes comme Icare.
KISUNGU KAS
journaldespatriotes
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