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  La bataille pour l’alternance ou non au pouvoir et partant du respect de la Constitution que se livrent la majorité présidentielle et l’opposition s’est transportée jusqu’aux Etats-Unis d’Amérique par lobbys interposés.




C’est la révélation faite par un journal américain, The Hill, dans son article publié sur son site internet, le 20 septembre 2016, et intitulé Lobbyists pulled into Congo’s election strife (les lobbyists entrainés dans la bataille électorale du Congo), accessible dans sa version anglaise au lien http://thehill.com/business-a-lobbying/296735-lobbyists-pulled-into-congos-election-strife
 Ce journal dévoile que le gouvernement congolais a signé avec BGR Group, en la date du 2 septembre 2016, un contrat de 875.000$. BGR Group est un cabinet d’avocats et lobbyistes américains tenu par des Républicains.



 Ce contrat court jusqu’en janvier 2017. Le porte-parole du BGR Group, dans un email envoyé à The Hill, a déclaré que son cabinet va plaider la cause de Kabila auprès du Congrès et des médias américains en leur rassurant qu’il y aura élections et alternance au pouvoir au Congo, en prenant soin d’expliquer toutes les étapes nécessaires qui vont y conduire.
Cependant, les observateurs de la situation de la RDC savent que Kabila et sa majorité veulent plus. Il ne serait pas faux de dire que BGR Group plaidera pour convaincre  les autorités américaines à accepter l’impossibilité de l’organisation des élections en 2016 et la mise en place d’un gouvernement de transition à l’issue du dialogue qui se tient à Kinshasa. Ainsi, le but ultime visé est le non-respect de la Constitution. La majorité présidentielle utilisera alors le temps en sa faveur pour réaliser son coup fourré.  Le journal américain mentionne que  Kikaya Bin Karubi, le conseiller diplomatique de Joseph Kabila a fait un exposé à l’Institut McCain, la semaine dernière, en insistant qu’il y aura élections. « Je suis ici à Wahsington, en partie pour chercher de l’aide afin que nous fassions face aux défis qui nous attendent », a dit Kikaya.
Il y a lieu de se poser la question si Kabila réussira à renverser la tendance qui, actuellement, évolue en sa défaveur. L’administration Obama tient à la première passation pacifique et démocratique du pouvoir en RDC. Ce qui vraisemblablement signifie l’application de la Constitution congolaise qui limite à deux mandats de cinq ans l’exercice du pouvoir présidentiel. Les USA ont eu à le répéter à plusieurs reprises, depuis la maison blanche ou par la bouche de l’envoyé spécial d’Obama pour la région des Grands Lacs. Que celui-ci soit Tom Perriello ou Russ Feingold. Les fortes contestations du 19 et 20 septembre ainsi que l’agression verbale dont a été victime Periello à l’aéroport de Ndjili ne rendent pas la tâche aisée à Kabila.



La révélation de The Hill est un scandale aux yeux de citoyens congolais : 875.000$ de contrat. C’est l’argent du contribuable congolais. Ce contrat discrédite le gouvernement qui clame à qui voudrait l’entendre qu’il n’a pas d’argent pour organiser des élections. C’est l’une des raisons de la tenue du dialogue à la cite de l’Union Africaine. La mauvaise foi du gouvernement, le refus de Kabila de quitter le pouvoir au terme de son second mandat conformément à la Constitution sont de plus en plus manifestes.


Si la tâche est ardue pour le camp du gouvernement, elle n’est pas non plus une sinécure pour Katumbi qui est au front pour convaincre les USA à tenir leur promesse de faire triompher la démocratie en RDC. A cet effet, il  recourt au service d’un autre cabinet de lobbyists de Washington DC, Akin Gump Strauss Hauer & Feld, pour un montant de 30.000$ mensuels dans le but de persuader les institutions américaines à exercer la pression sur Kinshasa pour la tenue des élections dans le délai constitutionnel et le respect de la Constitution. C’est de bonne guerre. Le camp de Kabila ne veut rien lâcher et il y va de main forte. L’opposition devra jouer sur tous les fronts possibles pour contrer et vaincre les stratégies malveillantes du pouvoir. Katumbi l’a compris et il s’y met en conséquence.


Pour rappel, la situation en RDC demeure tendue depuis plusieurs mois suite à la perception par l’opposition de la volonté du gouvernement et de Kabila de ne pas organiser l’élection présidentielle sensée consacrer l’alternance au pouvoir. Kabila est président depuis 2001 à la suite de l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila. Il a été élu en 2006 et réélu en 2011, selon la Constitution votée en 2005 et promulguée par lui en février 2006. Le mandat dure 5 ans et n’est renouvelable qu’une seule fois d’après la Constitution. Depuis, le pays est plongé dans une crise que le Conseil de Sécurité à appeler à résoudre par un dialogue inclusif, par sa résolution 2277. Ce forum se tient depuis près de deux semaines à Kinshasa, sans la participation d’une frange importante de l’Opposition. Il tend vers sa fin mais reste suspendu à l’adoption d’un accord politique dont les termes divisent la coalition au pouvoir et l’opposition qui y prend part, sous la facilitation du Togolais Edem Kodjo.
 Le mandat de Kabila prend fin le 19 décembre 2016. La Commission Electorale devrait convoquer, selon la Constitution, le corps électoral le 19 septembre, 3 mois avant l’expiration du mandat présidentiel. Mais dans l’incapacité technique d’organiser l’élection présidentielle, selon elle, la CENI a déposé à la Cour Constitutionnelle une demande du report de l’élection, le samedi 17 septembre 2016. L’opposition conduite par la plateforme Rassemblement de l’Opposition dans laquelle Tshisekedi et Katumbi sont alliés a organisé des manifestations, le 19 septembre, pour rappeler à Kabila la disposition constitutionnelle de la fin de son mandat et de demander à la CENI de convoquer l’électorat. Cependant, ces manifestations annoncées pacifiques et acceptées par le gouverneur de la ville de Kinshasa ont été violentes et émaillées d’incidents graves.





Le même appel a été réitéré par l’opposition le 20 septembre. Human Rights Watch donne le bilan de 35 morts.  Le Président Kabila qui séjourne à New York, à l’Assemblée Générale des Nations Unies, a fait lire son communiqué par son directeur de cabinet au journal télévisé de 20 heures (19 heures GMT) de la Radio Télévision Nationale Congolaise. Il y a présenté ses condoléances aux familles des victimes, a encouragé l’action du Procureur Général de la République de poursuivre les « commanditaires », a appelé au calme en conviant l’opposition qui hésite encore à rejoindre les assises du dialogue national. Cependant, tout cela n’a pas d’impact significatif tant son message ressemble à celui d’un chef d’un camp politique plutôt qu’à celui d’un homme d’Etat.
Daf Pinto.
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