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*Entre pragmatisme, non-dits, écueils et pressions, le projet d’Accord proposé par Edem Kodjo, pour gérer l’après-2016, donne lieu à des commentaires divers.

On en sait, désormais, un peu plus sur l’Accord politique qu’Edem Kodjo, au nom de l’Union Africaine, veut voir appliquer en RDC. Il a proposé aux délégués au Dialogue politique d’accepter que le Président Kabila reste au pouvoir jusqu’à l’élection de son successeur. Ainsi s’ouvrirait, à partir du 20 décembre 2016, une période de Transition dont la durée n’est pas clairement définie. Pour que les uns et les autres accèdent au strapontin du pouvoir, un Gouvernement dit d’Union nationale sera mis en place. Le Premier Ministre de Transition proviendrait de l’Opposition pro-dialogue. Le Fichier électoral 2011 a été annihilé. Il faudra attendre, aux bas mots, fin juillet 2017 pour que la CENI établisse de nouvelles listes électorales fiables. Alors que la CENI a déjà annoncé qu’elle n’était pas en mesure de produire un calendrier électoral avant le mois d’août 2017, l’Accord politique d’Edem Kodjo demande, tout de même, à la CENI de publier un calendrier électoral, 15 jours après la signature de l’Accord politique. A défaut d’y parvenir, il est possible que le Président de la CENI se limite à présenter des indicateurs sur les différentes étapes du processus électoral. D’ailleurs, la Majorité Présidentielle a fait valoir que l’élaboration du calendrier électoral est une attribution exclusive de la CENI. Ainsi, le Dialogue va prendre fin sans que les participants n’aient réussi à se mettre d’accord sur le budget des élections. C’est de l’apanage du Parlement, l’autorité budgétaire en RDC, soutient-on.

Kodjo à l’initiative

Officiellement, les travaux du Dialogue en plénière sont suspendus depuis que l’Eglise catholique, des Ongs de droits de l’Homme et d’éducation civique, l’Opposition pro-dialogue ainsi que tant d’autres structures ont décidé de marquer une pause, à la suite des événements tragiques du 19 au 20 septembre dernier, à Kinshasa, en marge des manifestations de l’Opposition qui entendait exiger la convocation du scrutin présidentiel. Le Facilitateur Edem Kodjo, lui, n’a pas croisé les doigts. Il est passé à l’offensive pour ne pas briller par l’inaction. Il a eu des réunions séparées avec les Ambassadeurs des pays occidentaux accrédités à Kinshasa, des représentants de la Délégation de l’Union Européenne et de l’Union Africaine. En début de soirée, hier, lundi 26 septembre, Edem Kodjo a convoqué la presse pour couvrir une réunion qu’il devait avoir avec la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO). Sans doute pour obtenir le retour des catholiques au Dialogue. Maintenant qu’il y a un projet d’Accord politique, l’heure est peut-être venue pour les catholiques de l’amender, en y faisant figurer leurs revendications principales. Entre autres, la date des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales couplées, telle qu’exigée dernièrement, dans un communiqué portant suspension de leur participation au dialogue.

Des pressions

La Dynamique interne, au regard du lourd bilan humain enregistré en marge de la marche anti-glissement organisée par le Rassemblement de l’Opposition constellé autour d’Etienne Tshisekedi et de Moïse Katumbi, amène certains observateurs politiques à penser que beaucoup de congolais rejettent, du moins jusqu’ici, ce qui se trame au Dialogue. Ces opposants avaient commis une gaffe en récusant Kodjo, c’est comme si la Facilitation a aussi levé l’option de les tenir pour une quantité négligeable. Pour parer à toute éventualité et étouffer dans l’œuf toute contestation de l’Accord résultant du Dialogue, un dispositif sécuritaire impressionnant est visible à travers la Ville-Province de Kinshasa. D’ailleurs, le Gouverneur de la ville, André Kimbuta, a interdit toutes les manifestations à caractère politique. Malgré tout, l’atmosphère demeure délétère. Les enfants hésitent à reprendre le chemin de l’école. La moindre étincelle pourrait rallumer le feu dans la ville. Conscients du pire à éviter, le Président en exercice de l’Union Africaine, le Tchadien Idriss Deby, a lancé un appel à l’ouverture d’un dialogue plus inclusif en RDC. Le Secrétaire Général de l’ONU, le Sud-coréen Ban Ki-moon, ne dit pas le contraire. Entre condamnations et appels à la retenue, les grandes capitales du monde choisissent les mots. Didier Reynders, le Ministre Belge des Affaires Etrangères, se prononce en faveur d’un deuxième round du dialogue sous une médiation de Saïd Djinnit, le Monsieur Grands Lacs de Ban Ki-moon. Une proposition qui, du reste, aurait été mal accueillie par Kinshasa.

Kabila à l’abordage

Le Président Kabila, pendant ce temps, n’abdique pas. Il s’est fait recevoir hier, par le Pape François au Vatican. De quoi ont-ils parlé ? Les deux personnalités n’ont fait aucune déclaration publique. Toutefois, les analystes estiment que le Pape François et le Président Kabila ne pouvaient ne pas parler de l’Accord de siège signé entre la RDC et le Vatican sur la protection des biens de l’église catholique par l’Etat congolais. La situation politique qui prédomine actuellement en RDC doit, elle aussi, avoir été au menu de leurs discussions. De son côté, le Ministre Raymond Tshibanda, était à New York, à l’Assemblée générale des Nations Unies, pour défendre la position du Gouvernement sur le processus électoral.

Depuis la CPI, Bemba crie à l’apaisement

Le Chairman du Mouvement de Libération du Congo, depuis sa cellule de Scheveningen de la CPI, à la Haye, s’est ajouté à la longue liste de personnalités politiques qui sont préoccupées par l’évolution de la situation politique et sécuritaire en RD. Congo. Dans un message, cet ancien Challenger de Kabila, lors de la présidentielle 2006, celui-là même avec lequel l’armée congolaise loyale avait affronté ses troupes à Kinshasa, dit avoir une idée cruelle des troubles. Voilà pourquoi, il en appelle à un dialogue strictement technique sur des questions liées, notamment, au processus électoral. Un tel dialogue permettrait, à l’en croire, de poser le principe de l’alternance politique et de baliser la voie aux élections apaisées. L’affaire des postes, dans sa vision, n’est que baliverne d’Ali baba.
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