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*Hier, le Représentant spécial pour les Grands Lacs déclarait avoir pris note de la tenue de la présidentielle dans un délai hors constitutionnel en 2017. Ne serait-ce pas pour la MONUSCO une façon d’entraver ou bien de violer adroitement la résolution 2277 du Conseil de sécurité, qui prône le respect de la Constitution ?

«Nous nous en tenons un peu à la position traditionnelle des Nations Unies une fois de plus à ce niveau. Nous avons encouragé le dialogue et nous avons voulu qu’il soit le plus inclusif possible. Et nous n’avons pas changé d’un iota par rapport à cela. C’est vrai que le dialogue à l’heure actuelle est suspendu ; le facilitateur essaie de relancer le dialogue. Il a eu, il a rencontré hier différentes personnalités de tous les bords, il y a eu une conférence de presse d’ailleurs où il a spécifié de façon très claire qu’il n’y aura pas une extension du délai de ce dialogue national. Il a dit, s’il y a une prolongation, ce sera pour quelques heures, pas pour plusieurs jours. Donc, nous nous inscrivons déjà dans cette longueur d’onde et vous savez que hier, Saïd Djinnit, l’Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, a déclaré également que pour sa part il voulait que l’accord qui conclurait ce dialogue soit acceptable. Et donc ça c’est un peu le point de vue de la communauté internationale. Nous souhaitons effectivement qu’il y ait dialogue inclusif dans la mesure du possible avec l’ensemble des parties prenantes, et que les conclusions de ce dialogue soient vraiment acceptables par tous. Voilà un peu ce que nous pouvons dire », a dit en substance, M. Charles Antoine Bambara, Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO. Tous les autres aspects détaillés des questions-réponses abordées sont à lire, ci-dessous.





Questions-réponses de la conférence de presse « ONE UN »

(Mercredi 14 septembre 2016)

La conférence de presse conjointe des Nations Unies était animée à partir de Kinshasa par Charles Antoine Bambara, directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO; le capitaine Yassine Kasim, porte-parole militaire par intérim, et Fabien Faivre de l’équipe-pays, tous intervenant à partir de Goma.

La conférence a connu la participation de M. Jose Maria Aranaz, directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme, à partir de Kinshasa.

Question 1

Marthe Boswandole/AFP : Ma question s’adresse à M. Charles Bambara. Vendredi dernier à Kasumbalesa, des troubles ont éclaté. Est-ce qu’aujourd’hui la MONUSCO peut nous dire ce qui s’est réellement passé sur le terrain. Est-ce que vous avez un bilan par rapport au nombre de morts ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : A Kasumbalesa, je crois que je veux voir du côté militaire si à Goma on a quelques éléments de réponse concernant ce qui s’est passé exactement à Kasumbalesa. Est-ce qu’on a un bilan ? Si on n’a pas de bilan, on pourra vous communiquer en contactant nos services spécialisés après. Capitaine, est-ce que vous avez quelques éléments de réponse par rapport à cela ?

Porte-parole militaire par intérim de la MONUSCO [Capitaine Yassine Kasim] : Alors, pour ça on a lancé des patrouilles de reconnaissance, mais pour le moment on n’a pas encore reçu de nombre confirmé pour ce qui s’est passé là-bas. Merci beaucoup.

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Je crois que Jose Maria Aranaz a quelques éléments d’information en tant que directeur du Bureau conjoint chargé des droits de l’Homme. Monsieur Aranaz, est-ce que vous avez quelques indications ?

Directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme [Jose Maria Aranaz] : Oui, notre rapport provisoire a documenté au moins six civils qui ont été tués par les armes létales, et cela inclut une femme, une petite fille et un policier qui a été tué, assassiné par la population.

Et comme toujours, nous étions très préoccupés par l’utilisation d’armes léthales dans le contrôle des manifestations et des protestations par les forces armées et la PNC.

Question 2

Nenette Ngendo/L’Opinion : Une question pour le capitaine. Juste après le massacre du 21 au 28 août dernier à Beni, vous nous avez parlé des enquêtes qui devaient être diligentées. Qu’en est-il de ces enquêtes et ont-elles déjà déterminé leurs premiers éléments de culpabilité ?

Porte-parole militaire par intérim de la MONUSCO [Capitaine Yassine Kasim] : Pour le moment, on n’a pas encore des éléments pour répondre à cette question.

Question 3

Flavien Musans/Planète Télévision : Je reviens sur l’actuel dossier de Bosco Ntaganda. Selon son avocat, il ne répond pas. Donc, c’est un problème de restauration. Moi, je voudrais savoir, est-ce que c’est la CPI qui prive Bosco Ntaganda de manger, ou encore, c’est Bosco Ntaganda lui-même qui refuse de consommer les repas offerts par la CPI ?

Responsable de la sensibilisation, Bureau extérieur CPI-RDC [Margot Tedesco] : Bosco Ntaganda a arrêté volontairement de s’alimenter le 7 septembre. Notamment pour protester contre la décision de la Chambre 7 de la CPI,de maintenir les restrictions sur les contacts.

En effet, la Chambre avait fait la restriction de ses communications pendant sa détention, parce qu’elle pense qu’il y a des motifs raisonnables de croire que Bosco Ntaganda a utilisé à tort ses droits de communication, et notamment, dans le but d’exercer de pressions importantes sur les témoins.

Quelles sont ces restrictions ? Ces restrictions limitent notamment le temps de visite, les communications sont écoutées par le greffe qui est l’organe non judicaire de la CPI, et au niveau également de visites, les visites sont limitées à la famille, etc., dans des langues qui peuvent être entendues et comprises par le greffe, et évidemment il est interdit pour Bosco Ntaganda de parler, de discuter de l’affaire en cours.

Les juges ont notamment souligné le 9 septembre que le refus persistant de se présenter dans la salle d’audience ou de fournir un mandat à son conseil principal Stéphane Bourgon pour le représenter dans la salle d’audience pouvait être vu comme « une tentative », et là je cite le président juge de cette chambre, « comme une tentative de perturber la procédure, ou comme un refus délibéré de se conformer aux ordres, et ceci pourrait entraîner des sanctions ».

Question 4

Rodriguez Katsuva/Indépendant (Goma) : J’ai deux questions, une pour Goma et une autre pour Kinshasa. La première, la MONUSCO jusque-là qui avait promis d’aider la CENI dans la logistique, n’a réalisé que 10% de ses promesses. Elle avait promis 18 avions, mais elle n’a offert que 2 jusque-là. Est-ce qu’il y a un problème par rapport à cela ? J’aimerais savoir pourquoi l’aide promise dans la logistique n’est pas au complet ?

Et la deuxième question, qui est surtout militaire et adressée au capitaine Kasim, est-ce que les drones non furtifs de la MONUSCO aident jusqu’aujourd’hui dans l’opération « Sukola 1 » ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Je veux prendre la première question sur les promesses de la MONUSCO à la CENI. Vous donnez un chiffre précis de 18 avions promis par la MONUSCO à la CENI, je ne sais pas où est-ce que vous tirez exactement cette information, mais j’aimerais l’avoir par écrit, voir votre source.

Cela dit, la MONUSCO s’est inscrite dans la ligne du soutien logistique à la CENI, et ce soutien a déjà démarré de façon effective sur le terrain avec les opérations de pré-enregistrement donc à Gbadolite où la MONUSCO accompagne la CENI dans cet effort et ailleurs notamment.

Nous le rappelons régulièrement : des éléments dans les bureaux de la CENI ici à Kinshasa, qui sont à l’écoute de façon quotidienne des différentes requêtes et voir comment accompagner cela. Le Représentant spécial lui-même a des rencontres régulières avec le président de la CENI et différents membres de la CENI, et nous continuons cet appui.

Appui logistique, appui technique de la part des agences du système des Nations Unies, etc., et cela marche plutôt globalement bien jusque-là.

Quant au deuxième volet de la question, je vais laisser le capitaine Yassine essayer d’apporter quelques éléments de réponse éventuellement à cette question.

Porte-parole militaire par intérim de la MONUSCO [Capitaine Yassine Kasim] : Oui, je le confirme. Les drones sont un atout majeur pour les opérations, soit pour la collecte d’informations, soit pour la localisation des camps des groupes armés. Oui, ils sont encore en marche.

Question 5

Patrick Felix Abely/Le Grand Kivu (Goma) : Monsieur Jose Maria Aranaz, une question qui part d’un constat. A votre avènement à la tête du BCNUDH, vous avez semblé être très actif dans la publication de rapports. Mais ces derniers temps, j’ai constaté que vous avez baissé un tout petit peu d’ampleur dans la publication. Et concrètement quand on essaie un peu de regarder ce qui se passe sur le terrain ça ne se marie pas tellement avec ce que vous publiez. Qu’est-ce qui justifie cela ?

Directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme [Jose Maria Aranaz] : Merci beaucoup pour la question. Je pense que M. Bambara a fait référence aux rapports traditionnels. C’est une manière de faire référence à la note mensuelle qu’on prépare.

On prépare la note mensuelle comme j’ai dit chaque mois. Et la note pour le mois d’août a été préparée très tôt, ça veut dire que c’était avant les autres notes. Alors, nous avons toutes les informations disponibles sur notre site Internet, et aussi sur notre page Twitter. Nous avons publié la note mensuelle de manière régulière et aussi avec des rapports généraux, le premier pour le premier semestre de l’année et un rapport général pour toute l’année passée.

Si vous avez besoin d’autres précisions, veuillez me contacter, mais nous, nous préparons l’information de manière publique chaque mois.

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : En fait, chaque mois, il y a un rapport mensuel du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme. Peut-être que vous en avez manqué un ou deux, mais la mensualité de ce rapport est maintenue.

Question 6

Victoire Muliwavyo/Radio Télévision Graben (Goma) : Ma question est adressée à monsieur Jose Maria Aranaz. Vous êtes en train de publier chaque mois, comme vous venez de le dire, les différents rapports sur l’évolution des droits de l’Homme ici en République démocratique du Congo, mais on constate que, du jour au lendemain, les violations continuent à s’accentuer, alors que vous publiez différents rapports qui n’ont pas d’impact sur le terrain. Quelle est votre solution ou quel est votre constat ou votre avis, par rapport à ces différents rapports que vous êtes en train de publier ?

Directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme [Jose Maria Aranaz] : Je pense qu’à d’autres occasions, j’ai expliqué que pour nous la publication de la note mensuelle et d’autres rapports est un instrument pour rendre publique l’information et pour essayer de changer une mauvaise situation, en situation plus positive.

Je partage avec vous la préoccupation qu’on continue à rapporter une augmentation des chiffres de violations des droits de l’Homme, surtout par les groupes armés et aussi les agents étatiques.

Mais on partage avant notre note mensuelle ou notre rapport avec les autorités. C’est aussi une contribution pour rendre justice contre les auteurs de violations des droits de l’Homme. Et c’est pour ça que chaque mois on salue les décisions contre les membres, les agents et services étatiques qui ont été condamnés pour des violations des droits de l’Homme.

Et de l’autre côté, on utilise les rapports comme moyens de faire la lumière et d’identifier les autres actions nécessaires pour les autorités, pour améliorer la situation en général, et changer le cours de la situation des droits de l’Homme en RDC.

Question 7

Laetitia Masela/RTNC 2 : Je pose ma question à M. Charles Bambara. Les habitants de Goma sont inquiets depuis l’arrivée de combattants sud-soudanais du parc national de la Garamba. Qu’est-ce que la MONUSCO compte faire pour pallier cette situation ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Je voudrais dire très clairement ici cette chose : tous les combattants sud-soudanais qui ont été extraits du parc de la Garamba ont été désarmés par la MONUSCO, et les armes gardées dans les installations de la MONUSCO.

Et cette opération une fois de plus a été faite en liaison avec le gouvernement de Kinshasa, et c’est pour des raisons essentiellement humanitaires. Beaucoup de ces combattants, ou même de ces civils qui ont traversé la frontière, étaient dans un état sanitaire et nutritionnel déplorables. Et c’est pour ces raisons, et ces raisons seules, qu’ils ont été extraits du parc de la Garamba pour être acheminés à Dungu, à Bunia, à Munigi et puis à Goma.

Ceux qui sont à Goma sont des personnes malades. Ils sont à l’hôpital. Il y en a juste une dizaine ; les autres sont à Munigi. C’est pour dire que le gros des Soudanais du Sud ne sont même pas à Goma, pour apaiser un peu les inquiétudes à Goma notamment.

Ceux qui sont une fois de plus, à Goma, sont à l’hôpital. Il s’agit de 17 personnes exactement. Les autres sont à Munigi, et tous les sites où ils sont sont sous sécurité MONUSCO. C’est-à-dire que personne ne peut entrer ou sortir. Et c’est pour cela que la MONUSCO appelle justement, non seulement le gouvernement de la RDC, mais aussi les institutions sous régionales : CIRGL, SADC…, à s’impliquer dans ce dossier, aux côtés aussi bien sûr du gouvernement sud-soudanais, afin de trouver une solution rapide pour permettre de trouver une solution à ces gens, car nous savons tous qu’ils ne peuvent pas rester indéfiniment, ici.

C’est ce que nous appelons de notre voeu. Et d’ailleurs, les Nations Unies à New York et la MONUSCO ici, s’emploient aux côtés du gouvernement, donc de la RDC, à essayer de trouver cette solution avec les acteurs sous-régionaux.

Question 8

Alain Uaykani/Chine Nouvelle : Je reviens sur les Sud-Soudanais, M. Charles Bambara. On sait que les problèmes se posent toujours lorsqu’il faut prendre en charge. Le gouvernement vous a demandé d’extraire ces réfugiés pour le moment. Et à long terme on voudrait savoir qui nourrit qui, qui supporte qui et comment ça se passe ?

C’est souvent quand les choses se bloquent qu’on doit se débrouiller pour manger, pour vivre. Alors l’inquiétude se pose aussi, parce qu’on ne sait pas qui va prendre ces déplacés en charge si jamais ils ne rentraient pas, si les choses ne trouvaient pas trop vite de solution au niveau du Soudan du Sud. Alors, est-ce que c’est la MOUSCO qui restera définitivement en charge de ces réfugiés, pour éviter ce qui se passe avec les autres, comme les FDLR, ou c’est le gouvernement qui va les prendre peut-être en charge dans les jours à venir ? Comment ça se passe ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Bon, nous avons le HCR ici. Il ne faut pas un peu mélanger les titres comme on l’a vu dans certains titres de journaux hier. Les réfugiés sont des civils, les militaires sont…, je parle sous le contrôle du HCR qui est là. Les militaires qui ont traversé la frontière avec leurs armes ne sont pas de réfugiés. Seuls les civils sont des réfugiés.

Pouvez-vous déjà préciser cela, notre collègue du HCR, je crois que ça aiderait les journalistes à comprendre ?

Porte-parole du HCR [Andreas Kirchhof] : Donc, je voudrais effectivement répéter ce que M. Charles Bambara vient de nous expliquer.

Il y a des hommes armés, des combattants qui ont été évacués par la MONUSCO du parc de la Garamba, mais cela a rien à voir avec la situation plus large des réfugiés.

Donc, il y a un deuxième groupe. Et là on parle d’environ 30.000 personnes que nous avons enregistrées jusqu’à [maintenant]. Qui sont très éparpillées dans les provinces de Haut-Uélé et de l’Ituri, qui sont des civils, dont la majorité sont des femmes et des enfants, qui ont fui les combats au Soudan du Sud.

Donc, le HCR et ses partenaires ont commencé vers Doruma, dans le Haut-Uélé, à fournir une assistance. La plupart de réfugiés reçoivent de l’aide de la population locale. Récemment, on a reçu des informations sur la province de l’Ituri où il y a beaucoup d’arrivées, de nouvelles arrivées et il y a certaines organisations comme Maltiza et d’autres ONG qui essaient de soutenir ces réfugiés.

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Voilà, merci donc à notre collègue du HCR. Je voudrais cependant préciser que, pour l’instant, les combattants sud-soudanais qui ont traversé la frontière et qui ont été extraits du parc de la Garamba et gardés dans des sites sont à la charge pour l’instant de la MONUSCO sur le plan bien sûr alimentaire, et sur le plan médical.

Cela dit, nous appelons à une solution politique. Et j’ai dit, la situation on ne peut pas la garder indéfiniment. Je crois que nous sommes sur la même longueur d’onde que le gouvernement de

Kinshasa ici. Il faut une implication des institutions sous-régionales une fois de plus, des gouvernements de la sous-région, pour trouver une solution future à ces Sud-Soudanais présents ici, et nous pensons que, et nous souhaitons en tout cas, qu’une solution soit rapidement trouvée.

Question 9

Pascal Mulegwa/Anadolu : Hier, le Représentant spécial pour les Grands Lacs déclarait avoir pris note de la tenue de la présidentielle dans un délai hors constitutionnel en 2017. Ne serait-ce pas pour la MONUSCO une façon d’entraver ou bien de violer adroitement la résolution 2277 du Conseil de sécurité, qui prône le respect de la Constitution.

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Nous nous en tenons un peu à la position traditionnelle des Nations Unies une fois de plus à ce niveau. Nous avons encouragé le dialogue et nous avons voulu qu’il soit le plus inclusif possible. Et nous n’avons pas changé d’un iota par rapport à cela.

C’est vrai que le dialogue à l’heure actuelle est suspendu ; le facilitateur essaie de relancer le dialogue. Il a eu, il a rencontré hier différentes personnalités de tous les bords, il y a eu une conférence de presse d’ailleurs où il a spécifié de façon très claire qu’il n’y aura pas une extension du délai de ce dialogue national. Il a dit, s’il y a une prolongation, ce sera pour quelques heures, pas pour plusieurs jours.

Donc, nous nous inscrivons déjà dans cette longueur d’onde et vous savez que hier, Saïd Djinnit, l’Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, a déclaré également que pour sa part il voulait que l’accord qui conclurait ce dialogue soit acceptable. Et donc ça c’est un peu le point de vue de la communauté internationale.

Nous souhaitons effectivement qu’il y ait dialogue inclusif dans la mesure du possible avec l’ensemble des parties prenantes, et que les conclusions de ce dialogue soient vraiment acceptables par tous. Voilà un peu ce que nous pouvons dire.

Question 10

Alain Botoko/Indépendant : Une toute petite question à M. Charles Bambara. Est-ce que ça vous arrange vous la MONUSCO l’arrêt du dialogue de la cité de l’Union africaine pour continuer à pousser ceux qui ne sont pas dedans d’entrer, ou ça ne vous arrange pas, les choses peuvent continuer comme ça, le vin est tiré. Quelle est votre position ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Non, il s’agit d’un dialogue entre Congolais. C’est aux Congolais de résoudre le problème du dialogue national. Le facilitateur a invité tout le monde autour de la table, certains sont venus, il a dit que les portes restaient ouvertes pour ceux qui veulent rejoindre après.



Nous soutenons, nous, cette facilitation à fond. Le Représentant spécial a régulièrement rencontré depuis le début du dialogue, et même avant le début du dialogue, l’ensemble de la classe politique pour les inciter à aller vers ce dialogue ; et Ban Ki-moon a répété et, le Conseil de sécurité aussi, que nous voulons un dialogue inclusif. Et je pense qu’il faut retenir cela, c’est ce qui est important pour nous.

Et maintenant quant à la suspension du dialogue, vous savez que je l’ai dit tout à l’heure. M. Edem Kodjo s’emploie une fois de plus avec tout le sérieux qu’on lui connait, avec toute la compétence qu’on lui connait, à essayer de rapprocher les points de vue demandant aux uns et autres de faire quelques concessions, afin qu’il y ait le plus rapidement possible une reprise de ce dialogue. Nous pensons et nous espérons que ce sera le cas, afin qu’on puisse voir un peu où est-ce que cela peut nous emmener. Voilà un peu ce qu’on peut dire dessus.

Question 11

Inga Patherne/AP (Goma) : Ma question s’adresse au porte-parole de la MONUSCO, M. Charles Bambara. Je crois que mes collègues de Kinshasa à partir de celle de la RTNC ont déjà épuisé ma question, mais toutefois je vais la reformuler d’une autre manière.

Vous venez de nous amener des Sud-Soudanais sur notre sol, surtout dans l’est de la RDC, là où se passent des désolations. Pourquoi ne pas les relocaliser dans l’ouest, ou bien au centre de la RDC et laisser d’abord que ces désolations se terminent dans l’est de la RDC ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Vous avez dit quelque chose de très grave, vous avez dit nous vous avons emmené des Sud-Soudanais. Et je suis sûr que beaucoup de vos collègues journalistes ici vous direz que ce n’est pas la MONUSCO qui a amené ces Sud-Soudanais ici. Vous savez le conflit interne qu’il y a au Soudan du Sud et face à ce conflit-là, une partie de l’armée sud-soudanaise conduite par Riek Machar, qui est maintenant dans l’opposition comme on le sait, a traversé la frontière. Cela était très clair.

La MONUSCO n’a amené personne. La MONUSCO a constaté cette traversée de la frontière et a saisi les autorités congolaises qui nous ont donné la permission, si vous voulez, d’assister sur le plan humanitaire ces personnes sur le territoire congolais, parce qu’une fois de plus beaucoup étaient malnutries, blessées par balles, certaines semble-t-il avaient été mordues par des serpents en brousse parce qu’elles ne sont pas dans une ville ou dans un village, elles sont vraiment en dehors des agglomérations ou des sites villageois, et beaucoup risquaient de mourir simplement.

Donc c’est face une fois de plus à notre devoir de protection des civils, à notre devoir d’assistance humanitaire et à la demande des autorités que nous leur avons apporté ce soutien ; il faut que ce soit clair.

Nous n’avons amené personne et c’est pour cela que les Nations Unies depuis le siège à New York et jusqu’ici en RDC, appelons les autorités congolaises, l’ensemble des acteurs sous-régionaux à se mettre ensemble pour discuter de qu’est-ce qu’on fait. On ne va pas les garder indéfiniment ici, mais qu’est-ce qu’on fait. Et la MONUSCO sera prête à accompagner les autorités gouvernementales pour trouver une issue favorable ou heureuse pour dénouer en tout cas cette situation. Voilà un peu ce que je peux dire par rapport à cette question.

Question 12

Jackson Mutshima/RTNC (Goma) : Ma question s’adresse à Fabien de l’UNICEF. Il a dit que l’UNICEF met en place la campagne porte-à-porte qui vise à responsabiliser les partenaires dans l’éducation. Mais moi je voudrais savoir pourquoi l’UNICEF ne veut pas appuyer le gouvernement qui a proposé ou qui travaille sur la gratuité de l’enseignement ; parce que sensibiliser ou responsabiliser les responsables sans pour autant tenir compte de ce qui est déjà fait ou peut-être appuyer ce qui est déjà fait, c’est peut-être faire le contour ou tourner en rond. Alors je demanderai à l’UNICEF, pourquoi ils ne veulent pas appuyer le gouvernement dans la gratuité de l’enseignement à l’école primaire ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Nous allons prendre la question ici à Kinshasa avec les collègues de l’UNICEF qui sont présents dans la salle. Est-ce que l’un d’eux peut effectivement infirmer ou confirmer ou apporter des éléments de réponse sur la gratuité de l’enseignement ? Est-ce que l’UNICEF est prêt à accompagner le gouvernement par rapport à cela ?

Chargée de l’éducation à l’UNICEF [Pascaline Mupaya]: Par rapport à la gratuité de l’enseignement, oui. C’est depuis 2010 que la gratuité est vraiment effective en RDC, sauf pour les deux villes de Kinshasa et Lubumbashi.

L’UNICEF continue toujours de mener des plaidoyers pour mettre en place des mesures d’accompagnement de la gratuité, notamment la construction de salles des classes, la mécanisation des enseignants ; et le gouvernement est en train de réaliser peu à peu toutes ces mesures d’accompagnement de la gratuité.

Il y a les constructions qui se font par des programmes pris à travers la RDC, et la mécanisation des enseignants aussi petit à petit jusqu’à ce que toutes les mesures d’accompagnement de la gratuité soient mises en place.

Mais entretemps l’éducation est un droit, donc tout enfant a vraiment droit à l’éducation. Nous ne pouvons laisser les enfants en attendant ces mesures d’accompagnement. C’est pour cela que l’étude sur les enfants et adolescents en dehors de l’école menée en 2012 a révélé qu’il y a au moins près de 7 millions d’enfants de 5 à 17 ans en dehors de l’école, dont 3,5 millions sont les enfants en âge scolaire primaire.

Et en vue d’accélérer ce nombre d’enfants pour qu’ils puissent aller à l’école à l’âge légal, c’est pour cela que nous avons mis en place cette politique-là de campagne porte-à-porte, où deux semaines après la rentrée scolaire au niveau des écoles publiques, les enseignants… descendent dans les ménages tout autour de l’école pour sensibiliser les parents à envoyer leurs enfants à l’école.

Question 13

Symphorien Katumba/L’explorateur : J’ai une préoccupation adressée à M. Charles Bambara. Les torchons brûlent concernant le dialogue national convoqué par le président Joseph Kabila sous l’ordonnance-loi, et la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Pour décanter la crise des deux formats de ce dialogue, la MONUSCO donne quelle priorité à ces deux résolutions ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Je n’ai pas compris la question. Et puis vous dites ‘’les torchons brûlent’’, je ne sais pas où est-ce que ça brûle ?

Symphorien Katumba/L’explorateur : Je disais que le président Joseph Kabila a convoqué le dialogue sous l’ordonnance-loi, et la MONUSCO sous la résolution 2277. Vous donnez quel type de priorité à ces deux formats de résolution ?

Directeur de la Division de l’Information publique de la MONUSCO et porte-parole par intérim de la MONUSCO [Charles Antoine Bambara] : Vous savez que Edem Kodjo fait des conférences de presse régulières, il faut aussi l’approcher pour voir qu’est-ce qu’il pense de votre question.

Mais pour notre part, la résolution des Nations Unies que je connais assez bien, je ne sais si le gouvernement a des résolutions, etc. ; non, on parle de résolutions généralement au niveau des Nations Unies.

Mais je vous demanderai de vous rapprocher d’Edem Kodjo, je suis sûr que d’ici à ce soir ou demain il fera une conférence de presse ; hier il en a fait, je suis sûr que peut-être à la fin de la journée ou demain, il en fera.

Merci pour votre participation à cette conférence de presse et à la semaine prochaine.
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