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Entre le processus de dialogue qui s'enlise et le climat politique de plus en plus tendu en RD Congo, Germain Kambinga soutient que seule la voie du consensus pourra sortir le pays de l'impasse. Le ministre de l'Industrie et ancien porte-parole du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba s'est confié mercredi à Jeune Afrique.

Il est révolu l’époque où il tapait encore sur le président Joseph Kabila. Bombardé ministre de l’Industrie fin 2014, Germain Kambinga, 38 ans, a définitivement retourné sa veste. Aujourd’hui, l’élu de Lukunga, dans le nord-est de Kinshasa, ancien porte-parole du MLC de Jean-Pierre Bemba, trouve le chef de l’État congolais « sympathique ». Ce dernier n’est « pas celui que les Congolais croient connaître », confie le transfuge.

S’il n’a pas adhéré officiellement à la Majorité présidentielle (MP, coalition au pouvoir), Germain Kambinga ne se considère plus non plus comme opposant au régime en place, « dès lors qu'[il a] accepté de participer au gouvernement de cohésion nationale », dit-il, pragmatique.

En conséquence, il défend désormais la ligne du camp Kabila et soutient le dialogue politique en cours à la Cité de l’OUA, à Kinshasa. Des pourparlers, ouverts début septembre, qui sont boycottés par le Rassemblement, regroupement politique rangé derrière l’opposant historique Étienne Tshisekedi. Ce dernier a même appelé à des manifestations les 19 et 20 septembre qui ont dégénéré en affrontements sanglants entre ses partisans et les forces de l’ordre.

Faut-il poursuivre les pourparlers ?

Suspendus depuis les heurts des 19 et 20 septembre, les pourparlers pourront reprendre vendredi à 10 heures, selon la facilitation. « La porte reste ouverte car le président de la République est bien conscient de la nécessité d’une grande inclusivité dans ce dialogue », assure pour sa part Germain Kambinga, appelant ceux qui boudent ce forum de venir poser leurs problèmes sur la table des négociations.

« S’ils considèrent qu’il faut libérer les prisonniers de droit commun qui sont en même temps des politiques, qu’ils viennent en discuter à travers le dialogue politique pour qu’ensemble nous dégagions un consensus : de cette manière, la décision qui en sortira ne sera pas de la responsabilité du seul gouvernement mais celle de tout le monde », explique le ministre.

Mais à l’en croire, « il est facile pour l’État de libérer les personnes qui ont été condamnées pour troubles à l’ordre public ou atteinte à la sûreté de l’État. Ce qui n’est pas le cas lorsqu’il s’agit des litiges [judiciaires] opposant des particuliers entre eux : il y a un problème de justice qui se pose ». Allusion faite notamment à la condamnation à trois ans de prison de l’opposant Moïse Katumbi dans une affaire de spoliation d’immeuble qui l’oppose à un citoyen grec. Une « machination politique », dénonce de son côté le dernier gouverneur du Katanga qui s’est déclaré candidat à la présidentielle initialement prévue le 27 novembre.

Seulement, le processus électoral a pris énormément du retard rendant impossible la tenue de ce scrutin dans les délais constitutionnels. À qui la faute ? « La Commission électorale nationale indépendante (Ceni), seule responsable de l’organisation du processus électoral en RDC, nous oppose des contraintes techniques liées notamment aux différentes mutations qu’elle a connues ces cinq dernières années (…). Le bureau effectif de la Ceni n’a été mis en place qu’en décembre 2015 », tente de justifier Germain Kambinga. « Même si le financement de ces élections avait été disponible, comment la Ceni aurait pu organiser les scrutins sans être réellement fonctionnelle ? » lance-t-il.

Kabila a besoin du référendum pour rester au pouvoir. Mais il a choisi le dialogue, rassure Germain Kambinga.
À ceux qui n’y voient qu’une manœuvre de plus pour maintenir le président Kabila au-delà du 19 décembre, date de l’échéance de son second mandat, Germain Kambinga les invite à « sortir des incantations (…) et arrêter de jouer sur l’émotion des populations ». Pour lui, la question a déjà été réglée par l’article 70 de la Constitution et l’arrêt de la Cour constitutionnelle. « Le débat n’existe que dans la tête de ceux qui ont des schémas insurrectionnels ou révolutionnaires, qui fantasment sur la duplication des schémas du Burkina Faso en RDC », martèle-t-il.

Aussi, poursuit-il, « pour rester au pouvoir, le président de la République n’a pas besoin du dialogue. Il a besoin d’un référendum (pour modifier la Constitution, Ndlr). Mais il a fait le choix du dialogue, celui de consensus et d’ouverture, pour que tous les Congolais puissent contribuer à trouver la solution à la problématique telle qu’elle se pose ». Mais Germain Kambinga n’exclut pas l’avènement d’un nouveau gouvernement « pour renforcer la confiance entre les acteurs politiques » à l’issue du dialogue en cours à Kinshasa.

Trésor Kibangula



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