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En séjour à Kinshasa, le président Denis Sassou N’Guesso du "Congo d’en face" s’est entretenu, vendredi 2 septembre, avec son homologue sortant "Joseph Kabila". Il a reçu au début de la soirée une délégation du "Rassemblement" conduite par Etienne Tshisekedi wa Mulumba, le président du Conseil des sages. La rencontre a eu lieu au Fleuve Congo Hôtel. Au nom de cette nouvelle coalition politique née en juin dernier à Genval, Tshisekedi lui a remis sa "Feuille de route" actualisée. Le groupement y réaffirme ses préalables et dit sa disponibilité à participer à un "dialogue véritable" et non à un "monologue" entre membres de ce que certains opposants appellent par ironie "la majorité présidentielle restructurée". Il semble que la "communauté internationale" ne désespère pas d’emmener Tshisekedi et ses alliés du G7 et du Rassemblement à la Cité de l’Union Africaine.

Les huit membres qui composent le "Conseil des sages" du "Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement" ont manifestement parcouru avec une vive attention la "feuille de route" issue des travaux du comité préparatoire du "dialogue politique". Travaux qui ont pris fin le samedi 27 août.

On peut gager que les "cardinaux" de cette coalition née en juin dernier à Genval étaient "tombés de leurs chaises" en apprenant que le facilitateur Edem Kodjo s’est arrogé le beau rôle d’"animateur principal de l’ensemble du processus du dialogue national". Et que les membres du "Groupe de soutien" étaient réduits au rang d’observateurs quasi-passifs qui ne peuvent agir qu’"à la demande" du facilitateur. L’annonce d’un "accord politique" devant sanctionner ces assises a sans doute été accueillie comme une "déclaration de guerre".

Lundi 29, Etienne Tshisekedi wa Mulumba et ses alliés ont sorti l’artillerie lourde. Dans un communiqué publié, au nom du Rassemblement, il a accusé le facilitateur Edem Kodjo "d’aggraver la crise politique que traverse le pays" avant de demander au peuple congolais de "rejeter" toutes les conclusions qui sortiront de ce "pseudo dialogue".

Préalables

Comme pour "positiver", Tshisekedi réaffirme dès le deuxième paragraphe de ce texte l’attachement du Rassemblement "à la tenue d’un dialogue véritable, crédible et inclusif". Et ce en application de la Résolution 2277 du Conseil de sécurité.

Dès jeudi 1er septembre, on apprenait dans la soirée que le "Rassemblement" avait transmis sa "feuille de route" à certaines missions diplomatiques. Le même document a été remis vendredi 2 septembre au président Denis Sassou Nguesso.

Le groupement y rappelle ses préalables (libération immédiate sans condition des détenus politiques, retour au pays de tous les exilés politiques, arrêt et abandon des tracasseries fiscales, administratives, policières, dissolution des formations politiques ayant adopté les mêmes dénominations, ouverture des médias privés fermés arbitrairement etc.) et formule des propositions.

Pour le Rassemblement, il revient à la communauté internationale de faire la "synthèse" des deux feuilles de route. «Comme ils ont leur feuille de route, nous aussi nous avons amené notre feuille de route", a déclaré Jean-Pierre Lisanga Bonganga vendredi à radio Okapi. Selon lui, la synthèse de ces deux documents pourrait faciliter la tenue du "vrai dialogue".

On rappelle que lors de la cérémonie inaugurale, jeudi, plusieurs intervenants avaient regretté l’absence des membres des ténors du Rassemblement, du G7 et de la Dynamique de l’opposition. C’est le cas notamment d’Edem Kodjo. Désigné co-modérateur et chef de délégation de la composante "opposition", Vital Kamerhe, président de l’Union pour la Nation Congolaise, a offert ses bons offices pour aller convaincre ses "anciens amis". "C’est une mission impossible, commente un opposant. Kamerhe s’est proposé pour accomplir cette démarche tout en sachant qu’il ne sera pas reçu par Tshisekedi et ses alliés du G7 qui le regardent désormais avec suspicion".

Une "cohabitation" "Kabila"-Tshisekedi?

Un analyste qui a requis l’anonymat donne sa lecture de la situation. "Pour le clan Kabila, dit-il, c’est une course contre la montre étant donné que la légitimité de l’actuel chef de l’Etat sera contestée au lendemain du 19 décembre prochain".

Selon notre interlocuteur, la majorité présidentielle est prête à partager le pouvoir dans le cadre d’un "gouvernement de large union nationale" dont la mission consistera à organiser les élections. Le problème résiderait au niveau de l’intransigeance du Rassemblement. "Cette coalition, argumente-t-il, refuse l’idée d’un gouvernement transition avec Joseph Kabila à la tête du pays alors qu’il a bloqué délibérément le processus électoral. Pour Tshisekedi et ses alliés une telle hypothèse serait assimilable à une prime au glissement".

Notre expert de poursuivre : "Pour la communauté internationale, Joseph Kabila devrait, dès le 19 décembre, remettre la charge de chef de l’Etat au Président du Sénat. A charge pour Léon Kengo d’organiser les élections dans un délai maximum de 90 jours. La majorité n’entend en aucun cas laisser Lobitsh jouer ce rôle. Au motif qu’il serait ingérable".

A en croire notre analyste, les "services" auraient été mis au parfum du "scénario Kengo" par certains diplomates en poste à Kinshasa. "Le Président du sénat est dans le collimateur de Kalev Mutondo et ses hommes qui le considèrent désormais comme une cible". Et d’ajouter : "La décision du parti de Léon Kengo de se retirer du dialogue du fait de l’absence d’inclusivité ne pourrait qu’aggraver le désamour des ’services’ à son égard".

On n’apprenait vendredi soir que la très nébuleuse "communauté internationale" ne désespère pas d’emmener Etienne Tshisekedi, le G7 et les membres de la "Dynamique" à la Cité de l’Union Africaine. Une source jointe au téléphone dans la soirée de vendredi à Kinshasa lance une hypothèse pour le moins folle : "En cas d’extrême difficulté à forcer Kabila à abandonner le pouvoir le 19 décembre, certains membres de la communauté internationale envisageraient déjà l’hypothèse d’une cohabitation Kabila-Tshisekedi dans un gouvernement d’union nationale. Les deux camps pourraient ainsi se surveiller pour faire triompher des élections crédibles et transparentes dans une ambiance apaisée".

Baudouin Amba Wetshi
Congoindépendant


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