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*Les Congolais sont à la recherche de l’amélioration de leurs conditions de vie depuis qu’ils ont pris conscience que l’indépendance nominale obtenue, le 30 juin 1960, n’était qu’une illusion, un leurre, si une véritable modification qualitative de la réalité matérielle ne venait accompagner la liberté conquise.

Cette vérité a été répétée par tous ceux qui ont eu à diriger ce pays, Kasa-Vubu, Patrice-Emery Lumumba, Mobutu, Mzee Laurent-Désiré Kabila et, aujourd’hui, Joseph Kabila. Chacun, à sa manière, est constamment revenu sur ce constat. Il est vrai que tous n’ont pas contribué de la même manière à la concrétisation de cette volonté.

Force est donc de constater qu’au niveau de la pensée politique congolaise, le lien entre la liberté et les efforts pour l’amélioration des conditions sociales apparaît comme une donne constante, permanente et inévitable. L’un ne va pas sans l’autre. On peut même affirmer, sans risque d’être contredit, que l’un détermine l’autre et vice versa. C’est lorsque ces deux éléments se conjuguent que s’opère une synthèse pertinente de la modification qualitative de la vie envisagée.

Quid alors de la pratique ?

Bien sûr que la concrétisation de la liberté exige un combat politique. Mais, peut-on croire et accepter que le combat politique qui vise à améliorer les conditions de vie s’attaque à cette même liberté et notamment, à la liberté de travail ?

C’est ce paradoxe que pratique le « Rassemblement », né à Genval, à Bruxelles, sur les terres de ceux qui avaient conquis, maltraité et privé nos pères des libertés les plus élémentaires, pour sa conquête du pouvoir en République Démocratique du Congo.

La stratégie du « Rassemblement » est limpide. Pour Monsieur Etienne Tshisekedi et ses amis, il faut détruire l’économie, sacrifier quelques victimes humaines, paralyser le pays et ameuter leurs complices étrangers pour, enfin, prendre le pouvoir.

A l’évidence, la démocratie, le dialogue n’intéressent guère ceux qui sont décidés à mettre Kinshasa à feu et à sang.

La mise en œuvre de cette stratégie a été vécue ce lundi 19 septembre 2016. En fait, les événements, disons plus exactement, les brutalités de l’UDPS ont démarré, dès le samedi 17 septembre par la pose provocatrice des barricades sur le Boulevard Lumumba. Il s’agissait, semble-t-il, de ralentir la circulation automobile pour faciliter la distribution des tracts appelant à la manifestation du lundi et à aller transmettre un mémo à la CENI. Or, dès la nuit de dimanche, des groupes des malfaiteurs ont attaqué et brûlé des bus Transco commis au transport public des Kinois. Alors que les radios périphériques, à l’instar de RFI, persistaient à présenter la manifestation comme pacifique, dès les premières heures de la journée de lundi 19 septembre, les observateurs ont remarqué que la technique mise en place par le « Rassemblement » était d’empêcher les Kinois de sortir de leurs habitations et de se diriger vers le lieu de leurs activités habituelles. Des voyous, très menaçants, étaient placés aux carrefours les plus usités par la population kinoise et des paisibles automobilistes étaient sommés de faire demi-tour sous peine de voir leurs véhicules brûlés. Des taximen, tout comme des taxis-motos, ont été tabassés. A 9h30 de ce lundi, on comptait deux voitures calcinées appartenant à des privés. Ceci simplement, parce que leurs propriétaires voulaient exercer la liberté fondamentale de mouvement que leur garantit, pourtant, la Constitution.

Le Parquet Général de Matete a été brûlé, le siège du parti politique « Congrès National Congolais » a subi le même sort, tout comme le bureau de la Ligue des Jeunes du PPRD et celui de l’interfédéral du même parti. Le RCD a subi une attaque de même nature. Une agence de la Raw Bank a été pillée. La station-service de N’Djili, Quartier 7, a été saccagée. Où réside la politique dans tout ça ?

Nos démocrates, partisans du progrès de la nation, ont mis à feu l’école « Madame de Sévigné » de Bandal. Le monument de Patrice-Emery Lumumba à Limete a été profané. Ces gens éprouvent-t-ils du respect pour qui et pour quoi que ce soit ?

Nos démocrates, pourtant, partisans de la liberté d’expression et du droit de tout homme de s’organiser selon son propre vouloir, se sont attaqués à la résidence de leur ancien Secrétaire Général, Monsieur Bruno Mavungu. Nous avons là, un échantillon de la démocratie que l’UDPS nous prépare.

A de nombreux points de la ville, des commandos, sous la houlette du « Rassemblement », se sont mis à caillasser les forces de l’ordre, alors qu’elles sont venues encadrer la manifestation annoncée comme pacifique et autorisée par André Kimbuta, le Gouverneur de la Ville-Province de Kinshasa. La tactique utilisée pour attaquer les policiers montre visiblement qu’elle est destinée à faire couler le sang. Des policiers auraient perdu la vie au quartier De bonhomme, dans la Commune de Matete. Les « libérateurs » espèrent ainsi que le sang des innocents fera que l’étranger intervienne pour leur offrir le pouvoir. Pouvoir qu’ils auront pris dans l’ignorance du respect du droit de manifester et, surtout, de la liberté de mouvement des autres.

La seconde tactique utilisée consiste à s’attaquer aux commerces et autres entreprises. L’objectif manifeste de ces pillages planifiés est de briser l’élan de progression de l’économie congolaise, en se basant sur les méthodes qui avaient appauvri la population kinoise pendant les années 1991, 1993. Le « Rassemblement » espère donc, par la paupérisation du peuple, le conduire à la révolte.

Pensons au pillage emblématique de General Motors. Aujourd’hui encore, leur vieille nouvelle recette, née des cendres de ce pillage de Masina, a été perpétrée en face de la même commune, précisément à N’djili, où des pilleurs dissimulés en militants politiques se sont attaqués aux outils de production qui, pourtant, procurent du travail à leurs semblables.

Les responsables du « Rassemblement » savent-t-ils qu’il est possible d’exprimer une position politique sans forcément démolir les biens d’autrui ou décourager ceux qui veulent contribuer un tant soit peu à l’avancement de notre pays ? Quelle relation y a-t-il, en effet, entre l’intention proclamée d’aller déposer un mémorandum à la CENI et le pillage prémédité à N’djili et ailleurs ? Pourront-ils s’attendre à nouveau à ce que l’Hôtel de ville leur délivre, sous des prétextes fallacieux dont ils sont devenus, désormais, coutumiers, une autorisation de manifester et de se livrer à des actes de violence aveugle ? La liberté de manifestation garantie par la Constitution n’autorise pas de s’attaquer aux biens publics, ni à ceux d’autrui. De quel droit divin, enfin, à défaut du droit congolais, une frange de la population se réclamerait-t-elle pour en assujettir une autre, sous le prétexte de vouloir satisfaire la tenue formelle d’un délai qu’elle a, elle-même, constamment torpillé ?

Le but de la liberté n’est pas de détruire, mais justement de permettre l’amélioration des conditions de vie. Moralité : on n’améliore rien, on ne construit rien par la destruction, la mise à mort d’autrui et le pillage des entreprises qui nourrissent la population.

Dans les conditions politiques actuelles, le lieu de la construction, de la démocratie et de l’amélioration de la vie matérielle des Congolais se trouve au Dialogue et nulle part ailleurs.

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