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19 ans après sa mort, que reste-il de l’héritage politique, économique et social de cet homme qui a régné sans partage sur la RDC pendant 32 ans ? Beaucoup des choses peut-être, mais le bilan est discutable selon le camp où l’on se trouve. On rappelle que celui qui a marqué l’histoire de ce pays est mort en exil au Maroc le 7 septembre 1997, après avoir échappé à ses bourreaux un certain 17 mai 1997, avant de s’enfuir tout d’abord au Togo où régnait l’un de ses amis, à savoir un certain Gnassingbé Eyadema, père de l’actuel chef d’Etat togolais. Après quelques jours, il choisit le Maroc dirigé de mains de maître par un autre ami de longue date, à savoir le Roi Hassan II, père de l’actuel monarque de ce royaume situé au bord de la Mer Méditerranée. C’est là où, terrassé par une longue maladie, le vieux maréchal va rendre l’âme, entouré par certains membres de sa famille biologique et quelques fidèles dont certains sont encore en vie.
Certes, le règne du maréchal Mobutu avait enregistré des progrès indéniables dans bon nombre des secteurs de la vie nationale. Les principales villes et localités du pays avaient connu des avancées notables, notamment dans le domaine de la construction des routes locales et nationales, des voies ferroviaires et la naissance d’une société aérienne performante, d’une société maritime internationale dont les navires voguaient sur tous les océans. Le Congo fut le premier pays africain au sud du Sahara à bénéficier d’un matelas en devises étrangères fortes, ce qui fera de sa monnaie nationale, le Zaïre, l’une des plus stables sur le continent. Un Zaïre valait deux dollars américains. Kinshasa ainsi que d’autres villes du pays étaient devenues des lieux de tourisme, des manifestations sportives attirant des sommités internationales les plus en vue dans les années 70 et 80 ainsi que des rencontres politiques de renommée internationale. C’est en RDC et particulièrement à Kinshasa que fut organisé en 1974 le combat du siècle de boxe entre Foreman et Muhammad Ali. Des spectacles de musique furent organisés par des vedettes noires américaines, dont feu James Brown, Aretha Franklin, les européens comme Johnny Halliday, Claude François, Sylvie Vartan, Adamo Salvatore, etc.
Ne pas se réfugier derrière l’échec de Mobutu
La chute du régime ne devrait pas servir de refuge pour les dirigeants actuels. Car 19 ans représentent une période de temps qui aurait pu booster des progrès visibles dans divers domaines de la vie nationale. 19 ans correspondent à quatre mandats présidentiels aux Etats-Unis, trois et demi en France et autant ailleurs. C’est la vie d’un homme qui atteint le niveau d’entrée à l’université.
Or, le régime actuel a bénéficié des appuis forts dans tous les domaines de la vie publique, particulièrement ceux lui légués par les quatre grandes puissances occidentales qui ont financé cette guerre dite de l’AFDL qui a vu le pays occupé par des armées régulières des quatre Etats africains, notamment le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi et l’Angola. Sans oublier les soutiens diplomatiques de quatre membres du conseil de sécurité des Nations-Unies.
Le régime en place a bénéficié aussi de l’effacement de la dette extérieure à l’instar du Plan Marshall qui sauva les Etats européens à la sortie de la deuxième guerre mondiale. Malgré cela, le pays a sombré dans la mégestion avec la chute des entreprises commerciales de pointe, telle la MIBA, la Gécamines, la CMDC, la RVF, la RVA, LACS, la Siderurgie de Maluku, Okimo, etc. Le plus cocasse, c’est la Miba qui a financé l’effort de guerre, mais hélas ; le régime en place n’a pas remonté l’ascenseur et cette entreprise qui faisait la fierté du pays a sombré sans émouvoir le moins du monde des dirigeants actuels.
La production intérieure est devenue nulle car le régime actuel refuse de payer la dette intérieure. Il lui arrive de décourager certains entrepreneurs locaux au bénéfice de certains expatriés qui ne sont en fait que des prête-noms de certains dignitaires bien connus. Le chômage bat son plein, atteignant le niveau de 80 % des demandeurs d’emplois, de sorte que, pour survivre, 97 % des finalistes des universités et instituts supérieurs se réfugient dans des métiers des cambistes ou des vendeurs des cartes de téléphonie cellulaire, des balayeurs des rues et autres ouvriers agricoles ou chauffeurs des taxis motos.
Aucun investissement privé de poids n’est enregistré alors que le niveau des richesses que devraient générer les entreprises privées fait pâlir de colère et de honte certains partenaires extérieurs tentés par l’aventure économique et commerciale en RDC. Ceux des partenaires qui se présentent au portillon de la RDC sont vite découragés par des mesures et autres menaces leurs proférées par certains dignitaires du régime. Des sites miniers et pétroliers sont distribués à des dignitaires sous couvert des étrangers jouant le rôle de prête-nom. Que des chantiers ouverts mais abandonnés car confiés à des firmes ne bénéficiant d’aucune expertise notoire sur le marché extérieur ? Des fortunes colossales se réalisent sous nos yeux par des membres des familles des dignitaires. Du jour au lendemain, le pays compte des milliardaires ayant bénéficié des libéralités à travers certains investissements qui devraient être confiés à des véritables entrepreneurs ayant fait preuve d’expertise. Bref, le pays est abandonné à son triste sort comme cela n’a jamais été sous le régime de feu Mobutu. Comme quoi, d’aucuns regrettent Mobutu alors que lui aussi détient une grande responsabilité dans la débâcle de ce pays pourtant béni des dieux. Nation tout de même unifiée et purifiée sous Mobutu, la RDC baigne depuis 19 ans dans une insécurité récurrente, surtout dans sa partie Est, et plusieurs de ses contrées se trouvent sous le contrôle des groupes armés nationaux et étrangers, consacrant une partition territoriale qui ne dit pas son nom. Au plan politique, la bipolarisation des forces politiques et sociales fait peser sur le pays le risque d’implosion. A la différence d’ex-Zaïrois unis sous Mobutu, les Congolais d’aujourd’hui vivent dans la division, avec le risque de voir s’aggraver le tribalisme à la faveur de l’éclatent du pays en 26 provincettes.


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