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Thomas Perriello, Envoyé spécial des Etats-Unis d’Amérique dans les Grands Lacs, a animé dernièrement une conférence de presse dès son retour dans son pays. Au cours de celle-ci, il s’est longuement appesanti sur la situation politique qui prévaut en RDC. S’agissant de la crise politique, il l’impute essentiellement au flou qui entoure la fin du second et dernier mandat présidentiel. A son avis, il suffirait que le Chef de l’Etat assure toute la classe politique qu’il ne va pas briguer un troisième mandat pour que la tension ambiante retombe.



En ce qui concerne la situation en République Démocratique du Congo nous sommes, bien entendu, extrêmement tristes d’apprendre les pertes de vies qui ont été causées. Nous condamnons la violence de quelque camp qu’elle provienne.



Nous continuons à recevoir des rapports, y compris des rapports très inquiétants sur non seulement le niveau des pertes en vies humaines, mais aussi sur le fait que des chefs de l’opposition et des maisons ont été spécifiquement ciblés. Nous allons continuer à suivre cette situation de près et exigerons un compte-rendu complet des faits. Nous avons clairement souligné avant ces événements que nous tiendrions toutes les parties concernées responsables dés actions qui ont été menées et avons noté que, il y a seulement quelques semaines de cela, la police et les manifestants avaient démontré leur capacité de s’organiser pacifiquement au cours des grandes manifestations organisées en l’honneur du retour du Président Tshisekedi.



Nous sommes encore plus tristes à l’égard des événements tragiques de ces derniers jours sachant que cette crise était entièrement évitable. Si le gouvernement avait rempli son devoir constitutionnel d’avancer concernant Is planification d’élections dont la tenue est clairement exigée par la constitution, nous ne ferions pas face à cette crise aujourd’hui. De plus, si le gouvernement avait été capable de former un consensus populaire sur une voie à suivre consensuelle, nous aurions été capables de prévenir le type d’affrontements dont nous avons été témoins hier et auquel nous continuons d’assister aujourd’hui. Bon nombre de gens au sein de la communauté internationale, moi y compris, étions là la semaine dernière dans l’espoir de pouvoir réunir les parties prenantes. Malheureusement, aucune mesure simple n’a été prise pour amener plus de leaders de l’opposition et d’organisations de la société civile au dialogue ou pour trouver une solution raisonnable.



Toutefois, nous continuons de croire qu’il est important que toutes les parties concernées se démarquent de l’escalade de violence à laquelle nous assistons et prennent aussi du recul concernant l’escalade observée dans les diatribes. Nous avons entendu au cours des dernières semaines le mot «insurrection » prononcé par le gouvernement et l’expression « haute trahison» utilisée par l’opposition. Ce genre de choses n’est pas à même de réunir les partis, en vue d’une solution commune.



Comme diverses sources l’ont rapporté, j’ai été l’objet d’un incident à l’aéroport à Kinshasa. C’est un incident diplomatique que nous prenons vraiment au sérieux. Mais il nous a aussi donné un aperçu du genre de tactiques qui ont pu être utilisées hier. Si c’est ce qu’ils sont disposés à faire à un diplomate sur le tarmac d’un aéroport, ce n’était, je le répète encore, pas une démarche positive, et nous l’avons fait clairement savoir au gouvernement. J’apprécie le fait que certains hauts responsables du gouvernement m’ont fait part de leurs regrets touchant cet incident.

Ce qui est important maintenant est que nous nous démarquions de ce qui pourrait devenir un cycle d’escalade de la violence et que nous créions un espace pour résoudre ces choses par l’entremise d’un dialogue inclusif. Les prochaines 24 heures et les heures suivantes sont extrêmement importantes à cet égard. Par conséquent, les Etats-Unis continueront d’examiner toutes leurs options politiques pour rendre cela possible.



La dernière chose que je vais souligner avant dé passer aux questions est que nous avons, malheureusement, constaté dans d’autres pays dans la région que ces schémas peuvent s’intensifier rapidement, en particulier quand un gouvernement limite la capacité de ses citoyens à manifester, légitimement et à exprimer leur désaccord. Ceci augmente la probabilité de voir les événements se dérouler en dehors de la loi. La RDC avait, franchement, été un modèle jusque-là, méritant d’être félicitée au cours des dernières années pour son ouverture, en ce qui concerne la société civile et les médias pour sa volonté de permettre le fonctionnement de partis de l’opposition et l’expression de points de vue contraires dans les medias, et je pense que Président Kabila a un bon bilan à cet égard. Malheureusement, la tendance observée au cours de l’année dernière a consisté à réduire considérablement l’espace politique, et nous comprenons que cet état de fait contribue à créer le genre de pression qui donne lieu à ce genre de situations.



Ainsi, il reste encore assez de temps pour que tout le monde revienne et trouve un moyen de négocier une solution. Le gouvernement des Etats-Unis soutient le dialogue facilité par Edem Kodjo et l’Union Africaine.

Nous avons encouragé tout le monde à participer au dialogue.

Nous n’avons pas réussi à convaincre certains des leaders de l’opposition les plus importants à participer, mais nous apprécions le risque politique pris par ceux qui ont choisi de prendre part à un dialogue qu’un grand nombre de Congolais estime être controversé. Nous apprécions le rôle que l’Eglise Catholique a joué en intervenant pour trouver une voie à suivre consensuelle.

Nous continuons de croire que le dialogue est la meilleure option possible, et nous continuerons de fournir des efforts afin d’assurer qu’il représente la société congolaise de la manière la plus inclusive qui soit.



Comme je l’ai dit précédemment, je pense que, les Etats-Unis souhaitent voir les élections se tenir dès que techniquement possible. Les experts techniques ont affirmé, plusieurs fois qu’il est possible de les organiser en 2017. Mais, c’est aussi important pour nous d’être conscients du fait que le souverain primaire, en l’occurrence le peuple Congolais, a son mot à dire à ce sujet.

Les Etats-Unis ont été indubitablement très clairs touchant leur volonté d’imposer davantage de sanctions économiques à l’encontre des personnes qui commettent des violences, violent les droits de l’homme ou bloquent le processus démocratique.



Je crois que si, à n’importe quel moment l’année dernière, le Président Kabila, qui est en définitive l’homme le plus puissant du pays; un homme qui a aidé son pays à sortir de la guerre et à retrouver la paix, et qui a aidé à donner corps à la constitution; un homme dont la famille est associée à la création de l’Etat moderne congolais et qui doit être félicitée pour cela si, disais-je, à n’importe quel moment l’an passé, il avait dit « j’ai l’intention de permettre la tenue des élections à l’issue desquelles je remettrai le pouvoir à mon successeur», cela nous aurait immédiatement conduit à une solution. Il a encore l’occasion d’adopter une telle position.

lephare


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