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Les premiers Juifs du Congo arrivent vers 1904-1906, en provenance d’Afrique du Sud. Ils s’établissent à Élisabethville (de nos jours Lubumbashi), la capitale du Katanga, riche province minière du Congo.


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L’histoire des Juifs en République démocratique du Congo date du temps de la colonisation belge dans ce qui était alors appelé le Congo belge. Les premiers Juifs qui s’y installent sont des Ashkénazes venus d’Afrique australe. Ils sont suivis par des Juifs de Rhodes qui, mettant à profit le développement des moyens de communications modernes à partir des années 1930, vont établir de nombreux magasins en brousse. La communauté principale reste longtemps établie à Élisabethville (Lubumbashi), dans le Katanga, où est fondée la première synagogue. Une communauté a aussi existé à Luluabourg (Kananga), dans le Kasaï. On compte jusqu’à 3 000 Juifs dans la colonie. Après l’indépendance de 1960, et surtout à partir des années 1970, la situation économique et sécuritaire se détériore progressivement au Congo. La communauté de Kinshasa, la capitale, est alors la dernière à se maintenir. On y compte environ 200 Juifs au XXIe siècle.

Localisation des trois communautés historiques des Juifs du Congo


Les premiers Juifs du Congo arrivent vers 1904-1906, en provenance d’Afrique du Sud. Ils s’établissent à Élisabethville (de nos jours Lubumbashi), la capitale du Katanga, riche province minière du Congo. Ce sont des Ashkénazes originaires de Pologne, de Lituanie, de Roumanie ou de Russie. L’un d’eux, Benjamin Granat, arrivé jusque-là dans un chariot à bœufs se lance dans l’élevage de bétail et finit par fonder une boucherie. Un autre Juif lance la première imprimerie du Katanga et édite son propre journal, L’Étoile du Congo. La « Congrégation israélite du Katanga » est fondée en 1909, ses membres acquièrent alors un petit local de 50 m² qu’ils transforment en oratoire. Le premier Juif de Rhodes à s’installer au Katanga est Salomon Benatar. Parti clandestinement à 12 où 14 ans sur un bateau en partance pour l’Égypte, où il vit un temps de petit commerce, il s’embarque ensuite, toujours clandestinement pour le Mozambique attiré par les richesses du continent africain. Arrivé au port de Beira, il y monte le premier magasin pour Européens. Plus tard, il s’installe en Rhodésie. De là, il rejoint à pied en 1904, à la tête d’une petite troupe armée, le Katanga où Élisabethville vient d’être fondée. Il y installe un magasin, et fait venir des membres de la communauté de Rhodes.

Émigration des Juifs de Rhodes


Dans les années 1920, la construction d’un réseau ferré au Katanga permet de désenclaver la région. C’est à cette époque que des Juifs de Rhodes, alors colonie italienne, s’installent au Congo en raison de difficultés économiques sur leur île natale. À mesure que le réseau ferré s’étend, ils installent des comptoirs le long de son parcours. Les Congolais leur vendent des produits agricoles : huile de palme, coton, maïs, manioc, arachide, et les Juifs leur fournissent des produits manufacturés, casseroles, allumettes, savons etc. Après avoir acquis de cette manière un capital, certains Juifs retournent à Élisabethville, où ils fondent des magasins et des industries (usines textiles, minoteries) Ils jouent ainsi un rôle important dans le développement économique de la région.

La crise économique de 1929 touche durement le Congo belge et pousse les Juifs ashkénazes de la colonie à émigrer en Afrique du Sud, en Rhodésie du Sud et Rhodésie du Nord (actuels Zimbabwe et Zambie). Dès lors, la communauté juive du Congo est majoritairement composée de Sépharades. À Élisabethville, les membres de la communauté acquièrent un terrain où ils édifient une synagogue qui se dresse toujours de nos jours au centre de la ville. Ils font venir un rabbin de Rhodes, Moïse Levy. Celui-ci sert pendant 53 ans la communauté juive, devenant en 1953 le grand rabbin du Congo.

Évolution des communautés


La communauté juive congolaise compte à son apogée quelque 3 000 membres. Ils sont répartis entre Élisabethville, Léopoldville (Kinshasa) et Luluabourg (Kananga).

La communauté d’Élisabethville est historiquement la communauté la plus structurée : elle compte à elle seule 2 200 membres jusqu’en 1967. Cependant, les troubles de l’indépendance (sécession katangaise) et la zaïrianisation, lancée en 1973 par le président Mobutu, qui aboutit à l’expropriation des biens des expatriés et à une crise économique majeure vident la communauté. Celle-ci cesse d’exister après les troubles de 1991-1993 et les pillages qui s’ensuivent.

Des Juifs de Rhodes qui sillonnent le Kasaï pour leurs activités commerciales fondent dans les années 1930 une petite communauté à Luluabourg (Kananga), une localité née de l’arrivée du train. On y compte 300 Juifs jusqu’en 1967. En 1975, la communauté disparaît.

La communauté de Kinshasa, ancienne Léopoldville, capitale du Congo, est la seule qui subsiste de nos jours. La ville compte 400 Juifs en 1960, date à laquelle la communauté est officiellement fondée. En raison de l’instabilité des provinces orientales, des Juifs du Katanga viennent s’y installer, si bien que la communauté compte 750 membres en 1985. En 1977, la communauté engage son premier rabbin, Armand Torjman. La seconde synagogue du Congo y est construite en 1987, sur un terrain cédé par le président Mobutu à la communauté. Après les pillages de 1991-1993, on ne compte plus que 200 Juifs au Congo, regroupés dans la capitale. Le pays compte un seul rabbin, Shlomo Bentolila du mouvement Loubavitch, sur place depuis 1992.

Plusieurs enfants naturels de Juifs du Congo ont joué un rôle important dans l’histoire congolaise. Ainsi, l’ancien chef du gouvernement et président du sénat Kengo wa Dondo (né Léon Lubicz) a pour père un médecin juif polonais.

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Moïse Katumbi Chapwe, ancien gouverneur du Katanga, est quant à lui le fils d’un juif de Rhodes.


INDÉPENDANCE : LES JUIFS DU CONGO SE SOUVIENNENT

 


Pendant la période coloniale, la petite communauté juive occupe une place à part. A la fois lucides et nostalgiques, les Juifs du Congo assument leur passé sans détour.


 








Les premiers juifs, à l’exception de ceux qui évoluaient autour du roi Léopold II à la fin du 19ème siècle, sont arrivés au Congo vers 1904/1906, il y a une centaine d’années, et plus exactement à Elisabethville, en venant de l’Afrique du sud. Il s’agissait, pour la plupart, de juifs Ashkenazes, originaires de l’Europe centrale, de Russie, de Pologne, de Lituanie, de Roumanie, mais aussi de ….Palestine. Parmi eux, un certain Barnet Smith arriva à Elisabethville dans une charrette tirée par des bœufs. Et il se mit à élever du bétail pour finalement fonder la fameuse boucherie Elakat. C’est aussi un juif qui créa, en 1908, la première imprimerie du Katanga ainsi que son journal « l’Etoile du Congo ».​

La « Congrégation israélite du Katanga » fut créée en 1909, à Elisabethville, et reçut sa personnalité civile en 1911. A cette époque, son Comité acheta deux magasins contigus et abattit leur mur mitoyen, obtenant ainsi une surface de 50 mètres carrés où il installa son premier oratoire. Après la 1ère guerre mondiale, vers 1923, fut entreprise la construction du chemin de fer qui allait desservir l’intérieur du pays. Il y avait déjà quelques dizaines de juifs installés à Elisabethville, mais aussi dans de petits centres du Katanga et du Kasaï. Les nouveaux venus étaient des Sépharades (juifs orientaux) provenant de l’Ile de Rhodes. Au fur et à mesure de la construction du chemin de fer, ils ouvraient des comptoirs dans tous les centres commerciaux, même reculés. Les Congolais avaient, entre-temps, développé leurs cultures et venaient leur vendre leurs récoltes : huile de palme, manioc, arachide, coton, maïs,….On trouvait aussi dans ces boutiques des articles au succès universel tels que pagnes, miroirs, casseroles, allumettes, savons, bougies, pantalons, chemises, bicyclettes….qu’ils achetaient à crédit chez de plus grands commerçants installés à Elisabethville (Lubumbashi) ou à Luluabourg (Kananga), et plus tard, à Léopoldville (Kinshasa). Au bout de quelques années, certains de ces commerçants, devenus plus importants, installèrent leurs magasins à Elisabethville.

Au sein de la Communauté juive du Congo, principalement celle d’Elisabethville, passage presqu’obligé avant de s’installer au Congo, certains ont exercé une carrière commerciale et/ou industrielle importante. Quelques personnalités se sont distinguées et ont fait de la Communauté israélite ce qu’elle est devenue ; en voici quelques exemples : Maurice Alhadeff (arrivé en 1911) ouvrira la boutique Rodina, Solomon Benatar (en 1912) ouvrira Solbena et fera venir ses quatre fils de Paris pour l’encadrer, Ruben Amato (en 1920) fera venir par la suite ses frères Benjamin et Béni, et ils ouvriront Amato frères, Nelson Hazan (en 1926) fera venir son frère Léon et ils créeront d’abord l’alimentation en gros Hazan Frères et puis Soco, Simon Israël (en 1928) fera également venir ses frères Josué et Jacques pour ouvrir Simis « partout au Congo », Isidore Levy (en 1929) ouvrira plus tard Piesauto qui existe toujours à Kinshasa, Léon Hasson (en 1936) fera venir son frère Asher et ils ouvriront Léon Hasson & frère qui est toujours opérationnel à Kinshasa, …. Evidemment, cette liste est loin d’être exhaustive. Tant d’autres noms ont fait l’histoire des Juifs du Congo : Alhadeff, Almeleh, Angel, Avzaradel, Blattner, Cadranel, Capelluto, Codron, Cohen, Fernandes, Franco, Galante, Habib, Hanan, Hougnou, Mallel, Menache, Mergian, Mizrahi, Notrica, Piha, Soriano, Semaria, Sidis, Surmani, Tarica,….  



Les privations étaient le lot de ces jeunes pionniers, menacés par la malaria. Ils étaient privés de tout confort, d’électricité, de tout moyen de se distraire (journaux, cinémas, radio,…). Mais, leurs affaires prospéraient, et comme ils s’imposaient de grands sacrifices, ils faisaient des économies et, donc, ouvraient de nouveaux magasins dans d’autres centres. D’une certaine façon, ils participèrent au développement du Congo belge qui est devenu une des plus florissantes colonies d’Afrique.

La grande crise économique mondiale, qui dura de 1929 à 1936, allait changer les données du problème. Plusieurs faillites vinrent jeter une ombre sur la prospérité du Katanga ; de nombreux juifs ashkenazes, fortement endettés, mirent la clé sous la porte et émigrèrent en Afrique du sud ou en Rhodésie (actuellement Zambie & Zimbabwe). Les sépharades, qui n’avaient aucune envie de retourner à Rhodes, prirent la relève, non sans difficulté.

Désormais, les sépharades étaient majoritaires et la Congrégation allait prendre un nouveau visage. Suffisamment « requinquée », elle reçoit gracieusement un terrain des autorités belges et construit l’actuelle synagogue en centre d’Elisabethville. Il fallait maintenant chercher un nouveau rabbin. Ainsi, le destin du rabbin Moïse Levy, issu du Collège rabbinique de Rhodes, croisa celui des Juifs du Congo. Il a servi cette communauté durant plus de 50 ans avec une grande rigueur morale, tolérance et dévouement. Il est devenu Grand rabbin du Congo en 1953.

Les commerçants juifs ont contribué à l’émancipation des « indigènes », en les initiant aux produits manufacturés. Ainsi, les boutiques « Au Chic » du Groupe Hasson et « La Coupole » d’Henri Palacci, ouverts, à Léopoldville, vers 1946, vendent à tous et refusent toute forme de discrimination raciale. Leurs rapports quotidiens avec les colonisés distinguaient les Juifs des autres Blancs. Et lors des évènements tragiques de 1960, aucun Juif ne fut molesté par la foule en colère.

Entre 1940 et 1980, il existait 3 communautés juives au Congo qui regroupaient, selon les périodes, plus ou moins 3000 personnes de confession juive, bien sûr, mais représentant plusieurs nationalités. La plus grande communauté, et la plus dynamique, était celle d’Elisabethville/Lubumbashi (2200 membres jusqu’en 1967 ; moins de 1000 après la zaïrianisation de 1973/74 ; moins de 100 après les pillages de 1991/1993). Elle était fort bien structurée (l’Union de la Jeunesse Juive, la Wizo ou Association des dames, les scouts Habonim, l’Organisation Sioniste, l’Association culturelle et sportive Maccabi) ; il y avait aussi celle de Léopoldville/Kinshasa (400 membres jusqu’en 1960 ; 750 en 1980 ; 200 après les pillages de 1991/1993) et celle de Luluabourg/Kananga (300 jusqu’en 1967 ; plus personne depuis 1975).

Selon les principes de l’ « authenticité » prônée par le président Mobutu, la dénomination de la Communauté Israélite de Léopoldville changea, en 1972, pour devenir, par l’Ordonnance présidentielle n° 72/193, la Communauté israélite de Kinshasa. C’est en 1987 que la deuxième synagogue du Congo – Beit Yaacov – fut construite à Kinshasa. Depuis 1985, la compétence du président et du comité de Kinshasa est nationale, et s’exerce donc sur la Congrégation israélite du Katanga, désormais dissoute. Le 3 mars 2008, l’Assemblée générale de la Communauté israélite de Kinshasa a décidé de changer son nom : ce sera désormais la « Communauté israélite de la R.D.Congo ».

Les Juifs du Congo ont toujours entretenu d’excellentes relations avec les autorités coloniales et avec les autorités congolaises. Malheureusement, le premier exode des Juifs a eu lieu en 1960/62 avec les troubles qui suivent la proclamation de l’indépendance et la sécession katangaise ; beaucoup fuient le Congo ou s’établissent à Léopoldville, où se développe la Communauté juive de la capitale. Le second exode a lieu en 1973/74 après la fameuse «zaïrianisation » ; le coup le plus important est arrivé en 1991/93 avec les pillages de triste mémoire. Aujourd’hui, il n’y a plus de communauté juive à Kananga, il y a une quinzaine de  juifs à Lubumbashi, et une communauté d’environ 200 personnes à Kinshasa ; malgré cela, ses membres évoluent dans pratiquement tous les secteurs de la vie économique nationale : industries, banques, transports aérien, fluvial & routier, diamants, restaurants, constructions, importations de produits frais et alimentaires, sociétés de gardiennage, importations de pièces de rechange, de papeterie, de meubles, audiovisuel, médical,… Face aux mutations importantes que connaît le Congo, la Communauté israélite de la R.D.C. espère retrouver, dans un proche avenir, son visage d’antan.

Les israélites du Congo, unis par leur religion juive, comme cela l’a été dit plus haut, sont, pour la plupart, des citoyens italiens, belges, israéliens, américains ou français.

Nostalgiques de leur passé, les Juifs du Congo l’assument sans détour. Et ceux d’aujourd’hui sont fiers des bases qui ont été jetées par les Anciens. Associés depuis les débuts de l’entreprise coloniale, les Juifs ont tenu un rôle non négligeable dans l’histoire congolaise du 20ème siècle.​​







Le Grand Rabbin Moïse Lévy avec le roi Léopold III







Les frères Simon, Josué & Jacky Israël du Groupe Simis







Les frères Léon & Asher Hasson ainsi qu’Isaac Hasson du Groupe L. Hasson & frère









Les quatre frères Benatar du Groupe Solbena









Source : jforum.fr, le portail juif francophone 
















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