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En lieu et place de la plénière attendue hier mardi 11 octobre 2016 à la Cité de l’Union Africaine, le Facilitateur Edem Kodjo a plutôt organisé, le même jour à Pullman Hôtel, à Gombe, une énième séance de travail, en « Comité restreint », entre des délégués de la Majorité Présidentielle et de l’Opposition. Selon des échos parvenus aux médias, un consensus a finalement été dégagé en début de soirée.

Assurée de contrôler la Primature, l’Opposition a tout lâché. Conformément aux calculs de la Majorité Présidentielle, elle a cédé sur toute la ligne, ne posant plus la moindre condition pour le statut du Chef de l’Etat après l’expiration de son second et dernier mandat, le 19 décembre 2016, ni sur la date exacte de la tenue couplée des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, ni sur la durée de la Transition, encore moins sur la libération des prisonniers politiques ou la réouverture des médias.

Tous les préalables que brandissaient les pro-Kengo comme les pro-Kamerhe avant leur retour à la Cité de l’Union Africaine pour la signature de l’Accord politique dont des copies leur avaient été distribuées par le Facilitateur Kodjo avant les événements des 19 et 20 septembre 2016 se sont écroulés comme des châteaux de cartes à la faveur de l’appât de la Primature. Les « négociateurs » de la Majorité Présidentielle peuvent à présent se lécher les babines pour avoir réussi, à peu près, à préserver le statut de leur « Autorité morale » selon l’Avis de la Cour Constitutionnelle qui avait décrété, en mai 2016, qu’il devait rester en fonctions jusqu’à l’investiture du nouveau Président élu.
En principe, la signature de l’Accord politique tant attendu par les sociétaires de la famille politique du Chef de l’Etat devrait intervenir incessamment. Des sources proches de la Facilitation avancent même la date de ce mercredi 12 octobre 2016, afin de ne pas trop s’éloigner de celle du mardi 11 octobre ardemment souhaitée par le Chef de l’Etat lors de la réunion de la Majorité Présidentielle, le dimanche 09 octobre dans sa ferme de Kingakati.

A présent, la course à la Primature est ouverte, en interne, entre le camp de Vital Kamerhe, Co-modérateur du Dialogue pour le compte de l’Opposition, et celui de Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat et « Autorité morale » de l’Opposition Républicaine, une plate-forme qui revendique le leadership de l’opposition. Les deux principaux candidats « Premiers ministrables » brandissent des cartes de visite pour estimer pouvoir servir d’interfaces aux Occidentaux foncièrement hostiles au dialogue de la Cité de l’Union Africaine, en raison de son déficit d’inclusivité.
Les férus de la comptabilité notent que le dialogue lancé précipitamment le jeudi 1er septembre 2016 par l’ancien Premier ministre togolais et dont la durée était fixée à quinze jours en est présentement à son 42me jour. Le projet de « glissement » planifié dans ce document, en vue du partage équitable et équilibré, entre la Majorité présidentielle et l’Opposition, des postes ministériels et des dividendes divers liés aux fonctions politiques, peut à présent se matérialiser. L’option d’une transition à durée indéterminée ne fait plus l’ombre du moindre doute, avec tout ce qu’elle pourrait entraîner comme chambardement d’ordre institutionnel actuel à travers un référendum constitutionnel visant le déverrouillage des articles de la Constitution, qui empêchent jusque-là le Chef de l’Etat actuel de briguer un troisième mandat.

Même la Majorité Présidentielle et l’Opposition sont parvenues à se mettre d’accord sur la gestion de la Primature, en laissant le grand flou autour de la date d’organisation jumelée des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, cela va-t-il régler la crise de légitimité au sommet de l’Etat ? Au regard de la tension qui monte dans l’opinion interne, la réponse est négative. Le sentiment d’une énième violation de la Constitution est largement partagé.
D’où, tous les espoirs reposent sur les sommets de Bruxelles (17 octobre 2016) entre pays occidentaux membres de l’Union Européenne, de New York ( 24 octobre) au Conseil de Sécurité et de Luanda ( 26 octobre) entre représentants de la CIRGL (Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs), de l’ONU (Organisation des Nations Unies), de l’UA (Union Africaine) et de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe) pour anticiper sur la situation chaotique qui menace la République Démocratique du Congo. Le pays va tellement mal politiquement et économiquement que ceux qui l’aiment réellement devraient songer à lui éviter un sort peu enviable qui se profile à l’horizon de décembre 2016.
Eric Wemba



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