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En termes très simples et sans fioriture, investir M. Joseph Kabila comme chef de l’État de la transition ou le laisser assumer son propre intérim équivaut – notez bien que je n’utilise pas le conditionnel ici – à gratifier un criminel pris en flagrant délit de vol, du bien qu’il a volé et d’en faire ainsi le nouveau propriétaire légal et légitime au mépris de la loi et de bonnes moeurs. C’est tout simplement indécent, aberrant, immoral et anti-constitutionnel.

La décence humaine exige depuis la nuit des temps dans toutes les sociétés croyantes ou athées, ainsi que toutes les religions du monde qu’un voleur pris au fait soit dépossédé du bien qu’il a volé comme le premier élément majeur de la juste sanction qu’il encourt et restituer ce qui reste encore de ce bien à son vrai propriétaire! Agir autrement relève de l’abomination et verse davantage dans la criminalité qui devient ainsi banalisée avec comme conséquence sociétale immédiate et lointaine: la vaste corruption des moeurs mais surtout le dévergondage public de haut vol dont pâtit déjà la Nation congolaise. Est-ce une fatalité? Non, sinon la majorité des leaders de l’opposition, appâtés par la promesse alléchante de postes juteux à la tête des ministères et des entreprises publiques marcheraient et se jetteraient tous à l’eau comme des moutons de Panurge aux ordres de la majorité présidentielle. Ce qui est loin d’être le cas à ce jour.

Au regard de la caporalisation à outrance des services publics dont particulièrement les cours et tribunaux, et les forces de sécurité, le combat pour le respect de la légalité des actes gouvernementaux est devenu éminemment politique et c’est à eux, les leaders de l’opposition, que nous devons la première ligne de défense de la Constitution, quoique le Peuple congolais en soit le vrai rempart en ce temps trouble et d’incertitudes délibérément manufacturées par le pouvoir en place pour contourner les limites constitutionnelles relatives au nombre et à la durée du mandat présidentiel stipulées au premier alinéa de l’article 70 et verouillées par l’article 220 de la Constitution adoptée par référendum les 18 et 19 décembre 2005, et promulguée le 18 février 2006.

Par le fait du prince, ici M. Joseph Kabila, le scrutin présidentiel n’aura pas lieu avant la fin de son mandat et donc le pays s’achemine allègrement vers une situation inédite et porteuse des germes de troubles publics en l’absence d’un nouveau président élu. C’est un sabotage qui constitue un parjure dans le chef de M. Kabila au regard de l’article 74 de la Constitution qui stipule son serment d’entrée en fonction. Le résultat escompté par M. Kabila est de continuer à diriger le pays sans mandat électif et ainsi contourner les limites imposées par l’alinéa premier de l’article 70 de la Constitution. Une autre violation de la Constitution qui mérite une sanction publique.

Après l’échec de faire retarder indéfiniment le scrutin présidentiel en le subordonnant au recensement général de la population par l’Office National de l’Identification de la Population, ONIP, M. Kabila s’abrite derrière la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI, pour mener sa guérilla anti-constitutionnelle alignant des pseudo-arguments techniques les uns après les autres et oubliant délibérément que la commission est une centrale permanente instituée par l’article 211 de la Constitution et que son bon fonctionnement relève aussi de la responsabilité du gouvernement et en particulier du chef de l’Etat en application de l’article 69 alinéa 3 de la Constitution. Pour le besoin du glissement, la commission, supposée être indépendante, est devenue un appendice servile intégré dans les rouages de propagande du pouvoir. Rien de surprenant que les discours publics de ses instances dirigeantes notamment son président ne soient que des échos cybernétiques des communications de la majorité présidentielle. Allez-y comprendre les 504 jours de bonus à accorder à M. Kabila en plus du temps de l’enrôlement des électeurs dit «refonte totale des fichiers électoraux» dans leur jargon pseudo-technique que sollicite la Ceni auprès dialoguistes de la Cité de l’Union Africaine au Mont Ngaliema. Une supercherie pestilentielle!

Pour conclure, en termes de continuité dans la gestion des affaires de la République que la majorité présidentielle s’emploie à « bananiser », accorder un quelconque bail supplémentaire d’une certaine durée que ce soit à M. Kabila au-delà de son mandat finissant constituera un précédent fâcheux et très dangereux que la Constitution exclut sous forme d’empêchement définitif (article 75) et que la religion, la morale et les bonnes moeurs rejettent sans équivoque. Avec un sénat sans mandat électif depuis février 2012, une table ronde nationale s’impose pour désigner un président en remplacement de M. Kabila pour diriger la transition et mettre sur pied un gouvernement de salut public pour préparer sans petits calculs narcissiques les élections qui s’imposent.

BOUHDAN M’BEMBO, B.Sc., M.A. 7 octobre 2016
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