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3 octobre 2016

S.E., Joseph Kabila
Président
République Démocratique du Congo
Kinshasa

Excellence,

Tout d’abord, je tiens à exprimer mes condoléances les plus attristées, à travers vous, aux familles des citoyens de la RDC qui ont péri dans la violence politique récente à Kinshasa, Kananga et d’autres villes.

Comme vous le savez, moi et d’autres Américains, amis de la RDC, avions suivi les événements politiques dans votre pays avec beaucoup d’intérêt et de contrariété pendant les deux dernières années. Nous craignons que votre pays ne puisse descendre dans la polarisation politique dangereuse.

La question de constitutionnalité est d’une grande importance en ce qui concerne la confiance du peuple dans votre gouvernement qui semble avoir considérablement érodé depuis le début de 2015. La majorité du peuple congolais semble être déçu par la gouvernance au cours de votre deuxième mandat. Les revenus, au-dessus de la moyenne, provenant des exportations de produits de base entre 2007 et 2014, ne semblent pas avoir généré des bénéfices notables pour la population en générale. Les taux de pauvreté n’ont pas diminué en rapport avec la croissance du produit national brut. Le peuple congolais est clairement à la recherche d’un changement politique.

Les blocages bureaucratiques et financiers ont rendu impossible la tenue de la prochaine élection présidentielle au 16 novembre 2016, date requise par la Constitution de la RDC. Lorsque votre second mandat en tant que Président se termine le 20 décembre 2016, vous allez rester au pouvoir, conformément à une décision rendue par la Cour constitutionnelle en vertu de l’article 70 de la Constitution. Cet article stipule que le président sortant demeure en fonction jusqu’à ce que son successeur élu soit assermenté. Comme vous pouvez bien le comprendre, les citoyens sceptiques disent que la décision du tribunal vous fournit une forte incitation pour retarder l’élection aussi longtemps que possible, vous facilitant de ce fait de rester au pouvoir indéfiniment.

Monsieur le Président, votre temps au pouvoir depuis l’an 2001, quand votre père avait été tragiquement assassiné, a démontré un certain nombre d’aspects positifs. Il y a eu de nouveaux investissements dans le secteur privé, notamment dans les réserves de cuivre et du cobalt de Tenke [Fungurume] au Katanga. Outre l’instabilité provenant de l’étranger dans le nord-est du Congo, vos deux termes ont vu la stabilité assurée pour la grande majorité de la population. Il me semble que le décor a été fixé pour votre départ de la présidence à la fin de vos deux mandats constitutionnels avec gratitude et le respect du peuple congolais.

Je voudrais donc, humblement proposer, que vous considériez annoncer votre retraite, effectif le 20 décembre 2016, transférant ainsi le pouvoir au président du Sénat conformément à l’article 75 de la Constitution. Si vous décidiez de prendre cette décision, vous aurez à quitter le pouvoir avec une grande popularité pour avoir fait montre du courage d’un homme d’Etat, et vous serez en mesure de rester au Congo comme un grand homme d’État estimé. Cela permettra également d’assurer favorablement, votre réputation dans l’ensemble de la communauté internationale.

Veuillez agréer, Excellence, l’expression de ma très haute considération.

Cordialement,

Herman J. Cohen
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