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Au moment où, à Goma, suite à la pression populaire des habitants du Nord-Kivu, la MONUSCO tente d’aider le gouvernement congolais à relocaliser les rebelles sud-soudanais qui y ont été débarqués, le président congolais, en guise d’obstination et de sabotage, s’est lancé dans une démarche parallèle portée à renforcer et visualiser là-même la présence de ces « indésirables ».

Chaque jour qui passe révèle un niveau supérieur d’obsession du président congolais pour le pouvoir. Ceci le porte à faire fi de toute exigence morale que requièrent les gestes, le comportement, les agissements d’un homme de son rang. C’est une lutte acharnée pour le pouvoir, avec un principe cynique de « tous les moyens sont permis ». A ce titre, Kabila s’est résolument décidé de confirmer son défi aussi bien aux opinions nationales qu’internationales par le renforcement explicite de son alliance avec le rebelle sud-soudanais, Riek Machar, ce mariage contre nature, une abomination pour la sécurité de la région des grands Lacs.

Fort de cette assurance, Machar ne pouvait que déclarer avec fierté sur RFI, dans un reportage diffusé le 25 septembre dernier, qu’il retournera au Soudan par la guerre.

Que se passe-t-il ?

Tout prend racine dans la rencontre Kabila-Machar qui a eu lieu à Aru le 17 Août 2016. En ce jour-là, l’alliance fut scellée, et le mariage conclu.

Kabila a l’urgence de se bâtir un « Royaume », une « républiquette » à l’Est de son pays, précisément au Kivu-Ituri, endéans l’expiration de son mandat attendue au 20 décembre 2016. Il a déstructuré l’armée républicaine de la R.D. Congo pour se créer une armée de terroristes déjà en plein chef d’œuvre à Beni et en Ituri, et bientôt dans le Haut-Uélé. Il a besoin de l’appui de gens de même calibre, c’est-à-dire des groupes à caractère terroriste et hors-la-loi.
Des faux ADF (les égorgeurs), des FDLR et des faux Mai-mai sont bien sûr disponibles et déjà opérationnels sur terrain.

Cependant, ils sont considérés comme des collaborateurs-instruments, à maintenir au pied de l’escalier, des escabeaux sur lesquels il doit asseoir sa force. Machar avec son organisation interviennent comme « partenaire » qui doit sa considération à la disponibilité de sa capacité logistique.

Ainsi, la rébellion de Machar est invitée à soutenir d’abord l’érection du territoire autonome que Joseph Kabila rêve faire à l’Est de la R.D. Congo. De l’accomplissement de ce rêve dépend la chance de réorganisation de la rébellion de Machar et son espoir de revenir marcher sur le pouvoir de Salva Kiir. Voilà pourquoi Machar doit fournir à Kabila hommes et matériels disponibles.

Le Ministre congolais Bahati Lukwebo au Sud-soudan.

Le président Kabila envoie alors au Sud-soudan le Ministre congolais de l’Economie, Monsieur Bahati Lukwebo, sous la couverture d’une mission officielle, pour convoyer vers le Nord-Kivu les biens privés et militaires (la logistique de la rébellion) du chef de guerre Riek Machar.

L’important de l’armement et des combattants de cette rébellion ont été acheminés au Haut-Uélé : dans le parc national de la Garamba (territoire de Dungu), à Kengezi-Base (Ingbokolo, en territoire d’Aru/Ituri) et à Faradje.

Parmi les biens que le Ministre Bahati Lukwebo devait plutôt canaliser vers le Nord-Kivu pour besoin de guerre figuraient un lot d’une cinquantaine de camionnette militaire de marque Land-Cruiser. Une partie de ces véhicules appartient à la rébellion de Machar, tandis que l’autre partie a été acquise au prix d’argent du trésor public de la RD Congo, pour venir pulvériser les congolais du Nord-Kivu qui feront obstacle au projet d’installation du territoire autonome de Kabila à l’Est du pays.

L’Ouganda s’interpose

En tenant compte de l’itinéraire suivi, les véhicules de guerre de Machar et Kabila que Lukwebo venait d’expédier étaient visiblement destinés à la région de Beni, au profit des troupes des égorgeurs masquées en FARDC sous le commandement du général Fall Sikabwe.

Venus du Sud-soudan, ces véhicules sont parvenus à Kampala pour se retrouver enfin à Mpondwe (poste frontalier ougandais basé en face de celui congolais de Kasindi), où l’officiel ougandais décida de les intercepter et les retourner à Kampala.

Or, l’Ouganda, qui a de plus en plus désapprouvé les agissements du gouvernement congolais dans la manière de gérer la crise politique et sécuritaire actuelle, se place également dans les collimateurs des imposteurs de Kinshasa. En effet, l’alliance Kabila-Machar nourrit un projet tertiaire contre le pouvoir en place à Kampala, si le président Museveni continue à s’ériger en obstacle. Ce qui signifie qu’après la conquête réussie du Kivu-Ituri pour Kabila, et la récupération du pouvoir à Juba pour Machar, la dernière cible sera Kampala.


Le plan Kabila-Machar compte sur un appui rwandais

L’ex-M23 est resté un pont permanent entre Kabila et un soutien militaire pouvant venir du Rwanda. C’est cette garantie qui rassure le président congolais à persévérer dans cette illusion de se pérenniser à l’Est du pays, en dépit de tout ce qui peut lui arriver à Kinshasa.

Des sources proches du pouvoir affirment que Joseph Kabila a encore un soutien substantiel parmi des officiers militaires rwandais. C’est avec cet appui qu’il compte mener à bonne fin ses ambitions de découpage sur l’Est du pays, son illusion d’aider Machar à renverser Salva Kiir à Juba et à changer le régime en place à Kampala.

Nous osons croire que ce n’est pas l’officiel rwandais qui tire la ficelle de ce projet démoniaque. En effet, Kigali devrait enfin comprendre que le temps est révolu. Quel intérêt trouverait-on à continuer à soutenir un régime dont la mort est déjà signée tant sur le plan national qu’international ? Il est temps que le Rwanda adopte une attitude favorable à la paix non seulement en faveur de la RDC, mais aussi pour le bien de toute la sous-région. Car c’est l’unique moyen par lequel il peut aider à panser les blessures créées dans le cœur des congolais par ses multiples implications dans l’instabilité de l’Est de la RDC. Le bonheur futur des rwandais dépend de cet effort de réconciliation inter-frontalière à entreprendre aujourd’hui même.

Conseil supplémentaire à Machar : Kabila ne connaît point d’ami mais seulement d’intérêt

Les quinze années de Joseph Kabila au pouvoir à Kinshasa ont suffisamment fourni des preuves que, plus que tous les autres hommes politiques, il est celui dont le cœur est hermétiquement borné à l’unique intérêt personnel à travers toutes ses relations interpersonnelles. Il ignore les implications d’une relation d’amitié. Là où il faut mettre la gratitude, il place toujours la trahison.

Pour preuve :

– ZANGA MOBUTU qui a contribué à son électorat en 2006 est en exile ;

– MBUSA NYAMWISI qui lui a offert l’Est du pays pour la réunification du territoire national en 2003 est en exile ;

– L’Abbé MALUMALU qui a travaillé avec le plus grand dévouement possible pour lui et pour la Nation est enfoui dans la terre ;

En quoi, Machar serait-il spécial par rapport à Joseph Kony, le « Joker » de la LRA que Joseph Kabila avait invité sur le territoire congolais en 2006, en utilisant les mêmes stratégies qu’aujourd’hui, lorsqu’il avait jadis besoin de quadriller ses chances électorales ? Aussitôt après la proclamation de sa victoire aux scrutins, il l’a abandonné à la jungle de la Garamba, sans aucun geste de reconnaissance, malgré sa promesse de soutenir son retour militaire contre le régime de Museveni.

Pareillement, les FDLR continuent à moisir indéfiniment sous l’humidité des forêts congolaises, soumis au cycle infernal d’un jeu « d’être utilisé puis jeté à la poubelle ; ensuite récupéré, utilisé et encore retourné à la poubelle ».

Jamil MUKULU avec son groupe de l’ADF en a aussi subi pour son compte, pour en finir en prison, après tous les délices dont il s’enivra aux appartements somptueux de Joseph Kabila du Quartier Ma Campagne, à Kinshasa…

Cette liste peut se prolonger à l’indéfini. Bref, l’histoire de cet homme n’est qu’un tissu de trahison, tel qu’on peut par ailleurs le confirmer par la machination qu’il nourrit déjà contre le Président ougandais, Yoweri Museveni, qui a été pour lui un véritable « père » dans ce qu’il est aujourd’hui à la tête de la R.D. Congo.

Dupé par les conjonctures du moment, Machar ne découvrira peut-être pas immédiatement cette ruse, mais il est certain qu’il ne fera jamais exception.

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

©Beni-Lubero Online.
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