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Des participants au dialogue national, le président de la Céni a obtenu qu’il lui soit accordé 504 jours après le 31 juillet 2017 pour convoquer le corps électoral. Autrement dit, la présidentielle se tiendra au-delà du délai constitutionnel, soit dans au moins deux ans (fin 2018). En réalité, la Céni avait déjà dans ses manches non seulement une date, mais aussi une justification technique du glissement d’un calendrier électoral pensé, planifié et minutieusement agencé à l’avance. Un pari gagné pour la MP.

La Constitution du 18 février 2006 dispose que l’élection présidentielle en RDC doit être convoquée 90 jours avant la fin du mandat du président en exercice. Dans cette perspective, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) avait saisi la Cour constitutionnelle afin d’obtenir une dérogation devant lui permettre de poursuivre le processus au-delà de cette échéance constitutionnelle.

Lors de son exposé à la plénière du Dialogue national le week-end dernier, Corneille Naanga, président de la Ceni, a sollicité 504 jours après l’enrôlement des électeurs pour tenir la présidentielle. Aussi curieux que cela puisse paraitre, la même Céni en 2006 et 2011 n’avait eu besoin que du tiers (5 mois) après la révision du fichier électoral pour organiser la présidentielle. Avec le recul, tout devient clair. A l’époque, il fallait rapidement légitimer le pouvoir du président Joseph Kabila. Faire preuve de la même diligence aujourd’hui reviendrait à accélérer la fin du président Kabila.

Or, désormais il n’est plus question de procès d’intention, le chef de l’Etat et sa famille politique ont planifié cette stratégie dévoilée par le G7, ces frondeurs qui avaient refusé de jouer ce jeu contre la Constitution de la République. Ils avaient révélé ce plan machiavélique et ont quitté le navire MP, abandonnant postes et avantages liés à leurs juteuses positions.

A ce jour, la Céni joue pleinement sa partition, en ébauchant un calendrier qui prévoit la présidentielle à la fin du mois de novembre 2018. Encore que cette date reste élastique au regard de l’énormité de contraintes techniques, logistiques, financières et juridiques. Dans ces conditions, le président Kabila resterait au pouvoir au-delà de la fin de son mandat, en dirigeant une période de transition au cours de laquelle « tout peut arriver », indique un cadre du G7. Il soutient qu’une fois sorti du cadre constitutionnel, le président Kabila prévoit dans son plan, une révision de la Constitution pour faire sauter les articles qui l’empêchent de briguer plusieurs mandats.

A défaut, il procédera à un référendum dont les résultats sont connus à l’avance grâce au concours de la Céni dont la proximité avec la MP est un secret de polichinelle.

La Céni à découvert

La Céni a besoin de 504 jours après la fin de la refonte du fichier électoral pour organiser la présidentielle, les législatives nationales et provinciales. La Céni offre ainsi à la MP ce qu’elle avait toujours recherché. Mieux, la Céni a joué à la perfection sa partition dans ce jeu de cache-cache qui se joue sur la place politique congolaise. La fraction de l’opposition embarquée dans cette affaire devra choisir entre compromission-trahison et le respect strict de la Constitution.

Le réalisme prôné sur le tard par Vital Kamerhe et ses amis, laisse planer plusieurs interrogations sur la vraie appartenance politique de ces « opposants » qui justifient du jour au lendemain, des postures diamétralement contraires à l’éthique démocratique.

La céni, une des principales actrices de la stratégie, multiplie de son côté des contraintes qui retarderaient davantage le délai d’organisation de la présidentielle en vue de rendre obsolète la Constitution et ainsi l’évacuer aisément. Une justification politique trouvée, plus rien n’empêchera cette même Céni d’organiser en urgence un référendum et ouvrir la voie à des mandats infinis à l’autorité morale de la MP. « C’est une nouvelle dictature qui se met en place au Congo-Zaïre », selon un vieux routier de la politique depuis l’indépendance.

La Céni et la MP qui niaient l’évidence d’une planification du glissement du calendrier électoral depuis plusieurs années sont mises à nu.
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