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Le républicain Herman J. Cohen y déplore « les blocages bureaucratiques et financiers » ayant handicapé la tenue de l’élection présidentielle dans les délais légaux au Congo-Kinshasa.


Deux semaines avant la publication de l’accord politique signé le 18 octobre par les "dialogueurs" de l’ex-Cité de l’OUA, l’ancien sous-secrétaire d’Etat américain chargé des Affaires africaines a adressé une "lettre ouverte" au président sortant congolais. La missive est datée du 3 octobre. Il craint que le maintien en fonction de "Joseph Kabila" au-delà de l’expiration de son second et dernier mandat entraîne le pays dans une convulsion politique. Aussi, l’invite-t-il à se retirer le 19 décembre prochain et à procéder à la passation du pouvoir avec le président du sénat, conformément à l’article 75 de la Constitution. Chef de l’Etat à titre intérimaire, ce dernier devrait organiser les élections.

Attendu à Bruxelles le 23 novembre prochain pour présenter ses mémoires intitulés « Esprit de l’homme fort africain : mémoires d’un diplomate », l’ancien sous-secrétaire d’Etat américain Herman Jay Cohen semble dévoiler un pan des souvenirs qu’il a gardés de ses contacts avec des despotes africains. Des hommes, pourrait-on souligner, qui « souffrent » d’une sorte d’addiction au pouvoir.

Dans sa correspondance adressée à « Joseph Kabila », l’ex-"Monsieur Afrique" du président George H. Bush commence par exprimer ses «condoléances les plus attristées» aux parents des victimes notamment de la répression de la manifestation du 19 septembre dernier. Un geste que les Congolais ont attendu en vain de la part de leur magistrat suprême. Celui-ci avait chargé son directeur de cabinet de rédiger un communiqué qui a été lu par un journaliste de la télévision nationale congolaise "RTNC".

Soufflant le chaud et le froid, Herman Cohen salue « un certain nombre d’aspects positifs » à mettre au crédit du chef de l’Etat actuel. Il cite de nombreux investissements dans le secteur privé dont celui de la firme américaine Freeport McMoRan dans les mines de cuivre et de cobalt à Tenke Fungurume, dans le Haut Katanga.

Un peuple demandeur du changement politique

Il poursuit sa lettre en relevant la crise de confiance qui est de moins en moins latente entre la population congolaise et les gouvernants en place. Une crise, selon lui, qui prend chaque jour de l’ampleur. Et ce depuis les manifestations du mois de janvier 2015. « La majorité du peuple congolais semble être déçu par la gouvernance au cours de votre deuxième mandat », assène-t-il en soulignant la pauvreté galopante qui n’a aucun rapport avec la croissance du produit national brut. Pour lui, il ne fait aucun doute que le peuple congolais est «clairement» demandeur d’un
«changement politique».

L’ancien sous-secrétaire d’Etat américain de déplorer les «blocages bureaucratiques et financiers» ayant empêché la tenue de l’élection présidentielle dans le délai légal soit le 16 novembre 2016. Il redoute que le maintien de «Joseph Kabila» à la tête de l’Etat au-delà du 19 décembre prochain plonge le Congo-Kinshasa dans une convulsion politique. C’est ainsi qu’il invite ce dernier à annoncer son retrait des affaires le 20 décembre et à transférer «le pouvoir au président du Sénat conformément à l’article 75 de la Constitution ».

Et de conclure : « Si vous décidiez de prendre cette décision, vous aurez à quitter le pouvoir avec une grande popularité pour avoir fait montre du courage d’un homme d’Etat, et vous serez en mesure de rester au Congo comme un grand homme d’État estimé. Cela permettra également d’assurer favorablement, votre réputation dans l’ensemble de la communauté internationale ». Herman Cohen sera-t-il entendu? On peut franchement en douter.

Depuis le mois de mai 2014, le monde politique américain exerce une pression accrue sur le président sortant congolais l’invitant à "respecter la Constitution" congolaise spécialement l’article 70 qui limite le nombre de mandat du Président de la République à deux. "Cet interventionnisme américain n’est intempestif qu’en apparence, estime un analyste. Les
’kabilistes’ auraient tort de parler d’acharnement discriminatoire ".

Le respect de la Constitution

Premier contributeur au budget de l’Onu, les Etats-Unis ont investi des sommes importantes pour la "stabilisation" de la situation socio-politique au Congo-Kinshasa. «Nous n’allons pas laisser détruire l’édifice institutionnel construit péniblement », déclarait récemment Tom Perriello, l’Envoyé spécial de l’Administration Obama pour la Région de Grands lacs. Le sénateur démocrate Edward J. Markey était allé plus loin : "L’Amérique utilisera toute sa puissance pour faire respecter le droit et la liberté dans ce pays".

Le secrétaire d’Etat américain John F. Kerry a été le premier officiel de ce pays à se rendre à Kinshasa. C’était le 4 mai 2014. Il avait transmis à « Kabila » un seul message : le respect de la Constitution. En clair, aucun tripatouillage de la charte fondamentale pour s’accrocher au pouvoir ne sera accepté. En avril 2016, le sénateur républicain John Mc Cain écrivait au locataire du Palais de la nation pour dénoncer la répression des manifestations de janvier 2015 et surtout la
«détérioration de la situation des droits de l’homme».

En dépit des projecteurs de la communauté internationale braqués sur lui, « Joseph Kabila » préfère faire la sourde oreille prenant pour modèle le Burundais Pierre Nkurunziza. Le gouvernement congolais ne cesse d’ânonner qu’il n’y a pas d’argent. Dans les mêmes circonstances de temps, la Présidence de la République commandait à tour de bras des armes et des munitions en Ukraine et en Chine. L’homme reste étrangement muet.

La lettre ouverte adressée à « Joseph Kabila » par Herman J. Cohen vient rappeler les propos tenus par l’ancien sous-secrétaire d’Etat américain aux Affaires africaines sur les antennes de la VOA (Vox of America) : « Joseph Kabila n’a pas fait du bon travail». C’était en mai 2014.

Baudouin Amba Wetshi

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