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Entre la vacance au sommet de l’Etat et l’obligation d’un balisage du chemin vers les élections, l’opposition pro-Tshisekedi propose un « régime spécial » de gestion du pays sans Joseph Kabila, mais ne propose aucune perspective pour la suite. Preuve que les prédictions des observateurs trouvent leur démonstration : Tshisekedi veut la Présidence de la République, pas les élections. Et il veut y accéder, de préférence, par la force ou, à défaut, par un « régime spécial ». Les élections sont reléguées en troisième position des préférences. CQFD…

Il faut tirer les plans : le « Rassemblement » n’ira pas au dialogue. Du moins pas sous le format actuel conduit par Edem Kodjo. Cette plate-forme l’a dit dans sa déclaration qui a servi de prétexte à une manifestation fallacieusement et pompeusement appelée conclave. Il ne s’agissait, en effet, que de la lecture d’un texte prétendument présenté comme le « rapport » d’un « conclave » dont personne n’avait jamais entendu parler auparavant.



C’est dans ce texte que les ouailles de Tshisekedi et Didier Reynders (Cfr notre article intitulé « Crise politique : Didier Reynders et le « Rassemblement » dévoilent leur complicité ») ont rappelé les deux motivations centrales de leur refus d’aller au dialogue : d’abord, ce forum continuait à être modéré par un facilitateur qu’ils ont récusé ; ensuite, cette plate-forme estimait que le dialogue consacrait une violation de la Constitution quant au délai de l’organisation des élections.



Comme alternative, le « Rassemblement » s’est confectionné un cahier de charge qu’il souhaite soumettre à ce qu’il appelle le « vrai dialogue ». L’exercice que cette plate-forme paraît, cependant, verrouillé et impossible à résoudre lorsqu’on considère ce cahier de charge comme étant « non négociable », c’est-à-dire que les « autres » ne seront appelés qu’à l’approuver et le signer. Bref, ces « autres » seraient appelés à constater la vacance au sommet de l’Etat au lendemain du 19 décembre 2016 et participer à une réflexion sur l’organisation de la gestion du pouvoir pendant cette période à travers un « régime spécial » (lisez « sans Kabila à la tête du pouvoir »).

On attendra Godot longtemps…

Pas nécessaire de demander par quel mécanisme ou disposition constitutionnel on arriverait à ce genre de cas de figure (régime spécial) qui n’est prévu nulle part ailleurs dans cette loi fondamentale dont tout le monde réclame pourtant le respect. La réponse à une telle question restera la même et invariable : « vous le saurez au vrai dialogue ».

Autant dire qu’un tel appel, dans les conditions actuelles et avec l’esprit qui anime les uns et les autres, c’est comme une mise en attente de Godot qui ne viendra jamais… Comment, en effet, concilier des positions aussi diamétralement opposées ? D’un côté, au dialogue, le constat est qu’il est acquis que les élections n’auront plus lieu en 2016 ; et un accord de principe veut que soit instaurée une période de transition pour les organiser. Le débat actuel tourne autour de la gestion de cette transition (la Primature) et du calendrier électoral avec une profonde divergence sur la durée de la période qui doit conduire aux élections, même si tout le monde veut que cette période soit « la plus courte possible ». De l’autre côté, le discours est à la culpabilisation de celui (ou ceux, c’est selon) que l’on tient pour responsable du non-respect du délai constitutionnel quant à l’organisation de la présidentielle. Le coupable, ici, est disqualifié et la préoccupation est focalisée sur « son » remplacement, d’abord pour la période transitoire avec le « régime spécial » et, ensuite (ou, plutôt, éventuellement), pour la tenue de la présidentielle sans le coupable.

La supercherie de la Présidence au détriment des élections

C’est à ce niveau que se révèle la profonde divergence ou, plutôt, la différence diamétrale de la compréhension du dossier. En fait, le « pluriel », en parlant, de(s) élection(s) cède le pas au « singulier », puisque la logique voulue « rassembleur » ne retient que la présidentielle et la seule. Elle ne veut même rien entendre d’un quelconque ou éventuel « couplage »…

Et la conclusion n’est plus à tirer puisqu’elle est déjà connue. Les élections et, partant, la démocratie, n’intéressent pas le « Rassemblement ». Seul compte, à ses yeux, la Présidence de la République à laquelle Tshisekedi et les siens veulent accéder, de préférence par la force ou, à défaut, par un « régime spécial ». La voie des urnes ne vient qu’en troisième ordre des préférences. Rien comme réponse à la préoccupation pour le respect de la Constitution qui ne sert que de prétexte et d’épouvantail pour meubler le discours et tenir en haleine une certaine opinion.

Bref, la pratique de la démocratie laissera une légende avec la République Démocratique du Congo. Ce sont ses premiers défenseurs qui en sont toujours les premiers et plus grands fossoyeurs. Aujourd’hui comme sous Mobutu…



Pascal Debré MPOKO
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