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Le ministre de la Fonction publique, le professeur Pascal Isumbisho Mwapu, vient de frapper son dernier grand coup avant son départ du gouvernement.

En violation de la circulaire du Premier ministre interdisant à ses ministres de prendre d’importantes décisions durant cette période transitoire post-dialogue, Pascal Isumbisho est passé outre en réintégrant dans l’administration publique, au ministère de l’Environnement, Conservation de la nature et du Développement durable, l’agent Kasulu Seya Makonga, ancien secrétaire général ad intérim suspendu depuis le 6 juillet 2016 pour détournement de 1,2 millions USD !

En effet, dans un arrêté ministériel n°CAB.MIN/FP/PIM/GMK/083 du 29 octobre 2016, ce ministre, tout en reconnaissant le « dossier individuel et les griefs mis à charge de l’agent Kasulu Seya Makonga », a décidé de le réintégrer au ministère et surtout de le replacer en activité de service.

« L’agent bénéficie de sa rémunération entière et des droits qui lui sont acquis à dater de la suspension », peut-on lire dans le document signé par le ministre qui précise, par ailleurs, que l’intéressé avait été suspendu en violation des directives contenues dans les lettres du 13 juin et 22 septembre 2016 du Premier ministre, Augustin Matata Ponyo.

En ce qui concerne la suspension de cet ancien secrétaire général a.i., son ministre de tutelle, Robert Bopolo Mbongeza, a pourtant fait remarquer que tout s’est fait conformément aux statuts régissant les agents de carrière de l’administration publique.

Pour preuve, dans une correspondance datant du 27 octobre 2016, le ministre de tutelle a personnellement informé le Premier ministre des enquêtes ouvertes et des poursuites lancées contre le SG suspendu Kasulu Seya Makonga, tant à l’Inspection Générale des Finances (IGF) qu’au Parquet général de la République.

Alors que le rapport de l’inspecteur général présente le SG a.i. Kasulu comme auteur principal des dépenses inéligibles au Projet « Forêt et Conservation de la Nature (UC-PFCN) » financé par la Banque mondiale, le ministre des Finances, Henri Yav, a confirmé pour sa part, dans une correspondance, le détournement des Fonds de la Banque mondiale d’un montant de 1,2 millions USD.

Ce dernier avait même demandé à son collègue de la Justice l’ouverture d’un dossier judiciaire à charge des auteurs, dont l’agent Kasulu, personnellement cité pour avoir géré le point focal opérationnel du Fonds pour l’Environnement Mondial « FEM ».

Dossier connu du Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Le chef de l’Exécutif national avait même pris acte des actions disciplinaires ouvertes à charge des ces fraudeurs et demandé à l’Inspection générale des Finances de recourir à un contrôle.

Celle-ci, après enquête, a révélé ses résultats partiels aux autorités de la République, notamment au ministre de l’Environnement et au Premier ministre, que le SG Kasulu n’avait pas respecté la clé de répartition de la rétrocession, pourtant clairement fixée dans une circulaire du ministre de tutelle.

« Ainsi, un montant total de 24.474.785, 57 FC, soit 10% de la rétrocession, a été illégalement affecté à la rétribution de ladite Commission de travail par le Secrétariat général a.i. », a fait noter l’inspecteur des Finances Victor Batubenga Mbayi.

Puis d’ajouter qu’un montant total de 97.889.352.363 FC représentant 40% des montants rétrocédés n’a jamais été justifié jusqu’à ce jour par le secrétaire général a.i. ni par le conseiller financier, Patrick Ebgoyo Mombele.

Selon l’enquête de l’IGF, d’importantes sommes d’argent sont sorties au titre d’assistance sociale de 2012 à 2015 sans aucun fondement juridique par le secrétaire général a.i. « Un sondage effectué à cet effet a permis d’évaluer le montant à 7.522.600 FC + 300 USD de manière exhaustive », a martelé l’inspecteur.

Enfin, les limiers de l’IGF ont découvert la non comptabilisation au livre de caisse auxiliaire d’un montant total de 79.367.331,00 FC représentant les rétrocessions au secrétariat général ainsi que l’absence des justifications de son utilisation.

Nonobstant tous ces cadavres dans les placards de l’ancien patron ad intérim de l’administration du ministère de l’Environnement, le ministre sortant Pascal Isumbisho a décidé de le remettre en selle pour des raisons inavouées, alors qu’en date du 20 juillet 2009, le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, avait personnellement attiré l’attention des animateurs des institutions de la République sur « l’abus des biens sociaux, l’enrichissement illicite, le trafic  d’influences ainsi que l’obstruction aux poursuites et à l’exécution des décisions judiciaires ».

Tous ces maux, selon le président de la République, devraient à tout prix être combattus et les auteurs sévèrement sanctionnés.

Par LM

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