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*Si les grandes puissances saluent l’avènement de Samy Badibanga à la tête du Gouvernement, elles continuent à exiger, avec empressement, un large compromis avec le Rassemblement d’Etienne Tshisekedi et les autres. Les USA, la Belgique, la Monusco et l’Union Européenne, qui soutiennent totalement la médiation de la CENCO, sont d’avis que Samy Badibanga a un rôle de premier plan à jouer. Pendant ce temps, les signataires de l’Accord politique du 18 octobre poussent le nouveau Premier Ministre à aller plus vite dans la mise en œuvre de l’Accord. Alors que les non-signataires, eux, ouvrent une brèche, pour le tirer vers le bas, grâce aux tirs croisés sur des questions de seconde zone liées notamment, à ses origines.

Ces trois derniers jours, le nouveau Premier Ministre, qui a érigé son QG au luxueux Fleuve Congo Hôtel, développe une intense activité politique en vue de la formation du très attendu Gouvernement de Transition. Hier, mercredi 23 novembre, Samy Badibanga a été reçu, à la Primature, par le Premier Ministre sortant, Augustin Matata Ponyo. D’après des témoins, leurs échanges ont duré environ deux heures. Avant-hier, Matata avait convoqué la presse pour prononcer son discours-bilan, dans lequel il s’est préoccupé de définir les priorités pour son successeur. Pour sa part, le Premier Ministre Samy Badibanga se faisait recevoir, mardi 22 novembre, à la Présidence de la République, par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila. Il est sorti du Palais de la Nation, apprend-on, avec des instructions sur la manière de constituer la prochaine équipe gouvernementale. La journée d’hier, le Premier Ministre a accordé plusieurs audiences. Parmi les personnalités reçues, l’on a noté la présence de Vital Kamerhe à la tête d’une délégation de l’Opposition ayant pris part au Dialogue. José Makila, Jean-Lucien Bussa et Marie-Ange Mushobekwa étaient de la partie. Au sujet de ses priorités, Samy Badibanga a déclaré qu’il venait à la Primature pour amener le peuple congolais aux élections apaisées, crédibles et transparentes. A cet effet, il mettra un accent particulier sur la réconciliation nationale, sans négliger l’amélioration du social de la population congolaise. Selon un proche du nouveau Premier Ministre, Samy Badibanga a le choix entre les leçons de son prédécesseur Matata, les positions économiques contraires développées par l’ancien Premier Ministre Adolphe Muzito ou les propositions contenues dans les conclusions de la question orale du Sénateur Mokonda Bonza sur la politique économique du Gouvernement. Samy, lui-même, a sa propre vision des choses. Comme quoi, on ne peut pas présider, pendant plusieurs années, le plus IMPORTANT Groupe parlementaire d’Opposition sans avoir un projet alternatif. Bref, Samy Badibanga n’est pas né de la dernière pluie. Il sait ce qu’il a à faire pour relever les défis. Les USA l’attendent sur le chantier de la réconciliation nationale. Dans un communiqué, le Département d’Etat écrit : « Pour sa part, le Gouvernement de la RDC devrait saisir l’opportunité offerte par la récente nomination du Premier Ministre Samy Badibanga afin de renforcer la confiance de toutes les parties prenantes et de s’acquitter de sa responsabilité de respecter et de protéger les droits fondamentaux de tous les Congolais notamment, les libertés d’expression et de réunion ainsi que l’accès à l’information. C’est aussi la position de l’Union Européenne.

Pas facile d’être à la place de Samy Badibanga en cette période charnière de l’histoire politique de la RDC. Pendant qu’il cherche à appliquer intégralement l’Accord politique du 18 octobre, les grandes puissances occidentales (USA, France, Belge ou l’Union Européenne dans son ensemble) et les puissances sous-régionales, comme l’Angola, militent, désormais, ouvertement pour plus d’inclusivité. Qu’est-ce à dire ? Cela signifie que l’Accord politique du 18 octobre, conclu entre la Majorité Présidentielle, certains partis d’Opposition et quelques organisations de la Société civile, est considéré comme une base de travail. Du point de vue des USA, cet Accord n’est, donc, pas définitif. Il faut l’amender dans la direction voulue par la médiation de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) afin d’aboutir à un consensus entre le Président Kabila et le Rassemblement d’Etienne Tshisekedi. Au bout d’une telle démarche, l’Accord inclusif recherché devrait modifier le calendrier électoral jusqu’à ramener l’élection présidentielle en 2017 et réaffirmer le principe selon lequel le Président Kabila ne se représenterait plus pour un troisième mandat. Pas question de tripatouiller la Constitution. En revanche, il faudra renforcer l’indépendance de la CENI et former un Gouvernement de transition inclusif, avec un Comité de suivi solidement indépendant. Il y a, donc, des concessions à faire. Le Rassemblement, de son côté, devant renoncer à recouvrir à des voies non constitutionnelles pour accéder au pouvoir d’Etat.

Pendant que Kinshasa conjugue la médiation de la CENCO au passé, la MONUSCO, les USA, la Belgique, l’Union Européenne et les autres continuent à y croire. Ainsi, le déplacement annoncé d’Etienne Tshisekedi à Luanda, chez Edouardo Santos, s’annonce prometteur en ce sens que la rencontre pourrait contribuer à faire baisser la tension à quelques jours de l’échéance constitutionnelle du 19 décembre 2016.
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