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Badibanga bombardé par décret présidentiel à la Primature ce jeudi 17 novembre, Kamerhe chercherait une corde pour se pendre. Telle aurait été la plus simple des conclusions. En regardant finalement de très prêt, nous avons été peut-être tous "TRUMPÉS". Explications.


Septembre 2016, alors que débute à peine le « Monologue politique » convoqué par le président Joseph Kabila, pour reprendre l’expression de François Muamba, Bertrand Ewanga, alors un des bras droits de Vital Kamerhe, président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), l’un des seuls partis majeurs de l’opposition à avoir accepté de prendre part à ces assises, décide de quitter son poste de Secrétaire général. Arguant que « ce Dialogue est un plan pour le glissement« , terme désignant officiellement l’extension du mandat du président Joseph Kabila au-delà de la limite fixée par la Constitution.

Dans la foulée, Vital Kamerhe est vilipendé. « Il est de mèche avec Kabila pour être nommé Premier ministre« , chuchotent d’une voix à peine basse les opposants du Rassemblement qui ont largement dit non au « Dialogue de camp Tshatshi« . Tant pis si ce dernier prend tout le monde de court, en demandant la suspension des travaux, à l’ouverture même, pour semble-t-il « tenter de convaincre ses +frères+ du Rassemblement à y participer. » C’était donc tout à fait logique de voir celui qui a été le co-modérateur de l’opposition durant ce dialogue politique, lequel a abouti par des accords cédant effectivement le poste du Premier ministre aux opposants, briguer le Saint siège.

Des signaux ont même été envoyés dans ce sens. A l’annonce de la démission d’Augustin Matata Ponyo le lundi dernier — toujours en cravate rouge, c’est toujours lui, Vital Kamerhe, qui a été reçu par le Chef de l’Etat au Palais de la Nation à Kinshasa. Des hauts cadres de la Majorité ont même confirmé la nouvelle de son imminente nomination à Politico.cd. Finalement, fidèle à lui-même, le fils de Mzee LD Kabila (je vous vois), aura gardé SON secret jusqu’à la fin. La grande surprise est tombée le jeudi 17 novembre, peu après midi. Sammy Badibanga Ntati, l’autre « traître » de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) rafle la mise. « Comme Biridnwa« , allume Olivier Kamitatu. Il est nommé « à la place de Kamerhe« , s’exclame un twittos.
« Ce champagne précipitamment sabré laissera à la bouche d’aucuns un goût bien amer ! Reste au co-modérateur à sauver la face avec superbe! » ricane même Olivier Kamitatu via son compte Twitter. Car, en apparence en effet, le plus « beau gosse » des politiciens congolais a effectivement raison. Il s’agit d’un coup dur pour le leader de l’UNC, « roulé dans la farine« , s’extasie Francis Kalombo. Mais alors, c’est quoi le fond de cette affaire? Tout d’abord, Vital Kamerhe lui-même, en bon joueur comme toujours, viendra « accepter » cette consécration de Samy Badibanga. « Nous prenons acte de la décision du Chef de l’Etat« , a dit l’ancien président de l’Assemblée nationale. Fidèle à sa casquette de jongleur, il ajoute un croche-pied: »la Primature n’a jamais été mon ambition« , comme pour répondre aux Kamitatu et compagnie. Aussi, l’homme qui a passé plus de 45 minutes avec le président Kabila, 24 heures avant son discours sur l’Etat de la nation, lequel ayant définitivement envoyé un signal de fermeté aux opposants du Rassemblement, annonçant la nomination « incessamment » d’un Premier ministre, aurait-il pu ignorer qu’il ne le serait, 72 heures après?

De plus, qui est vraiment Samy Badibanga? Un ancien bras droit de Tshisekedi, à l’image même de Kamerhe, devenu indésirable pour avoir joué le pragmatique en siégeant au Parlement, contre l’avis messianique du Saint-Leader de l’UDPS, ne constitue-t-il par un meilleur profil de transition? En attendant l’arrivée ou non du Rassemblement? Avec la nomination d’un fils prodige du parti de Limete, Joseph Kabila fait une ouverture au Rassemblement. Des négociations directes peuvent toujours être envisagées et au cas d’aboutissement, Sammy Badibanga est plus enclin à céder son poste à un membre désigné par le Rassemblement, contrairement à un Vital Kamerhe dont l’indomptabilité est plus célèbre que Florent Ibenge.
Quant à Vital Kamerhe, il reste et devient dans la foulée « le faux perdant » de Kabila, lui permettant d’obtenir un « patinage« , après le glissement qu’obtiendrait Badibanga. Loin d’être un perdant, l’élu de Bukavu sait à quel moment il a pu être utile pour la Majorité Présidentielle en vue d’obtenir une rallonge du mandat sans blesser les pro-démocratie. Sans modification de constitution ou appel au référendum, Joseph Kabila est en train de créer un nouveau mode opératoire (glissement) qui risque de devenir modèle dans le continent. Enfin, Kamerhe pourra toujours dire « non » à tout moment, depuis son poste de Vice-premier ministre qu’il obtiendra sûrement, histoire de se refaire une santé financière, en attendant les prochaines échéances. De plus, l’homme est resté constant: il n’a jamais eu un accord avec Kabila portant sur la Primature. Il portait sans doute sur autre chose. Et comme les médias américains, nous avons été « Trumpés » par Kamerhe, le faux perdant de Kabila.
Par Litsani Choukran,
le Fondé.
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