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Les noces n’auraient duré que le temps d’une nuit. L’alliance entre le sphinx de Limete et l’ancien Gouv’ de l’ex-Katanga bat de l’aile depuis la fin du dialogue. Motif : Katumbi reproche à Tshisekdi son extrémisme qui a fait que le Rassemblement ne participe pas au dialogue alors que lui espérait que la plate-forme allait se battre pour ses préalables – notamment, ses déboires judiciaires – de l’intérieur de ce forum.
Sentant un coup fourré des radicaux de l’UDPS, Moïse Katumbi aurait aussi entamé un plan de rupture avec comme premier acte, selon les observateurs, ce sondage produit par BERCI, agence d’Olivier Kamitatu qui est aux ordres de Katumbi, et qui donne ce dernier vainqueur devant Tshisekedi en cas d’élection présidentielle. Tout ce qu’il fallait pour faire lever les boucliers à la 10ème rue. Les jours à venir vont être chauds au « Rassemblement »…

Est-il possible à deux fauves de régner sur un même territoire ? Beaucoup se sont demandé si le rapprochement entre Moïse Katumbi et Etienne Tshisekedi n’était pas un mariage de dupes, les deux ayant la même passion et la même ambition, et étant inflexibles par rapport à leur lancée vers l’atteinte de leurs ambitions.

Le 4 octobre 2016, le deuxième conclave du Rassemblement prenait fin et, dans le communiqué sanctionnant la fin de ce conclave, des conditionnalités de la plateforme étaient reprises quant à sa participation au dialogue alors en cours à la cité de l’Unions Africaine. Parmi les préalables du Rassemblement figurait celui portant sur la cessation des poursuites judiciaires contre les membres du Rassemblement. En fait, il ne s’agissait de personne d’autre que Moïse Katumbi dont on connaît les démêlées avec la justice congolaise dans la fameuse affaire qui l’oppose au sujet grec Alexander Stoupis et à cause de laquelle un verdict contre lui a déjà été prononcé. Il y a également ce dossier sur ses menées insurrectionnelles pour lequel il avait été inculpé avant de se rendre à l’étranger, officiellement pour des soins médicaux.

Durant le dialogue, des voix s’étaient élevées pour encourager le Rassemblement à participer au dialogue et à chercher à obtenir la satisfaction de ses préalables de l’intérieur. Le Rassemblement, sous l’égide d’Etienne Tshisekedi ne l’a pas voulu jusqu’à la signature de l’accord politique. Peut-être que Moïse Katumbi y avait vu la voie indiquée pour se tirer de ses pétrins judiciaires qui sont très compromettants pour son avenir politique à court terme dans la mesure où, pour le moment, Katumbi est inéligible.

Depuis le sortir du dialogue sans la participation du Rassemblement, des analyses commencent à se multiplier et qui tendent à remettre en cause l’alliance entre Katumbi et Tshisekedi, alliance que certains de ces analystes qualifient déjà de mariage de dupes. Ces analyses font état des reproches adressés à Katumbi par ses appuis occidentaux au sujet de cette alliance au regard de l’imprévisibilité de Tshisekedi qui n’est plus à démontrer. Katumbi aurait rassuré ses partenaires en leur disant qu’il savait ce qu’il allait faire le moment venu.

Mais les choses ne feront qu’empirer, surtout avec le retour d’Etienne Tshisekedi à Kinshasa et le meeting du Rassemblement quelques jours plus tard. En effet, la déclaration du sphinx de Limete durant ce meeting du 31 juillet n’arrangeait guère les choses. Fort du bain de foule qui lui a été réservé, le lider maximo a cru à ses chances de briguer la magistrature suprême. Dans un reportage en rapport avec ce meeting, Radio Okapi écrivait alors sur son site Internet : « Etienne Tshisekedi estime, par ailleurs, que la mobilisation des Kinois lors de son retour et celle de dimanche 31 juillet est une sorte de son plébiscite aux hautes charges du pays : « après mon arrivée à Kinshasa, les gens commentent en disant que ça ne sert plus à rien d’organiser l’élection, car celle-ci est déjà faite à la suite de votre plébiscite ».

C’était déjà aller, par de tels propos, à l’encontre des visées de Katumbi qui visa aussi la Présidentielle. Connaissant l’obstination de Tshisekedi à occuper la présidence avant sa mort, une telle déclaration ne pouvait qu’alerter le camp de Katumbi. Déjà, on n’appréhendait qu’E. Tshisekedi, une fois à la présidence intérimaire de la RDC – comme le Rassemblement le prévoit à travers la formule de « régime spécial » - grâce aux moyens et à l’appui de Katumbi, ne fasse volte-face vis-à-vis de leur combine et cherche à le doubler.

A en croire plusieurs analystes, Katumbi avait recruté E. Tshisekedi pour réussir le plan de chasser Joseph Kabila du pouvoir après le 19 décembre 2016, en comptant sur la capacité du lider maximo à mobiliser et soulever les foules et à les mettre dans la rue. A s’en tenir à ces analyses, en effet, les Occidentaux reprochaient au G7 et au Front citoyen 2016 de la mollesse de leurs actions.

C’est pourquoi, pour donner du tonus aux marches et autres activités de l’opposition, il était devenu important de débaucher ou de racoler, c’est selon, Etienne Tshisekedi.

Le désappointement
Les préalables du Rassemblement n’ont donc pas produit les effets escomptés si bien que le Chairman du TP Mazembe erre toujours à l’étranger, loin de la RDC. A l’allure où vont les choses, il est fort à parier que c’est l’Accord issu du dialogue politique national inclusif de la cité de l’UA qui va l’emporter sur tout autre schéma proposé par le Rassemblement. Le désappointement de Moïse Katumbi le conduira-t-il à une rébellion pour rentrer en RDC par effraction à la faveur d’une victoire militaire sur le régime actuel ? Il en est bien capable vu qu’il est obnubilé par les hautes fonctions au pays et que ses soutiens occidentaux persistent à vouloir faire échec aux résolutions du dialogue, appelant à un autre dialogue auquel ne vont pas assister les parties prenantes à celui de la cité de l’UA. Avec l’appui des pays de la SADC et de la CIRGL à l’Accord au dialogue tel que signifié solennellement au sommet de Luanda qui s’est achevé le 26 octobre 2016, il n’est pas acquis que les soutiens occidentaux de Katumbi acceptent de lever l’option d’une guerre, car ils risquent de pas avoir de base-arrière.

Saondage BERCI : quand Olivier Katumbi met l’huile aux feux
La guerre froide entre le camp d’E. Tshisekedi et celui de M.Katumbi au sein du Rassemblement s’est aussi signalée après la publication du résultat controversé d’un sondage réalisé par l’agence BERCI, une agence ayant appartenu à Olivier Kamitatu – un proche de Katumbi - dans les années ’90 et qui était en cessation de fonctionnement depuis bientôt 20 ans. Le résultat de ce sondage qui a donné la victoire, en cas d’élection présidentielle, à Moïse Katumbi a provoqué, à en croire la presse, « l’ire d’autres acteurs membres du ‘Rassemblement’, notamment les Tshisekedistes pur-sang » qui, eux-aussi, crient au bidonnage ».

Les Congolais sont-ils prêts à avaliser une nouvelle guerre en RDC ? Le scénario que quelques militants du Rassemblement peuvent accepter est celui d’un soulèvement populaire qui réussisse à chasser rapidement le régime actuel du pouvoir. Or un tel scenario, qui s’étalerait sur du temps et qui aggraverait la situation précaire du social du peuple, ne peut être soutenu par cette même fraction du peuple pro-Rassemblement. D’où l’implication de l’Occident à vouloir obtenir un deuxième dialogue pour sauver la face de ses ouailles.

Les conditions posées par Etienne Tshisekedi, fussent-elles, au départ, demandées par Moïse Katumbi, n’ont pas produit l’effet désiré pour le principal maître et pourvoyeur des billets verts du Rassemblement. Le refus d’écouter tous ceux qui essayaient de le raisonner peut aussi constituer, pour Etienne Tshisekedi, une stratégie pour se débarrasser d’un adversaire devenu ami, c’est-à-dire celui qui a la même ambition que lui et qui peut lui damer le pion en cas d’élection. Avec la fin du dialogue, Katumbi continue à errer de par le monde et ne peut rentrer en RDC. Si les choses évoluent tel que maintenant, Moïse Katumbi ne va pas participer à la prochaine présidentielle, ce qui permettra à E.Tshisekedi de l’éliminer comme challenger. Mais, il est toujours possible au sphinx de Limete d’adhérer au schéma du dialogue. Il pourrait en devenir le Premier Ministre, aux dires de certains analystes. Du coup, les affaires de Katumbi s’en trouveraient mal. Le lider maximo va-t-il, à la faveur d’un réalisme politique briser, sous peu, l’alliance avec Katumbi pour choisir de rejoindre le camp du dialogue de l’UA ? Qui vivra saura.

Samy BOSONGO
congovirtuel.net
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