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* Du ministère des Finances à la Primature, le Premier ministre sortant a mis la barre ci-haut qu’il incarne désormais toute une école.

Ce sera qui ? Telle est la question la mieux partagée dans le landerneau politico-médiatique kinois. Pas seulement. Dans le pays profond comme outre-frontières nationales. Hier comme aujourd’hui, la Primature demeure un enjeu permanent. Après plus de quatre ans de l’ère Matata, ce poste prestigieux a, incontestablement, gagné en valeur ajoutée. Et pour cause, l’homme qui s’apprête à passer le témoin sur la célèbre avenue Roi Baudouin – notre X Downingstreet – lègue un héritage fait à la fois de style, de rigueur et de réalisations. A n’en point douter, il y aura un avant et un après Matata. Tous les observateurs équilibrés s’accordent sur ce point.

Blanchie sous le harnais…zaïro-congolais, la déjà légendaire Colette Braeckman n’écrit pas autre chose dans Le Soir que reprend le quotidien congolais Le Potentiel. Lorsque l’article d’un confrère force autant notre estime que notre admiration.

UN BAIL COURONNE D’OEUVRES
La pratique sociale étant le seul critère de la vérité, le procès du bail d’Augustin Matata Ponyo à la primature n’est plus un exercice d’initiés. A bien des égards, la lecture de la gestion Matata procède de l’honnêteté intellectuelle.
Dans un article sur Augustin Matata, paru dans Le Soir sous la signature de notre consœur belge Colette Braeckman, l’auteur souligne que "de toute manière, par plusieurs aspects, le Premier ministre sortant est passé dans l’histoire. Tout d’abord par sa longévité. Désigné au Poste de Premier ministre par la Majorité présidentielle (MP) à l’issue des élections de 2011, Matata s’est attelé pendant les quatre ans de son bail, au redressement de l’économie. Bourreau du travail, réputé pour arriver au bureau avant le lever du soleil, issu du Bureau central de coordination (BCECO), il entend surtout stabiliser le cadre macroéconomique afin de rassurer investisseurs et créanciers".
Cette reconnaissance de la qualité et des hauts faits de Matata Ponyo devrait être partagée par tous les Congolais épris de bon sens. "Aidé par la hausse du cours des matières premières, il peut se vanter d’avoir maitrisé l’inflation et se targue d’une croissance de 8%." renchérit Colette Braeckman dans sa réflexion. Elle n’aura rien inventé. Car une fois de plus, les agents de services de l’Etat ainsi que ceux de l’administration publique , peu importent leurs appartenances politiques, reconnaissent que c’est Augustin Matata Ponyo qui aura apporté des innovations dans la politique salariale. Première nouveauté : la bancarisation de la paie des fonctionnaires et agents de l’Etat. Cette pratique a eu le mérite de tordre le cou à la mafia et permettre ainsi à l’Etat congolais, de récupérer d’importantes sommes d’argents du trésor qui, pendant plusieurs décennies, allaient atterrir dans les comptes des privés. Moralité, des particuliers se sont enrichis sur le dos de l’Etat congolais appauvri à dessein.
Par ailleurs, sous la gestion de Matata Ponyo que la paie des agents et fonctionnaires de l’Etat, a été régularisée. Considéré pendant plusieurs décennies comme une contingence, le paiement de rémunération des agents de l’administration publique est désormais régulier. A partir du 15 de chaque mois, les agents de l’administration publique avaient la certitude que leurs comptes bancaires étaient crédités. C’est aussi ça, le "miracle Matata".
On se rappelle encore de l’acronyme "SIDA" né de la très symbolique place "Golgotha". Rien à voir avec le VIH/Sida. Dans l’argot de fonctionnaires de l’Etat en RD Congolais, le mot "SIDA" veut tout simplement dire : "Salaire insignifiant difficilement acquis". Que l’on dise que le salaire de l’agent et du fonctionnaire de l’Etat congolais est encore loin de couvrir l’essentiel de ses besoins, là n’est donc pas le débat. Mais ne pas reconnaitre que grâce à Augustin Matata, ce salaire est tout de même payé à échéance, relève de la malhonnêteté.

UN HOMME COMPETENT SACRIFIE SUR L’AUTEL DE L’ARRAGEMENT POLITIQUE
C’est donc un Augustin Matata Ponyo, réputé par son sens d’austérité, qui abandonne le fauteuil tant convoité de la primature. L’arrangement politique dicté par la donne actuelle du pays l’y a contraint. Que le Président Joseph Kabila, dans son discours sur l’état de la Nation, mardi 16 novembre au Palais du peuple, en arrive à louer le travail "remarquable" et avec "dévouement" du Premier ministre Matata, il n’y a donc point d’hyperbole en cela. Autant l’arbre est reconnu par ses fruits, autant l’on doit également reconnaitre le Premier ministre sortant s’est immortalisé au travers de ses œuvres.
Si le très vertueux Vincent De Paul Lunda Bululu est entré dans l’histoire du pays, pour avoir jeté un pont sur la rivière Makelele à Kinshasa (Pont Lunda Bululu), si aussi le très comique feu Bernardin Mungul Diaka s’est lui aussi, immortalisé suite à la construction d’un petit pont sur l’avenue By-Pass, à combien plus forte raison Augustin Matata Ponyo ? Mille et une raisons font qu’il entre dans l’histoire. En tout cas, dans différents secteurs de la vie nationale, Augustin Matata Ponyo y aura laissé des empreintes indélébiles.
Dans le secteur de transports et voies de communications, Augustin Matata Ponyo aura été le bon élève de l’école de Joseph Kabila.
Plusieurs routes secondaires ont été réhabilitées en provinces. A Kinshasa, l’octroi à crédit aux particuliers, des bus communément appelés "Esprit de vie" dans la capitale, la reprise de la flotte entre Kinshasa-Kisangani-Kinshasa, grâce à la réhabilitation de gros navires de l’ex-Onatra...voilà un échantillon de réalisations qui marquent le passage de Matata à la Primature par un Sceau-de-Salomon.
Tout bien considéré, l’œuvre entière de cet homme de l’aurore, force l’admiration des Congolais. Evidemment, beaucoup reste encore à faire. Cependant, on ne doit pas non plus dire que rien n’ a été fait. Cette critique excessive reposerait sur des considérations purement subjectives. Partant, le caractère très remarquable des réalisations de Matata place le futur Premier ministre dans une posture de contrainte. Ce dernier risque d’être jugé à l’aune des œuvres de son prédécesseur Augustin Matata Ponyo.

UNE PRIMATURE RELOOKEE
Si ce jour, l’ancien Premier ministre Patrice-Emery Lumumba sortait de sa tombe, sans doute qu’il aurait du mal à reconnaitre son ancien bureau. A la limite qu’il pourrait se souvenir su site. Non sans raison. Plusieurs Congolais se sont succédé à la Primature. Mais Augustin Matata a ses marques. En plus du record de longévité de son bail (4 ans), la particularité de Matata est qu’il n’a pas occupé le bureau de Patrice-Emery Lumumba pour ne rien faire. C’est donc lui qui a relooké la Primature. Des bâtiments sont sortis de terre. Et, le jardin de la concession abritant les bureaux du Premier ministre transformé en un site touristique. Que dire de l’Impressionnant "immeuble intelligent" abritant désormais nombre de cabinets ministériels, construit dans un design exceptionnel, place Royal sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa.
Sans doute, l’homme de la bonne gouvernance et de la rigueur s’en va. Néanmoins, sur base de toutes les réalisations partiellement rappelées ci-dessus, "il ne sera facile pour son successeur de le faire oublier de sitôt, autant en RD Congo qu’à l’extérieur du pays. Par sa méthode de gestion, depuis la séquence de ministre des Finances jusqu’à la Primature, Augustin Matata a mis la barre si haut qu’il incarne désormais toute une école".
Un autre fait notable de la grandeur de Matata, c’est le fait d’avoir déposé au Parlement, un projet de loi des Finances pour l’exercice 2017, chiffré à 5 milliards de dollars américains. Alors qu’il se savait partant, le Premier ministre démissionnaire pouvait bien piéger son successeur, en présentant à l’autorité budgétaire un projet de budget arrêté, par exemple, à plus de dix milliards de dollars. Technocrate, l’Homme à la très célèbre et inséparable cravate rouge, s’est une fois de plus, illustré par un comportement d’homme d’Etat, refusant de vendre des illusions à la population, rien que pour plaire à ses détracteurs. Pourvu que le futur Premier ministre s’approprie les méthodes Matata.
Comme le dit si bien Collette Braeckman « remplacer Matata à la Primature ne sera pas une tâche facile. Dans ce beau cadre de travail, totalement rénové, tout nouveau locataire se souviendra de celui qui l’a rebâti : Matata Ponyo Mapon »

Grevisse KABREL

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