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« N’ayant jamais été violée, la Constitution sera toujours respectée, et ce, dans toutes ses dispositions. ».Joseph Kabila ne croyait pas si bien dire et n’imaginait sans doute pas qu’il serait rattrapé aussi vite par les faits. À peine avait-il prononcé ce propos le 15 novembre 2016 que 48 heures plus tard, en violation de la constitution, le chef de l’État congolais nommait premier ministre Sammy Badibanga, un Congolais naturalisé Belge depuis 2002. À l’affût et amer de ne pouvoir faire plier le pouvoir, c’est Le Rassemblement qui a levé le lièvre en balançant l’information sur la toile. L’ancien ministre Olivier Kamitatu, auteur de cette révélation, met ainsi Joseph Kabila devant ses responsabilités, face à ses contradictions récurrentesdisent ses détracteurs.
Le Moniteur belge annonçait dans sa parution du 08/05/2002 la naturalisation de Monsieur Badibanga Ntita Sambady né le 12/09/1962. De fait, ce citoyen congolais perdait sa nationalité d’origiine qui est « une et exclusive ». Jusqu’alors député national, l’intéressé faisait partie de ces « binationaux » membres du parlement (217 députés sur 500) et des gouvernements successifs depuis 2006 qui ont bénéficié d’un moratoire de trois mois voté, le 12 février 2007, en leur faveur à l’assemblée nationale. Depuis, ils sont des dizaines à conserver leurs mandats et fonctions en toute illégalité.
Coup tactique ou  désinvolture ?
Après la signature de l’accord dernièrement négocié sous l’égide du Togolais Edem Kodjo, le président congolais avait nommé Sammy Badibanga premier ministre au-delà du délai qui avait été convenu. Manifestement, Joseph Kabila avait du mal à trouver l’oiseau rare dont l’identité de la  famille politique devait donner une image de main tendue à  l’opposition radicale. Le choix de Badibanga pourrait ainsi être un coup tactique qui aura prévu l’annulation de cette nomination, ce qui lui permettrait de gagner un nouveau délai pour faire monter les enchères en jouant les uns contre les autres avec les différents groupes de l’opposition.
La thèse de l’amateurisme et/ou de désinvolture ne peut être écartée car il  existe un précédent : en mai 2015, Joseph Kabila avait nommé ambassadeur en Belgique Gustave Beya Siku, ancien directeur de son cabinet, alors que ce dernier avait été naturalisé Belge depuis quelques années. Les Belges n’ont jamais voulu  de ce diplomate dont l’accréditation fut alors annulée. Peut-être que naïvement le président congolais avait misé sur le silence de tous les partis politiques englués dans cette affaire des « binationaux » qui pourrait les priver tous de nombreux cadres.
Bénéficiaire d’un glissement considéré comme résultat d’une torsion de la constitution, après son engagement et sa nouvelle parole d’officier de ne pas violer la constitution, Kabila va-t-il se dédire aussi vite ? La décision d’annuler la nomination d’un Belge comme premier ministre serait, en effet, un acte cohérent et conséquent largement préférable aux railleries que suscitera cet énième loupé.
Après la nomination par Laurent Désiré Kabila d’un Rwandais à la tête de l’armée congolaise, le fils va-t-il l’imiter en offrant au pays un Belge comme premier ministre ?
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