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Kabila toujours à la recherche d’oiseaux rares ?

Ça bouge sérieusement dans les salons politiques de Kinshasa, où tout le monde constate que l’Accord politique signé le 18 octobre 2016 à la Cité de l’Union Africaine par la Majorité présidentielle et des franges non représentatives de l’Opposition et de la Société Civile n’a nullement réglé la crise de légitimité au sommet de l’Etat. La preuve en est que la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo) s’est engagée dans un nouveau round de consultations de différentes parties prenantes au dialogue réputé jusque-là non inclusif.

L’autre indication des limites de l’Accord politique du Camp Tshatshi est à chercher dans la curieuse disponibilité du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, à être le premier à souscrire à la démarche des Evêques catholiques. Il y a aussi la troublante visite du vice-ministre angolais des Affaires Etrangères le mercredi 02 novembre à la résidence d’Etienne Tshisekedi, président du Conseil des Sages du « Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement », un regroupement politique qui a catégoriquement rejeté aussi bien les Résolutions du « Congrès » du Camp Tshatshi que celles du Sommet de Luanda.

S’agissant particulièrement des contacts Kabila – Cenco le week-end dernier, mais surtout des indiscrétions qui donnent le Président de la République perméable à un second dialogue, il y a lieu de s’interroger sur la gestion des dossiers « Dialogue », « Transition », « Elections » et autres au sein de la Majorité Présidentielle. Les observateurs ont comme impression que l’ « Autorité morale » serait entraînée dans un jeu des essais-erreurs par ceux qui prétendent partager sa vision au sujet de la fin de son second et dernier mandat à la tête de l’Etat.

Kabila toujours à la recherche d’oiseaux rares ?

Le Chef de l’Etat congolais serait-il toujours à la recherche du panel d’au moins quinze collaborateurs répondant aux critères de compétence et de confiance dont il avait fait mention, en son temps, dans une interview à la presse internationale, en marge d’un séjour aux Etats-Unis d’Amérique ?

La question se pose d’autant qu’à l’image de Mobutu, on voit d’une part des « faucons » le pousser littéralement à rechercher des chocs frontaux à répétition avec les forces politiques et sociales qui comptent réellement dans ce pays, diabolisant au passage les occidentaux qui recommandent une solution consensuelle à la sortie de crise, et d’autre part, des « modérés » cherchant à calmer le jeu à travers des missions de bons offices auprès de tous ceux qui s’avèrent incontournables pour « sauver le Congo ».

Pour ne prendre que le cas des « Concertations nationales » (septembre- octobre 2013, on avait vu des extrémistes du « kabilisme » débaucher à tour de bras des opposants de pacotille et pousser Kabila à la faute, en ignorant les vrais leaders d’opinions, sous prétexte que ceux-ci ne représentaient rien. C’est deux ans après et à 18 mois avant l’expiration de son second et dernier mandat qu’allait germer l’idée d’organiser un dialogue politique inclusif, à la suite sans doute du constat des limites du gouvernement Matata II mis en place en janvier 2015, alors que celui-ci était frappé abusivement du sceau de « cohésion nationale ».

D’où du reste l’amorce des consultations avec l’UDPS en priorité, suivie d’autres forces politiques et sociales, entre mai et décembre 2016. A un moment donné, des « conseilleurs » avaient fait croire à Kabila qu’Etienne Tshisekedi était dans la logique d’un deal politique bilatéral avec la Majorité Présidentielle et qu’il suffisait de lui offrir la Primature et quelques postes ministériels pour mettre l’affaire en poche. On se souvient à cet effet des épopées de Venise en Italie et d’Ibiza en Espagne, dans le dessein bien arrêté de prendre un raccourci en lieu et place d’un dialogue politique inclusif. On connaît la suite… avec son feuilleton de dénonciation par Tshisekedi du ballet des pré-négociations avec la MP et d’auto-exclusion de cadres de l’UDPS.

Par conséquent, les analystes politiques continuent de se demander comment Kabila d’abord, et le Facilitateur Kodjo ensuite, qui considéraient Tshisekedi comme un acteur incontournable dans la résolution de la crise congolaise, ont-ils opéré un virage à 180 % à la veille de la convocation des travaux du Comité préparatoire du Dialogue et estimé que les vrais-faux opposants accourus à Béatrice Hôtel et à la Cité de l’Union Africaine pouvaient leur servir de partenaires valables pour « glisser » ?

Aujourd’hui encore, le vent de l’histoire ne semble par tourner en faveur des « faucons » qui tiennent à opérer un passage en force dans les velléités de glissement du calendrier électoral. Les paramètres de l’heure indiquent que l’hypothèse d’un second dialogue est en passe de s’imposer, à moins que, comme par le passé, Kabila ne soit de nouveau amené à se cabrer alors que les signes du temps lui recommandent de privilégier une sortie honorable du tunnel du pouvoir.
La moralité de l’histoire est que l’entourage doit se faire violence pour lui dire la vérité, à l’image des dissidents de la MP regroupés au sein du G.7
Kimp/Le Phare

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