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«Joseph Kabila» dont le second et dernier mandat expire le lundi 19 décembre 2016 a décidé de priver les Congolais de l’accès aux réseaux sociaux. C’est un message de défi que cet homme mystérieux et secret se prépare à lancer aux 70 millions de Congolais. Un message qui ne peut être décrypté que par huit mots : « J’y suis, j’Y reste ! ». Les fournisseurs d’accès à l’internet ont reçu une notification officielle. Le 20 décembre prochain, l’actuel locataire du Palais de la nation n’a plus, au plan constitutionnel, le pouvoir de commander et de se faire obéir.

A plus ou moins 72 heures de l’expiration du second et dernier mandat du président sortant
«Joseph Kabila», les Congolais retiennent leur souffle. En cause, l’incertitude ambiante. Que va-t-il se passer? C’est la question qui revient dans toutes les conversations. Les activistes des groupes de pression « Filimbi » et « Lucha » restent intransigeants : « Kabila » doit quitter le pouvoir le 19 décembre. «Nous allons voir si la police va tolérer des manifestations», vociférait récemment Lambert Mende Omalanga, ministre (démissionnaire) de la Communication et des médias, sur les antennes de RFI.

Craignant le « chaos », les évêques catholiques préfèrent « négocier » une fin de règne apaisée. Ceux-ci ne croient pas à un quelconque échec des « discussions directes » entamées au centre interdiocésain. « Ils vont se référer à Joseph Kabila, qui a fait appel à eux, à chaque blocage pour trouver une sortie de crise paisible », indique une source proche…de la majorité présidentielle.

Les mauvaises habitudes ayant la peau dure, le dictateur «Joseph Kabila» se considère toujours comme étant le maître du jeu. Il a fait instruire les fournisseurs d’accès à l’Internet d’interrompre ce service dès dimanche 18 décembre à 23h59. Une manière de prendre de vitesse le « Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement » qui a fixé le « deadline » à la journée de lundi 19 à 23h59. On imagine que sans les réseaux sociaux, il sera difficile mais pas impossible à l’opposition de coordonner les actions programmées.

Dans une correspondance datée du 14 décembre 2016 adressée aux opérateurs précités, Oscar Manikunda Musata, président de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) demande le « blocage momentané » de tous les échanges tant au plan vocal qu’en image. Les réseaux sociaux Whatsapp, Skype, Google +, Youtube, Viber, Facebook, Twitter, Imo sont ainsi ciblés. Il en est de même de Linkedin, Myspace etc.

Sans fournir la moindre justification d’une telle mesure – qui porte atteinte au droit à l’information que la Constitution reconnait à chaque Congolais -, le président de l’ARPTC de noter : « Dans la mesure où le blocage partiel des services suscités ne sera pas possible, il vous est demandé dès lors de bloquer tout accès intégral auxdits réseaux sociaux.»

Interrogé par l’AFP, le représentant d’un opérateur a confié que tous les réseaux sociaux resteront bloqués «jusqu’à nouvel ordre». Un nouvel ordre que «Joseph Kabila» – qui se prend décidément pour Kim Jong Un de la Corée du Nord – est seul à déterminer la date. « La non application de cette mesure se traduira par une révocation de la licence des opérateurs récalcitrants », a ajouté cette dernière source.

Contacté, le ministre des PT &NTIC, Thomas Luhaka Losendjola, a répondu par sms qu’il n’était « pas informé » des directives données par l’ARPTC. Un comble ! Car sur le plan statutaire, cette régie est placée sous la tutelle du ministère que dirige l’ex-secrétaire général du MLC. Il se confirme qu’au Congo dit démocratique de « Joseph Kabila » les membres du gouvernement – le Premier ministre en tête – ne détiennent que l’apparence du pouvoir. L’exercice effectif de l’imperium se déroule à la Présidence de la République.


Mystérieux et secret, « Kabila » a peur de l’Internet

Au lendemain de l’élection présidentielle et des législatives chahutées de novembre 2011, le locataire « mal réélu » du Palais de la nation avait fait interrompre l’Internet durant trois semaines. C’était une première. Le ministre Tryphon Kin-Kiey Mulumba dira plus tard ces mots : «On veut bien la liberté, mais on ne veut pas la révolution, comme au Burkina Faso ou en Egypte ».

Au lendemain des manifestations des 19 et 20 janvier 2015 (bilan : 42 morts), le pouvoir kabiliste a récidivé en ordonnant l’interruption des services de SMS. Grâce aux réseaux sociaux, les Congolais tant de l’arrière-pays que ceux de l’extérieur purent suivre en temps réel la répression menée par des éléments de la police et ceux de la garde prétorienne de « Kabila ». On imagine le caractère dommageable de la situation pour les sociétés concernées.

Traînant derrière lui un «grand secret» tant sur sa filiation que sur son parcours personnel, «Joseph Kabila» joue au chat et à la souris avec l’Internet. Et ce depuis le 26 janvier 2001 date son accession à la tête de l’Etat congolais.

Durant plus de deux années, l’internaute qui faisait un «click» sur la rubrique «biographie» du site www.presidentrdc.cd lancé en 2004 recevait une réponse sibylline : « site en construction ». La grande majorité des Congolais avait subodoré que le successeur de Mzee – qui avait fait son service militaire dans l’armée tanzanienne avant de devenir l’aide de camp de James Kabare, alors commandant des troupes rwandaises déployées dans l’ex-Zaïre – avait sans doute des choses à dissimuler.

Ce n’est qu’en date du 28 février 2006 que le porte-parole d’alors, Kudura Kasongo, put mettre en ligne un document intitulé : « note biographique » de « Joseph Kabila ». Un texte bourré d’inexactitudes et de contrevérités. Les internautes se sont mis à relever celles-ci.

C’est grâce à l’Internet en général et aux réseaux sociaux en particulier que les internautes congolais ont appris que Jenny Desire Hildegonde Kyungu Mtwale alias Jaynet « Kabila » n’a jamais fréquenté le Lycée français de Dar es-Salaam. Elle a effectué ses études primaires au
«Green Valley Primary School» en Ouganda. Elle aurait achevé ses études secondaires en mai à Irambo Secondary School en Tanzanie.

Traînant derrière lui le secret d’Etat le mieux gardé sur ses origines et son parcours, « Joseph Kabila » a peur de l’Internet. Il a peur également des réseaux sociaux lesquels livrent une concurrence agressive aux médias classiques.

Ulcéré par l’oukase donnée aux fournisseurs d’accès à l’Internet par le pouvoir kabiliste, un confrère kinois dit tout le mal qu’il en pense : «Le président Joseph Kabila et sa fratrie se croient traqués par la terre entière. Ils ont peur que les internautes découvrent qu’ils n’ont jamais été que des imposteurs. Dès le 20 décembre, les Congolais ne sont plus tenus d’obéir aux commandements d’un dirigeant qui se soucie désormais plus de ses intérêts personnels que de l’intérêt général …»
B.A.W/CI
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