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Depuis hier, lundi 19 décembre 2016, le mandat constitutionnel du Président Kabila, en absence d’un compromis politique inclusif, plonge la République Démocratique du Congo dans une profonde crise politico-électorale. Avec une journée de lundi agitée, les congolais, en général, les Kinois, en particulier, redoutent la journée de ce mardi 20 décembre qui marque le premier jour que traverse la RDC sous une impasse politique majeure. Tous espèrent que dès le mercredi, à la reprise des travaux du dialogue sous l’égide de la CENCO, le tir sera rectifié.

Le 19 décembre n'est pas du tout un jour ordinaire à Kinshasa. C’est le moins que l’on puisse dire. A l’image des autres grandes villes du pays, la capitale congolaise a été fortement militarisée. Hier, dans la matinée, à Lemba et Matete, deux bastions de l'Opposition, nos équipes parlent d’un calme inhabituel pour ces quartiers populaires, traditionnellement mouvementés. Au rond-point Super Lemba, quelques passants, une vingtaine, traînaient dès l’aube. Ils attendaient depuis des heures un taxi qui tardait à venir. Sous la surveillance des forces de l'ordre, bien sûr. Celles-ci ont pris d’assaut la station « Bonjour » juste à côté. Des forces de sécurité en alerte, avec un camion VBGR à jets d'eau de la police, prêt à intervenir. Cet impressionnant dispositif sécuritaire également observé dans les autres coins chauds de Lemba, comme Terminus, Échangeur, route Kianza ou encore à Sous-région, n'impressionnaient pas, pour autant quelques groupes des curieux regroupés çà et là. Ils observaient et discutaient, en attendant de voir où les mènera cette longue journée.

Stations-services, boutiques, pharmacies et magasins restent hermétiquement fermés. Entre 9 heures et 10 heures, sur l'avenue Sefu, un groupe des policiers a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser quelques jeunes massés non loin de la chaussée. Dans la commune voisine de Matete, on observait plus des motos que des véhicules. Tout tournait ainsi au ralenti. Quelques deux ou trois bus Transco circulaient dans la matinée. Mais, tous étaient ou presque sans passagers à bord.

Pas d’affrontement ni de provocation. Exception notable à ce climat de psychose, au Quartier 1, le boulevard Kimbuta avait été rythmé par la musique et on se détendait de la sorte à coup de verre de bière. Les partis d’Opposition qui veulent visiblement donner une chance aux dernières négociations n’ont pas appelé à manifester. A l'approche de midi, la Ville-Province de Kinshasa tout de même dardée par les rayons solaires refusaient encore de se réveiller.

La journée a été quelques peu agitée, surtout à l’Université de Kinshasa et à la place Sainte Thérèse. Ce mardi, c’est tout un autre jour qui s’ouvre avec d’autres défis.
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