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Après "l’onction" donnée par "Joseph Kabila" à la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) afin qu’elle poursuive sa mission de bons offices, le Rassemblement a fait de même. C’est ce qui ressort de la rencontre qui a eu lieu, mardi 6 décembre, entre une délégation de la Cenco et celle du Comité des sages du "Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement" conduite par Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Sauf coup de théâtre, les discussions devraient commencer ce jeudi 8 décembre. En attendant, la "guerre des mots" a commencé. S’agit-il d’un "dialogue" ou d’une "table ronde"? Coup de chapeau aux prélats catholiques dont le rôle s’est limité jusqu’ici à tenter de concilier les prétentions en présence. Et ce contrairement à Edem Kodjo qui avait une conception très directive de la facilitation au point d’imposer aux parties une "feuille de route".

Le Centre interdiocésain de Kinshasa - et non la Cité de l’Union Africaine - devrait abriter, dès ce jeudi 8 décembre, les "discussions directes" entre une délégation des signataires de l’accord issu du "dialogue" et celle du Rassemblement (Rassop) à laquelle s’ajoute le Mouvement de libération du Congo (MLC). L’annonce a été faite par la Cenco.

Soucieux d’éviter que cette rencontre se transforme en une "palabre africaine", les évêques catholiques ont obtenu que le format soit limité à un total de 30 "débatteurs". Durée : trois jours.

Deuxième dialogue ou table ronde?

S’agit-il d’un "deuxième dialogue" ou d’une "table ronde"? Selon le président de l’Union pour la Nation Congolaise, Vital Kamerhe, "il ne s’agit pas d’un deuxième dialogue" mais d’une "table ronde". Une objection assez compréhensible de la part de celui qui était le co-modérateur des assises de la Cité de l’Union Africaine. Les mauvaises langues diront que les professionnels de la politique commencent à perdre patience face au retard qu’accuse la formation du "gouvernement d’union nationale".

Cette objection n’est qu’une "guerre des mots". L’essentiel est ailleurs. La table ronde est une réunion tenue par plusieurs personnes pour discuter, sur un pied d’égalité, des questions d’intérêt commun. Le dialogue, lui, est défini comme étant une discussion devant aboutir à un accord. Dans les deux cas, les discussions sont censées aboutir à un accord. En février 1960, la Belgique a organisé une table ronde avec les leaders politiques congolais. But : trouver un accord sur le processus de la proclamation de l’indépendance du Congo.

En grattant un peu, la remarque formulée par "Vital" semble rejoindre la préoccupation contenue dans le point 5-3 du communiqué publié le 5 décembre 2016 par le directeur du cabinet présidentiel. Selon Néhémie Mwilanya Wilondja, après avoir reçu le rapport de la Cenco, "Joseph Kabila" a notamment "réitéré son attachement au respect de la Constitution et de l’Accord politique du 18 octobre 2016 en tant que feuille de route (...).

Respect de la Constitution

Dans l’entendement du Président de la République en exercice, les discussions du Centre interdiocésain devraient se limiter à un "enrichissement" dudit accord. Un avis qui est loin d’enchanter ceux qui avaient boycotté les assises facilitées par l’ancien Premier ministre togolais.

Les points de divergence entre les deux camps sont connus. Tout en étant conscient de la nécessité d’envoyer des signaux de nature à détendre le climat socio-politique, le Rassemblement élargi au MLC tient au respect de la Constitution. Respecter la Constitution revient, dans le cas sous examen, à l’observation stricte de l’article 70 qui stipule : "Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu".

L’article 17 de l’accord précité énonce que "conformément à la Constitution" l’actuel chef de l’Etat reste en fonction "jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu". D’aucuns considèrent cette formulation comme un "chef d’oeuvre" de la mystification. Et ce dans la mesure où nul ne sait la date de la tenue de l’élection présidentielle. Et à fortiori la date de l’installation effective du "nouveau Président élu".

Voilà pourquoi le Rassemblement et ses alliés considèrent que "Joseph Kabila" et son gouvernement ont failli. Ils sont débiteurs de l’obligation de rendre compte. Il en est de même de la direction de la Ceni. "Joseph Kabila n’a pas réussi à organiser les élections en cinq ans, comment pourra-t-il le faire en quelques mois?", déclarait Félix Tshisekedi Tshilombo, alors secrétaire national de l’UDPS chargé des Relations extérieures. C’était dans une interview accordée à Congo Indépendant. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont depuis que ce genre de prise de position est jugée "incendiaire" par la "communauté internationale" en générale et le département américain en particulier.

Quid du social?

Porte-parole de la Cenco, l’abbé Donatien Nshole s’est montré optimiste. Il compte sur la "bonne volonté" des participants à cette réunion restreinte pour aplanir les points de divergence.

Des observateurs espèrent que les discussions qui s’amorcent devraient aboutir à l’éradication d’un système par la transformation de la société et non par le remplacement d’une oligarchie par une autre.

Dans une interview accordée au bimestriel "Notre Afrik" n°70, l’historien congolais Elikia Mbokolo - qui a participé au dialogue de la Cité de l’Union Africaine - y reproche le personnel politique congolais de ne s’occuper que des questions politiques. Alors que la population attend que le social soit également pris en compte. Selon lui, les "membres de la majorité comme de l’opposition ont une vision très juridico-constitutionnelle de ce qui se passe".

Baudouin Amba Wetshi

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