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Le deuxième round du dialogue national politique commencé depuis le jeudi 8 décembre et qui se poursuit le mardi 13 décembre 2016 au centre interdiocésain suscite des réflexions et analyses de part et d’autre. C’est le cas de l’analyste sociopolitique Richie Lontulungu qui s’est confié au quotidien La Prospérité pour scruter les enjeux politiques de l’heure. Pour ce digne fils de la République démocratique du Congo, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) doit agir de manière désintéressée et revoir à la baisse les aspirations personnelles des acteurs politiques. Car, soutient-il, c’est le socle d’un retour à la normale de la situation politique en RDC. Il renchérit que les assises du centre interdiocésain devrait privilégier l’intérêt commun qui, à ce stade, reste l’organisation des «élections dans le délai consensuel du Dialogue de la Cité de l’Union Africaine». Répondant à ceux qui prônent la restructuration de la CENI, Richie Lontulungu souligne qu’une recomposition éventuelle de la CENI plongerait davantage le pays dans la crise politique qu’elle connaît déjà. C’est dire que le plan est belliqueux. Découvrez, ci-dessous, l’intégration de son analyse.

CLIMAT POLITIQUE EN RDC: DEMISSION, NOMINATION, COMPETITION ET CORRELATION

Faisant suite au dialogue de la Cité de l’Union Africaine qui s’est résumé avec le départ d’un Premier Ministre en fonction en remplacement d’un nouveau (dont l’investiture est retardée), la RDC se trouve de nouveau les deux pieds noyer dans des pourparlers politiques toujours dans ses tentatives de déconstipassions du climat politique. Pourquoi les Congolais n’arrivent pas à s’accorder ? Qu’est-ce qui divise encore aujourd’hui? Toutes ces questions prises dans leurs valeurs intrinsèques révèlent la nécessité d’un dialogue socio-politique fécond entre filles et fils du Congo.

Le Congo a besoin des pourparlers qui imposeront un terme à des concertations cycliques et fatidiques que l’histoire du pays a toujours connu. Nous pouvons dire avec fierté aujourd’hui que nous entamons la phase pieuse de rapprochement d’idées et de règlement des différends.

Le Dialogue de la Cité de l’UA a amortit le pays en temps et en espace. Ces assises qui appartiennent désormais au passé, laissent derrière des mérites et des regrets. Si ce dialogue a réussit à réunir des personnes de grande valeur, disons que la finesse et le calcul n’y étaient pas pourtant laissant ainsi place au Congo que nous connaissons aujourd’hui, entre contradictions et incertitudes. Il sied de s’interroger comment le Facilitateur dudit Dialogue, le Togolais Edem Kodjo, n’a produit aucun effort, et même pas en dernier ressort, d’aller vers ceux qui résistaient encore ? Pourquoi a-t-il choisit d’aller avec ceux qui étaient prêt et le déclarant ainsi? Nous a-t-il vraiment aidés ? Est-ce que le Facilitateur avait une appréhension véritable du problème Congolais? Pourquoi est-il demeuré sourd aux appels d’intégration d’une grande partie des acteurs non-étatiques ? Est-ce un pragmatisme démesuré qui n’a servit finalement qu’à ramener le Congo à la case de départ ? Un problème de maîtrise du terrain ? Ce sont là autant des blessures politiques que les assises de la Cité de l’UA nous dressent à l’écran.

Loin d’être la responsabilité unanime du Facilitateur, nous qui sommes propriétaires de ce pays avons également une part d’explication à apporter à l’histoire. Comment nous en sommes arrivés là ? Dans mes op-edge précédents, je m’interrogeais déjà si la planche de salut du Congo ne serait pas le Congolais lui-même. Nous laissons la primaire du débat à l’histoire tout en estimant que si nous analysons fidèlement le contexte dans lequel notre pays se retrouve en ce moment précis, sans préjugé ni prétention à l’égard de soi-même, nous comprendrons que la solution à la crise actuelle ne se trouve pas à l’extrême Nord ou à l’extrême Sud mais dans le Congolais profond. Les assises qui s’ouvrent à la CENCO avec à l’appareil des Congolais en témoigne pour autant.

La date du 19 décembre 2016 qui est significative de l’épuisement du délai électoral requis en service pour l’actuel Président, attire entre divergences et convergences au sein de la société Congolaise. Cette date ne pose pour autant pas problème à une frange de la population qui estime que les assises de la Cité de l’UA qui projette les élections en 2018 a clos le débat. Cette frange comprend les soutiens au Régime et une partie des Indépendants qui, dans l’ensemble constitue une part du corps électoral. Par ailleurs, une autre frange de la population qui n’est pas d’avis contraire que les élections en la date du 19 décembre 2016 est infaisable, soutient en guise la thèse des élections rapprochées en Juillet 2017. Date marquante de la fin des opérations de révision du fichier électoral en cours.

Cette frange est constituée des Opposants au Régime et une partie des Indépendants. Ainsi donc, tous les camps s’accordent à reconnaître que le corps électoral pourrait, à l’éventuel, qu’être formalisé au plus tard le 27 Juillet 2016. Cette hypothèse démontre qu’au Forum de CENCO, nous débattons de l’horizon 2017 et non du 19 décembre 2016. Cela justifie par ailleurs l’appel des Confessions religieuses à l’apaisement de la situation et au calme. La date du 19 décembre 2016 est vidée de sa substance. Si nous connaîtrons un bras de fer en cette date, cela ne pourra qu’être qualifié de mauvaise foi et de manque de contenance politique. C’est l’effort que le Forum de CENCO essaie de mettre en place. Pour éviter de faire revivre à notre peuple les marasmes d’un passé proche, ces assises devrait aider à établir une corrélation politique entre les différentes parties prenantes. Ce virage est peut-être le dernier que prend notre pays et au-delà duquel les bandes de frein n’exécuteront plus. Il est donc indiscutablement temps pour le Congolais de prouver au monde sa maturité politique.

Le forum de la CENCO devrait travailler aussi sur les mécanismes de renforcement des mesures de confiance et le renforcement de la politique de sûreté. Des mesures d’apaisements tels que la libération des prisonniers politiques et des détenus d’opinions seront les bienvenus pour la décrispation du climat politique actuel.

Les participants à ce forum, loin de passer pour des superstars, doivent prendre conscience du virage opportun à la croisée duquel le pays se trouve en ce moment. La majorité silencieuse, forte et coalisée, observe à travers un regard calme mais pas insouciant. Parce que nous parlons d’un forum réduit à une trentaine des personnes, l’histoire notera que l’avenir des soixante-dix millions des Congolais qui composent ce pays se trouve aujourd’hui inscrit entre les mains de cet échantillon. Devant la face du destin, nous serons cotés comme des héros ou soit comme des zéros.

C’est très motivant de constater que les différentes partie-prenantes dans ce forum ne jurent qu’au nom du peuple. Si nous consentons réellement parler au nom du peuple, nous sommes appelés à tolérer et à accepter la diversité et le dynamisme de ce peuple. Si nous appréhendons les choses de cette manière tout en agréant les uns des autres que nulle ne peut se prévaloir posséder toute la part de vérité, nous arriverons à des conclusions apaisées qui synchronisent avec les aspirations de toutes les sections de la population.

Autre moyen d’arriver à des conclusions raisonnables et responsables, ce forum est appelé à corriger tout le long de son chemin les aléas du Dialogue de la Cité de l’UA. Ne pas cautionner la magouille sous quelque forme et l’injustice constatées lors de cette assise. Des contradictions criantes qui n’ont servi qu’à enfoncer davantage nos différends. A l’exemple, des sections importantes de la société ont été vulnérabilisé durant les assises de la Cité de l’UA au nom d’un accord qu’il fallait obtenir coûte que coûte. On comprend bien que les personnes aux visages déphasés et celles aux orientations floues ont été laissé-pour-compte. Et encore plus spectaculaire, les Confessions religieuses qui jouent un rôle fondamental dans la construction de la paix en RDC étaient quant à eux aussi omises du compte.

Parce que l’histoire nous accorde un second round, coordonnons ensemble nos efforts pour arriver à fixer le toit de notre maison au moment où le soleil brille encore haut dans les cieux. Cela appel les participants à s’afficher objectifs et non subjectifs. Nous ne pouvons pas éditer notre passé commun mais que nous sommes très responsables de ce qui arrivera dans notre futur commun.

Les questions qui entravent l’organisation des élections dans le délai consensuel du Dialogue doivent être rayées des pourparlers. La question de la restructuration de la CENI, par exemple, est démodée. C’est plus qu’une évidence que le contexte présent ne permet pas à cette tentative d’aller de l’avant. Une recomposition éventuelle de la CENI plongerait davantage le pays dans la crise politique qu’elle connaît déjà. Restructuration, dit-on ? Bien, c’est simple. On laisse la porte grandement ouverte à des tractations fatidiques et périlleuses entre les différentes composantes en présence. Le pays se transforme en un grand boulevard, et rien ne va sans dire que cela signifierait aussi l’arrêt des opérations de Révision du Fichier Electoral en cours qui devrait s’étendre maintenant à 12 provinces. De cette façon, l’opération de révision du fichier électoral sera jetée dans les oubliettes. Le plan est belliqueux car lorsque nous y serons, les Autorités Politiques se trouveront face à un problème de légitimité sans précédent. Cette démarche peut être la source d’une crise prochaine en RDC. La problématique de la CENI est un paradoxe de survit Etatique qui interpelle tous les décideurs au forum de la CENCO. Agir de manière désintéressée et revoir à la baisse les aspirations personnelles; c’est le socle d’un retour à la normale de la situation politique en RDC. Privilégier l’intérêt commun qui, à ce stade, reste l’organisation des «élections dans le délai consensuel du Dialogue».

Concluons en disant que ceux qui croient réellement en cette Nation, savent que son destin est plus grand que l’ensemble de nos ambitions individuelles combinées. Avant de répondre aux caprices politico-économiques de nos partenaires extérieurs, nous devons, de prime à bord, satisfaire au besoin de la Paix dans notre pays. Il est très nécessaire que les pourparlers en cours se résument à une corrélation politique. Je crois profondément que nous pouvons garder les promesses de nos père-fondateurs vivantes. Notre peuple n’est pas aussi divisé que les politiques le sous-entendent. Parce que l’instant est diffèrent, alors le peuple Congolais a choisit de renvoyer ses siens vers des nouveaux pourparlers. En décidant sur le sort de notre nation, les participants à ce forum ne devraient pas miser sur leurs partis politiques ou regroupements respectifs, mais, plutôt, sur l’espoir que nous portons de l’ombre des choses à venir. Nous devons être prêts à réclamer ce pays à tout moment et à l’orienter vers une nouvelle direction. Les Congolais sont seuls maîtres à bord pour écrire autrement le destin de leur nation. Majorités, Opposants et indépendants, nous pouvons avoir des malentendus sur nos méthodes sans jamais devenir des malentendants. Si nous coordonnons effectivement nos voix, il n’y a aucun problème que nous ne serons à même de résoudre et aucune destinée que nous ne soyons en mesure de réaliser.
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