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* Ne trouvant rien à reprocher à leur mandataire, les confessions religieuses réitèrent leur confiance au Président de la CENI

Il sortira quelque chose du Centre interdiocésain de Kinshasa, où se poursuivent encore des discussions directes entre signataires et non signataires de l’Accord politique du 18 octobre dernier. En attendant les conclusions de ces pourparlers politiques sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), des indiscrétions des travées du siège de la curie de l’Eglise catholique romaine en RD Congo font état d’une redistribution des cartes.
Dans ce "nouveau" schéma de gestion consensuelle de la nation pendant la transition, on apprend que la présidence du Comité national de suivi des recommandations des discussions du Centre interdiocésain sera confiée à Etienne Tshisekedi, président du Rassemblement des forces politiques et sociales acquisses au changement. Pas seulement. Même la Primature serait également en jeu. Comme si tout cela ne suffisait pas, voilà que le poste de président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), commence aussi à faire l’objet de marchandage politique.
Il n’en fallait donc pas plus pour que les confessions religieuses, mandatrices de Corneille Nangaa, piquent une sainte colère. Et pour cause, le poste de numéro 1 de la Centrale électorale n’est ni une propriété de la Majorité présidentielle ni celle d’une quelconque frange de l’Opposition. Bien au contraire. La présidence de la Ceni est l’apanage de la Société civile. Particulièrement les Confessions religieuses. Et, ce sont ces dernières qui, en date du 21 octobre 2015, avaient élu Corneille Nangaa Yobeluo à ce poste. Ce sont les mêmes confessions religieuses qui, voici environ une semaine, ont réitéré leur confiance en Corneille Nangaa. Non pas parce que la tête de l’actuel président de la Ceni leur plairait singulièrement. Plutôt parce que Corneille Nangaa fait preuve de compétences techniques aussi bien à l’intérieur qu’en dehors des frontières nationales..
Né en 1970 à Bagboya en Province orientale, M. Corneille Nangaa Yobeluo, n’est pas un néophyte en matière d’organisation des élections. Bien au contraire. Il charrie derrière lui 13 ans d’expérience professionnelle dont 8 en démocratie et les élections. Ce, aussi bien au niveau national qu’international. Il a d’abord occupé le poste de Secrétaire exécutif national adjoint (SENA) de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) sous la présidence de feu l’abbé Apollinaire Malumalu.
Facilitateur, expert BRIDGE depuis 2010, fonctionnaire international et consultant par moment, Corneille Nangaa a beaucoup travaillé dans le domaine d’assistance technique électorale en tant que consultant avec la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES), l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électoral (IDEA), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Côte d’Ivoire, au Niger, au Gabon, en République de Guinée, au Ghana, au Kenya, au Burundi, au Cameroun et à Madagascar.

CONFIANCE RENOUVELEE DES CONFESSIONS RELIGIEUSES.
Depuis 2005, Il évolue dans le domaine des élections. C’est lui qui a occupé le poste de Superviseur technique national à l’ancienne CEI. Qui plus est, Corneille Nangaa a eu à coordonner les opérations électorales sur le terrain dans toutes les provinces de la République démocratique du Congo. Nommé coordonnateur du Réseau du savoir électoral en Afrique centrale en 2007, il a conduit sous l’autorité du Président de la Commission électorale indépendante (CEI), l’installation de ce réseau au sein de tous les Organes de gestion des élections (OGE) des 9 pays de la région d’Afrique centrale. Ce cursus est donc loin d’être exhaustif. C’est sur base de cette expertise avérée que les Confessions religieuses avaient jeté leur dévolu sur Corneille Nangaa Yobeluo, alors Secrétaire exécutif national adjoint (SENA) de la Commission électorale nationale indépendante depuis 2013.
Et, comme pour exprimer davantage leur confiance en Nangaa, les mêmes confessions religieuses, excepté l’Eglise catholique, l’ont manifesté dans une correspondance adressée récemment au Président de la République, Joseph Kabila.
Au-delà de la querelle politicienne, la question qui se pose est celle de savoir en quoi Corneille Nangaa a failli. Sinon, on ne peut pas comprendre que depuis un certain temps, des politiciens se mettent à la manœuvre pour chercher la tête du Président de la Centrale électorale. Aussi curieux que cela puisse paraitre, personne de ceux qui réclament la refonte du Bureau de la Ceni, n’apporte une argumentation massue pour soutenir leur requête. Cela s’appelle acharnement. Pas plus. Sous peine de se redire, plus d’un analyste constate que cette ténacité paraît d’autant plus suspecte qu’elle ne comporte aucun grief objectif à opposer à Corneille Nangaa.
Comme dit précédemment, Corneille Nangaa est l’émanation des confessions religieuses qui l’avaient élu à l’écrasante majorité. Partant, dans ce monde de la foi où la spiritualité prime, retirer un mandat à quelqu’un est synonyme de désaveu. Et, désavouer quelqu’un n’est rien d’autre que le discréditer d’abord moralement. C’est ce que les chefs des confessions religieuses membres de la Commission d’intégrité et médiation électorales (CIME) n’entendent pas faire pour assouvir les appétits gloutons des acteurs politiques qui suspectent tout et qui ne semblent avoir confiance en personne.

DES MANŒUVRES DILATOIRES
La non-tenue des élections dans les délais constitutionnels, est la principale cause de la présente crise politique en RD Congo. Au stade actuel de la situation, l’heure n’est plus à établir les responsabilités. Bien au contraire. Après ce rendez-vous manqué, le bon sens impose plutôt un regard sur l’avenir du pays. Voilà qui justifie les deux séquences de recherche de consensus en interne. D’abord le dialogue de la Cité de l’Union africaine tenu du 1er septembre au 18 octobre derniers. Puis, les discussions directes entre les signataires et les non-signataires du Compromis politique du 18 octobre, en cours au Centre interdiocésain.
Quelle que soit l’alternative politique finale qui sera la mouture des conclusions des deux pourparlers évoqués ci-dessus, la boussole demeure l’organisation des élections dans les prochaines échéances que les principales parties prenantes auront convenu de manière consensuelle. Le ton avait déjà été donné à la Cité de l’Union africaine. Foi à l’article 1er de l’Accord, dans sa partie consacrée au Fichier électoral. "Dans le souci d’assurer l’inclusivité et la crédibilité du processus électoral, de garantir l’universalité des suffrages et conscients des insuffisances et de l’obsolescence du Fichier de 2011, nonobstant une réforme effectuée en 2015 ; prenant acte des avis techniques de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), complétés par les rapports d’experts notamment de l’ONU, de l’OIF et nationaux, nous convenons de la constitution d’un nouveau fichier électoral et recommandons à la CENI de poursuivre les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs en cours", renseigne le premier alinéa de l’article sus-évoqué.
Par ailleurs, l’article 3 de l’Accord stipule que " le Fichier électoral est constitué au 31 juillet 2017, entendu que ce délai comprend toutes les étapes nécessaires, y compris celles de l’annonce des appels d’offre, de la signature et de l’exécution des contrats de fourniture des kits électoraux, de l’identification et de l’enrôlement des électeurs, ainsi que de l’affichage des listes électorales. "
Entendu que l’organisation des élections est une somme d’opérations coordonnées, on ne peut pas prétendre constituer un Fichier électoral fiable, sans pour autant procéder à l’identification et l’enrôlement des électeurs. Ce à quoi la CENI, sous la conduite de son Président Corneille Nangaa, s’attèle depuis quelques mois dans les provinces du pays. Jusque samedi 24 décembre, le Bureau de la CENI séjournait encore dans l’Est du pays.
Alors, comment peut-on comprendre que les mêmes acteurs politiques qui, matin midi et soir, réclament la tenue de prochains scrutins dans de meilleurs délais, puissent en même temps, investir dans une campagne de déstabilisation du Bureau de la CENI ?
Refaire le bureau de la CENI ne serait-il pas une manœuvre dilatoire dont le ressort serait le retardement même des élections réclamées à cor et à cri ? S’il se pose réellement un problème au niveau du bureau de la CENI, il appartiendrait alors à chaque composante ayant son délégué au sein du staff dirigeant de la CENI, d’en tirer les conséquences. Pour le cas de figure, seule la Société civile, singulièrement les Confessions religieuses, pourraient décider du sort de Corneille Nangaa. Soit qu’elles retirent, soit qu’elles lui réitèrent leur confiance.
Or, les chefs spirituels à la suite de leurs ouailles ont réitéré leur soutien au Président de la CENI. L-Grevisse KABREL
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