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Alors qu’on est dans les arrêts de jeu au centre interdiocésain de Kinshasa, le Député Jean-Bertrand Ewanga du Rassemblement fixe l’opinion sur le point de vue de son regroupement politique. Le Président du Front citoyen pour la République (FCR) réitère la position du Rassemblement sur le strict respect de la Constitution. Et cette Constitution, rappelle Jean-Bertrand Ewanga, arrête le deuxième et dernier quinquennat du Président Kabila au 19 décembre 2O16. Tout en invitant le peuple à s’exprimer « obligatoirement » à cette date sur la fin constitutionnelle du règne de Kabila. L’opposant dissident de l’UNC de Vital Kamereh dit s’en remettre aux négociations en cours avec la CENCO.

Le Rassemblement est d’accord pour glisser avec le Président Kabila après le 19 décembre 2016?

Les positions du Rassemblement sont connues. Il n’est pas question d’accorder à Kabila une seconde après le 20, ce sont là les principes. Et le Rassemblement n’est pas le seul à gérer le Congo. Nous gérons le Congo avec l’église catholique, avec les églises en général, avec les partenaires sociaux et aussi les partenaires extérieurs. Je voudrais être clairs là-dessus. Les partenaires extérieurs ce sont des Etats, les américains, les européens qui nous ont toujours accompagnés, qui pensent qu’il nous faut une transition, et que dans cette transition nous devons impliquer la Majorité présidentielle. Ça c’est le point de vue des partenaires extérieurs et de l’église catholique. Le point de vue du Rassemblement, l’objectif final est qu’on organise les élections dans ce pays. Et nous avons estimé que nous allons écouter les amis de la Majorité présidentielle pour voir dans quelle mesure nous pouvons évoluer, évidemment pour épargner le peuple congolais de misère, de souffrance et du sang qui doit couler. Cela ne veut pas dire que nous avons désarmé, que le 19 décembre nous allons applaudir. Mais nous sommes dans les négociations. Et dans les négociations c’est-à-dire qu’il faut donner une partie de vos exigences, savoir les abandonner et que les autres doivent abandonner pour trouver un compromis.
Après le 19 décembre, est-ce que le Rassemblement est prêt à faire marche ensemble avec le Président Joseph Kabila ?

Tout dépendra des entretiens de la CENCO. Si elle arrive à trouver un modus vivendi pour que rapidement on aille aux élections, la CENCO vont répondre à cette question.
La position actuelle du Rassemblement, qu’est-ce qui est négociable et qu’est-ce qui ne l’est pas ?

Ce qui est négociable, c’est le départ de Kabila. C’est négociable dans le sens que la Constitution arrête son règne le 19 décembre. qui n’est pas négociable, on ne touche pas à la Constitution, pas de révision, pas de référendum, pas de troisième mandat pour Monsieur Kabila, ça on ne négocie pas.
Une année avec Kabila pour organiser les élections, ça peut apaiser les esprits ?

Tout dépendra de ce qu’ils vont trouver comme solution aujourd’hui. Parce qu’au moment où je parle ils sont en blocage, les choses n’évoluent pas.
Blocage à quel niveau ?

Blocage au niveau de certains principes. Le respect de la constitution, tout le monde n’en a pas le même entendement parce qu’il y en a qui se demandent si on a le droit de refuser à un peuple d’aller au référendum si on a le droit de dire qu’on ne va pas réviser la Constitution. Ça c’est le point de vue de la Majorité.
A quatre jours de la fin du deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila, quelle devrait être la réaction de la population ?

La première réaction pour la population c’est d’affirmer haut et fort que le mandat de Kabila est terminé, qu’il n’est plus notre Président, qu’il a perdu sa légitimité et sa légalité. C’est-à-dire que Kabila nous a amené dans une situation très complexe où toutes les Institutions de la République n’ont plus de mandat et de légitimité. A ce moment là tous les coups sont permis. C’est pourquoi l’église catholique et nos partenaires tentent de négocier parce qu’au-delà de la date du 19 décembre, il n’y aura plus d’institutions légales et légitimes au pays. Il faut une transition. Et dans la transition il y aura les gens de Kabila comme les gens du Rassemblement.
Le Rassemblement compte jouer quel rôle durant cette Transition ?

Le rôle premier, de l’autorité de transition, de gérer la Primature, pourquoi pas organiser un pouvoir où la Majorité ne peut plus diriger.
L’autorité de Transition, ça veut dire ?

Ça veut dire que pendant la Transition il faut qu’il y ait un chef qui dirige.
Et quelle sera la place de Kabila ?

C’est ça la question. Parce qu’il y a des gens qui considèrent que Kabila ne peut plus diriger parce qu’il a échoué sur toute la ligne. Mais il y a des gens qui ne sont pas du Rassemblement, les partenaires qui sont les nôtres, la volonté de l’église catholique qui pense qu’on peut aller avec Kabila dans les douze mois et organiser les élections pour qu’ils partent après. C’est dans quelques heures que nous serons fixés sur la position exacte qui sera prise.
Ce 19 décembre, la population doit descendre dans la rue ou pas ?

Obligatoirement, l’article 64 de la Constitution est clair. Qu’on trouve une solution au niveau du dialogue avec l’église catholique ou pas, le peuple doit entonner sa victoire et annoncer clairement que quelqu’un ne peut plus prendre le pouvoir par la force et que l’organisation de la transition doit être un compromis qui amène les gens vers les élections.

Interview réalisé par Stanys Bujakera
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