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A la déclaration taclant les évêques catholiques de ténors de la mouvance présidentielle, Joseph Kabila a dit niet. Il a pris de court sa plateforme. En réalité, il s’est moqué de ses lieutenants. Leur prise de position extrémiste a été réjétée. Les cardinaux de la Majorité présidentielle pensaient entraîner le chef de l’État dans le radicalisme contre l’Eglise catholique. Quel revers subi par Minaku et son groupe? Ils se sont empressés à prendre acte de l’échec de la mission de la Conférence épiscopale nationale du Congo. Pourtant, Kabila est resté logique avec lui-même. Il attendait recevoir les propositions de la Cenco pour se prononcer. Et maintenant, c’est clair que les prélats catholiques vont poursuivre leur mission des bons offices. Aussitôt, l’autorité morale a renouvelé sa confiance en L’Eglise catholique, aussitôt les extrémistes de la MP ont commencé à changer de langage. Les téméraires ont perdu leur latin. Honte! Ils prédisent pour la deuxième fois l’échec des évêques. Ils oublient que trois jours avant, ils avaient pris acte de l’échec de la mission de la Cenco pressant le même chef de l’État et les autres institutions à appliquer l’Accord. « Ils ont eu même le culot de dire que ces négociations ont fait perdre le temps à l’application de l’Accord », se moque un cadre du Rassemblement. Maintenant qu’ils sont déboutés, ils doivent vite se raviser et changer de fusil d’épaule. « La pilule sera dure à avaler », explique un communicateur de la MP sous le sceau de l’anonymat. « Nous sommes contraints de nous ranger derrière le chef de l’État et défendre malgré nous ses décisions ». Au lieu de se ridiculiser ainsi, la direction de la plateforme aurait pu poser la question à l’autorité morale pour savoir ce qu’il en pensait, se plaint un élu MP. En politique, il faut savoir lire les signes du temps. Et Joseph Kabila sait que c’est lui qui sera comptable et responsable en cas de troubles. Les yeux du monde sont braqués sur le pays. Des menaces des sanctions pèsent sur le régime. D’autres proches du président Kabila sont en voie d’être sanctionnés par les États-Unis et l’Union Européenne. Normal que le président Kabila tempère au risque de frustrer ses soutiens. Mais qu’à cela ne tienne, les autres cadres du pouvoir n’ont pas digéré leur déroute. « Tous les agitateurs, les chômeurs politiques en quête de postes vont lui tourner casaque », estime un analyste politique. Les États-Unis, l’Union Européenne et l’ensemble de la communauté internationale ont exprimé, maintes fois, leur soutien à la mission des évêques catholiques pour éviter le chaos au pays, dégager un consensus, mais surtout négocier une transition et une alternance pacifique du pouvoir.

Alphonse Muderhwa



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