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Avec la sortie du gouvernement Badibanga, il aisé de se rendre compte que la Majorité présidentielle n’a pas récompensé à leur juste valeur les efforts certaines personnalités politiques. Celles-ci, plus que d’autres, auraient mérité d’en faire partie en lieu et place de certains ministres dont l’apport au camp présidentiel est très discutable.
Patrick Kakwata par exemple, président du MRL, aurait sans doute mérité sa place au sein du gouvernement Badibanga.
Il a été sur tous les fronts pour porter haut la voix de la MP i. Il s’est démultiplié pour faire assoir dans l’opinion les thèses, parfois soporifiques, du pouvoir, et ce dans un contexte difficile caractérisé par une hostilité croissante à Kabila. Le fait qu’il ne soit pas entré au gouvernement est une énorme surprise. On ne va pas se mentir, on fait aussi la politique pour servir notamment au gouvernement.
Le cas de Kakwata n’est pas isolé hélas. Bruno Mavungu doit aussi être légitimement amer. Car sa «traîtrise» n’a pas payé. L’ancien secrétaire général de l’UDPS a pourtant fragilisé tant soi peu l’Opposition en prenant ses distances d’Etienne Tshisekedi. Par sa démission fracassante, il avait jeté le discrédit sur son ancien parti. En politique ça vaut cher. Pour moins que ça, Willy Mishiki, transfuge du Rassemblement, a obtenu le poste de vice-ministre de l’énergie.Mavungu a aussi contribué à la légitimation du Dialogue de la Cité de l’UA en y participant. C’était quand-même à cette époque-là le tout récent ex numéro 2 du plus grand parti d’opposition de la RDC. Et que dire de ses déclarations, au lendemain de sa démission, dans les médias contre ses anciens partenaires politiques de l’UDPS. Malgré tout ceci, Bruno Mavungu n’a pas été jugé digne d’intégrer le gouvernement Badibanga. Sa peine et sa déception sont compréhensibles.
Une autre injustice dans la composition du gouvernement Badibanga, c’est l’absence du professeur de droit Auguste Mampuya. Éminent constitutionnaliste, il a beaucoup contribué, par ses réflexions scientifiques, à légitimiter le pouvoir de Joseph Kabila. Son interprétation juridique notamment de l’article 70 de la Constitution a contribué à consolider les bases légales de l’exercice du pouvoir de Kabila. Son autorité scientifique a convaincu les congolais de bonne foi sur la nécessité pour Kabila de garder le pouvoir en attendant l’élection d’un nouveau président élu.
Récemment encore, Auguste Manpuya, a écrit un ouvrage qui démontre l’illégalité des sanctions ciblées occidentales contre les autorités politico-administratives congolaises.
Tout ce travail intellectuel qui a donné des matériaux aux communicateurs de la Majorité présidentielle n’a pas suffi à faire de lui ministre.
Dans ce cas, sur quel critère devient-on ministrable et ministre? Est-ce sur la seule base du militantisme? Encore que certaines actions et réflexions peuvent être considérées comme ayant un poids politique plus significatif que le simple militantisme. Le président du Rader n’aurait sans doute pas voler sa place au gouvernement.
Une autre personnalité qui aura sans doute marqué de son empreinte la Majorité présidentielle, c’est le CCU Thierry Mosenepwo. Le président de la ligue de jeunes du parti de Mende était au front pour défendre les couleurs de la Majorité présidentielle. Tel père tel fils, Mosenepwo comme Mende, a mit son bagou au service de la vision présidentielle. À part les plateaux des médias qu’il a inlassablement écumés, Mosenepwo était aussi sur terrain pour sensibiliser la jeunesse à ne pas recourir à la violence quelles que soient les divergences politiques.
Lui non plus ne figure pas dans le gouvernement.
Même en politique, la notion de la méritocratie doit prévaloir sur d’autres considérations.
Sinon, la démotivation risque de gagner les bonnes consciences.
Il n’est pas tard à la MP et à son autorité morale de rectifier le tir. Heureusement que les erreurs de casting peuvent se corriger.Alphonse Muderhwa
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