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L’alternance démocratique et l’alternance politique. Voici deux notions qui alimentent les débats dans les médias en RD Congo. Si pour le commun des mortels congolais, " l’alternance démocratique " est synonyme de l’ "alternance politique ", les deux concepts renvoient,cependant, les exégètes du droit aux antipodes.Chacun y allant de son interprétation et de son argumentaire. Selon que l’on soit du camp du pouvoir en place ou du Rassemblement. Des prises de position qui, à première vue, obéissent à la logique élémentaire de positionnement social. Normal, compte tenu du contexte actuel de la RD Congo.

Toutefois, au-delà de la " querelle ", le bon sens veut que l’on s’interroge. Laquelle des deux alternances consacre la légitimité de l’autre ? En d’autres termes, peut-on parler d’une alternance politique qui ne soit une conséquence directe de la démocratie ? A cette problématique, les inconditionnels du droit constitutionnel ne décolèrent pas. L’un deux s’exprimant sous couvert de l’anonymat hier à Forum des As, s’est montré rigoureux dans la conceptualisation.
Selon notre interlocuteur, la notion d’alternance démocratique renvoie à la tenue des élections, entendues comme mécanisme traditionnel d’accession au pouvoir. En ce concerne l’ " alternance politique ", il la définit comme " une possibilité " que la constitution reconnait à un camp politique de conquérir le pouvoir par les urnes. Pour étayer sa thèse, le même spécialiste part de la situation actuelle de la RD Congo."Prenons le cas de notre pays. Actuellement, il existe une coalition au pouvoir, la Majorité présidentielle. Si, à l’issue des élections libres, transparentes et démocratiques, un candidat du Rassemblement venait à l’emporter, c’est alors qu’on peut parler de l’alternance politique. Au cas contraire, on parlerait de la continuité du pouvoir. Autrement dit, lorsqu’un candidat MP remplace un autre au sommet de l’Etat, c’est le même pouvoir qui rempile", a-t-il argumenté.
"L’alternance démocratique induit la tenue des élections qui peuvent déboucher sur une alternance politique. Celle-ci ne se décrète pas ", a renchéri la source.

QUID DU REGIME SPECIAL ?
La constitution en République démocratique du Congo prévoit la tenue des élections au terme du second et dernier mandat du Président de la République. Pour le cas d’espèce, des scrutins devraient se tenir au cours de cette année 2016. Conformément à la disposition de l’article 73, l’élection présidentielle en RD Congo était censée se tenir quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du Président, à terme en jour de lundi 19 décembre. Soit, dans la première quinzaine du mois de septembre dernier.
Cependant, pour des raisons liées aux contraintes techniques, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), s’est déclarée incapable de convoquer le corps électoral dans les échéances prévues. Ceci explique cela. Depuis, le pays s’est confortablement installé dans une crise politique. Au cœur de l’impasse, l’épineuse question de la gestion du pays après le 19 décembre 2016 marquant la fin constitutionnelle du deuxième et dernier mandat du Président Joseph Kabila.
Dans le camp du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, opposition tshisekediste et Katumbiste on soutient mordicus l’idée d’un régime spécial. C’est-à-dire la mise en place de nouvelles institutions gérées par des animateurs désignés. Ce, pendant une période de Transition dont la durée ne devrait pas dépasser trois ans. Cette prise de position rejoint la thèse des partisans d’une alternance politique sans l’organisation des élections.
Cependant, du côté de la plateforme politique au pouvoir, cette prise de position du Rassemblement et ses alliés est considérée comme une tentative de prise de pouvoir par la force. " L’idée d’un régime spécial est elle-même anticonstitutionnelle. Aucune disposition de la constitution en vigueur ne prévoit une telle issue en cas de la non tenue de la présidentielle. Auquel cas, nous aurons cautionné une violation expresse de l’article 64 de la constitution qui stipule : " Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir pa la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi ". A tous égards, l’idéal de la démocratie politique consacré dans le préambule de la constitution du 18 février 2006, ne doit pas être sacrifié sur l’autel des agendas politiques affichés ou tacites.
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