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Alors que le gouvernement est réputé démissionnaire, le Ministre de la Fonction Publique, le Professeur Pascal Isumbisho, mû par le devoir de restitution, s’est présenté hier, vendredi 2 décembre 2016, devant la presse pour faire, une fois de plus, l’état des lieux de la réforme de l’administration publique. Sa communication était axée sur plusieurs points majeurs. Il s’agit, entre autres, de la problématique de l’installation des guichets uniques ; les structures standards ; le dialogue social ; la décentralisation administrative ; la formation et le recrutement ; la question de nouvelles unités ; les avancements en grades, pour ne citer que ceux-là. D’un revers de la main, il a balayé toutes les préoccupations soulevées par les professionnels des médias lors de cette conférence de presse tenue dans son cabinet de travail situé dans la commune de la Gombe.

L’administration publique étant la colonne vertébrale de toute la machine gouvernementale, il est donc très important de la rendre efficace et compétitive. C’est dans ce cadre que le Patron des ressources humaines de la République Démocratique du Congo a opté pour une communication régulière quant à la mise en œuvre de la réforme de l’administration publique qui, faut-il le reconnaître, avance sur des bonnes bases. Voilà pourquoi hier, vendredi 2 décembre 2016, alors que les autres pensent à la remise-reprise, Pascal Isumbisho, tenu par le devoir de redevabilité, a organisé une conférence de presse où il a abordé tous les points sensibles et insensibles de son secteur. Il a parlé de la réforme de l’administration publique depuis son origine, jusqu’à son état actuel. Le Ministre note que la RAP tire son origine de la vision du Président de la République, Joseph Kabila qui a voulu que la RDC devienne un pays émergent. A la suite de cette vision, poursuit-il, le Gouvernement Matata avais mis en place un programme d’actions du gouvernement qui plaçait la réforme de l’administration publique au premier plan. Et, le Ministère de la fonction publique avait pour mission de reformer le cadre juridique de l’administration, réformer et moderniser le système de sécurité sociale, restructurer les cadres organiques des différentes administrations au niveau central pour aboutir à la décentralisation administrative ; mettre en place un système de gestion des ressources humaines et de rémunération, sans oublier le recrutement et la formation pour le rajeunissement de notre administration publique. Pascal Isumbisho, qui retrace la politique du gouvernement en la matière, soutient que la réforme ne pouvait pas réussir sans un dialogue social qui devrait permettre aux agents et fonctionnaires de l’Etat de s’approprier ladite réforme. C’est sur cette base que, tout au long de son mandat, il a multiplié des échanges avec les syndicalistes réunis autour de l’Intersyndicale Nationale de l’Administration Publique. Concernant le cadre juridique, il y a lieu de rappeler que pour l’année 2016, le Président de la République a promulgué deux lois importantes. La première, c’est la loi qui a été promulgué au mois de mai 2016 et qui consacre la décentralisation administrative. A en croire Isumbisho, cette loi permet la mise en place de la fonction publique au niveau central, provincial, mais aussi des Entités Territoriales Décentralisées. Il y a, également, la deuxième loi, qui est très importante. C’est le nouveau statut des agents de carrière des services publics de l’Etat avec plusieurs innovations. En ce qui concerne la sécurité sociale, le Ministre rappelle que l’objectif était la mise en place de la caisse nationale de sécurité sociale. « Cela a déjà été fait et nous attendons son effectivité d’ici la fin de ce mois de décembre pour qu’avant la fin du premier trimestre 2017, que les retraités commencent à être payés par cette caisse», a-t-il expliqué.

Les structures standards

S’agissant de la restructuration et les cadres des administrations centrales, un gros travaille a été effectué pour les différents ministères et le concours d’admission dans les directions standards pour la première phase a été organisé, les agents ont été affectés. Actuellement, le processus de la deuxième phase a été amorcé parce que la partie écrite a été faite et les résultats ont été publiés. «Déjà ce lundi, nous commençons la partie orale pour la deuxième phase. C’est pour dire que les cadres organiques de 11 ministères pilotes ont été révisés. Il reste pour deux ministères et le travail est en train d’être finalisé maintenant à Matadi. En ce qui concerne la gestion des ressources humaines, le système intégré a été mis en place, il ne reste que la phase de l’interconnexion entre les différents ministères», a-t-il expliqué. En ce qui concerne le recrutement et la formation, le Ministre note que les objectifs poursuivis par la création de l’Ecole Nationale d’Administration ont été atteints surtout que l’école continue à former des agents et fonctionnaires de l’Etat qui doivent occuper les postes des directions. «J’ai parlé du recrutement et de la formation pour le rajeunissement de notre administration publique. Comme vous le savez, l’ENA fonctionne, nous avons déjà, depuis sa création, deux promotions et les étudiants qui ont terminé ont été intégrés dans notre administration publique et admis sous statut. La troisième promotion est en phase de terminer la première partie des cours pour qu’elle commence le stage au mois de février de l’année 2017. L’ENA s’occupe également de la formation continue des chefs des bureaux, chefs des divisions, bref des agents qui sont déjà en service», a-t-il argué avec satisfaction.

Des guichets uniques

A ce jour, plusieurs questions se posent non seulement sur la nécessité du guichet unique, mais aussi de savoir dans quelles provinces cela va se faire. Pour répondre à cette question, le Ministre de la Fonction Publique a répondu en ces termes : « Dans une province non démembrée, nous avons une quarantaine des chefs de divisions. Ces divisions sont des services de l’administration centrale mais déconcentrées en province. Le chef de division de la fonction publique dans une province représente l’administration au niveau central. Le Chef de l’Etat a réalisé le découpage territorial, nous sommes passés de 11 à 26 provinces. Il y a donc 15 nouvelles provinces que j’appelle nouvelles provinces filles, c'est-à-dire, des provinces qui n’ont pas cette administration publique déconcentrée». Et de poursuivre que « seules les provinces filles et mères ayant gardées les anciennes administrations provinciales. Compte tenu de la trésorerie de l’Etat, nous avons décidé de regrouper des services. Au lieu d’avoir une quarantaine des divisions, nous avons décidé, ensemble avec les gouverneurs et les assemblées provinciales, de n’avoir que 5 coordinations que nous appelons 5 guichets uniques».

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Pour le Ministre de la Fonction Publique, les guichets uniques sont donc des coordinations au sein desquelles sont regroupés les différents services qui représentaient les différentes divisions appartenant aux anciennes provinces qui ont été démembrées.

Qu’est-ce qui reste à faire ?

Il reste beaucoup des défis, souligne le Professeur Pascal Isumbisho. Il a abordé la question de nouvelles unités qui est un réel problème dont la solution n’a pas encore été trouvée. Il y a également la question de promotion et de titularisation, parce que pendant longtemps, il n’y pas eu de promotion dans l’administration publique congolaise. C’est d’ailleurs ce qui a fait que le Ministère la fonction publique au cours de l’année 2016, puisse réfléchir sur des solutions durables. On apprend, par ailleurs, que des propositions ont déjà été faites au niveau du gouvernement sur cette question. «Je considère donc pour ma part que cette année 2016 a permis de jeter les bases notamment, des bases juridiques pour la réforme de l’administration publique. Je considère que la phase de conception est bien déterminée, le décor est bien planté et que nous avons amorcé la phase d’exécution qui doit se poursuivre pour ce mois de décembre. Et qu’à partir de l’année prochaine, les résultats concrets pourront commencer à être visible, notamment le fonctionnement de la caisse nationale de sécurité et l’effectivité de la mise en place de la déconcentration dans les nouvelles provinces sous forme des guichets uniques. Ainsi que la mise en place de la fonction publique provinciale et locale étant donné que notre constitution consacre la décentralisation comme mode de gestion de l’appareil de l’Etat désormais», a-t-il conclu. Il a, avant de clore son mot, plaidé pour la préservation des acquis. Pour, il faut que celui qui viendra après lui puisse continuer le combat de la réforme, surtout qu’il s’agit d’un long processus qui demande beaucoup de volonté et de détermination.
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