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*Quelques heures avant que les Députés nationaux ne prennent leurs vacances, la session extraordinaire ayant tiré à sa fin, le VPM en charge de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary, était, jeudi 12 janvier 2017, à l’Assemblée nationale pour répondre à une question d’actualité du Député Martin Kabuya Mulamba sur l’insécurité dans les Territoires de Dibaya, Demba et Dimbelenge, ainsi que dans la ville de Kananga, dans la province du Kasaï Central ; dans la ville de Tshikapa et ses environs (province du Kasaï), et dans le Territoire de Kabeya Kamuanga, au Kasaï Oriental. Dans sa réponse, le VPM a promis de tout faire pour ramener la quiétude dans cette partie du territoire national. La priorité, pour lui, c’est de faire en sorte que la population continue à vaquer librement à ses occupations, en toute sécurité. Le Gouvernement va s’assumer jusqu’au rétablissement total de l’autorité de l’Etat dans ces coins inutilement agités de la République. Lisez, ci-dessous, la réplique d’Emmanuel Ramazani Shadary.



REPONSE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE VICE-PREMIER MINISTRE, MINISTRE DE L’INTERIEUR ET SECURITE A LA QUESTION D’ACTUALITE DE L’HONORABLE Martin KABUYA MULAMBA KABITANGA

Prélude
Honorable Président ;

Honorables Membres du Bureau ;

Honorables Députés ;

Au moment où démarre l’année nouvelle 2017, nous prenons progressivement de l’élan sans omettre les événements qui ont marqués l’année écoulée, au nombre des quels nous comptons des conflits fonciers, des conflits intercommunautaires et des conflits de succession coutumière. Depuis les Uélé jusqu’aux Kivu, en passant par l’Ituri; depuis le Tanganyika jusqu’au Haut-Katanga, en passant par le Haut-Lomami; depuis le Kasaï Oriental jusqu’au Kasaï en passant par le Kasaï Central, des foyers de conflits sanglants ont surgi et semé la mort et la désolation, tout en entrainant de vastes mouvements de déplacements de populations à la recherche de terres de paix et de sécurité.

Bien qu’il s’agisse généralement de conflits circonscrits dans des aires géographiques souvent réduites, ils n’en préoccupent pas moins le Gouvernement national, par-delà les autorités provinciales et locales, car c’est une responsabilité première de toute autorité politico-administrative de veiller à ce que la population vive en paix et vaque tranquillement à ses activités. Chaque conflit, chaque blessure si minime soit-elle, ébranle l’ensemble du corps et ne saurait nous laisser indifférent le moins du monde.

Et lorsqu’il y a mort d’homme, quelle que soit la personne, le gouvernement de la République se sent toujours interpellé. C’est donc à juste titre que votre auguste assemblée, agissant par la plume de l’Honorable Martin KABUYA MULAMBA KABITANGA a adressé une question d’actualité au Vice-Premier Ministre, Ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, à travers ma modeste personne. Honorable président, puis-je solliciter auprès de votre autorité l’autorisation de nous lever et d’observer une minute de silence en mémoire de tous les compatriotes emportés par ce conflit !

En ce jour du jeudi 12 janvier 2017, votre auguste Assemblée fait de moi, le premier de notre Gouvernement appelé à ouvrir le cycle d’exercices du contrôle parlementaire par une question d’actualité. Je perçois cette attention, comme un privilège qui m’est accordé pour venir éclairer la religion des Honorables députés et fournir la bonne information à l’opinion tant nationale qu’internationale.

Honorable Président, Honorables Membres du Bureau, Honorables Députés nationaux, permettez-moi de vous remercier et de saisir cette opportunité d’échange d’informations que vous m’offrez, pour vous présenter mes vœux les meilleurs pour cette année, que nous désirons tous paisible et prospère pour notre pays.

Honorable Président ;

Honorables Membres du Bureau ;

Honorables Députés ;

Nous venions tous de suivre la question d’actualité que m’a adressée l’Honorable Martin KABUYA MULAMBA KABITANGA. Avant de donner réponses aux questions spécifiques, j’aimerais solliciter votre indulgence pour que je commence par une brève présentation du cadre administratif d’où sont partis les troubles, présentation qui sera suivie d’éléments biographiques de monsieur NSAPU PANDI.

C’est seulement après ce prélude que je m’emploierai à rencontrer, chacune des préoccupations soulevées.

Quel est le statut de l’entité coutumière KAMWINA NSAPU ?
Le village KAMWINA NSAPU est situé dans le groupement BAJILA KASANGA ou BASHILA KASANGA, Secteur de DIBATAYI, Territoire de DIBAYA, dans l’actuelle Province du KASAI CENTRAL.

Si l’existence du village KAMWINA NSAPU ne pose aucun problème, il convient de relever qu’il n’existe pas de groupement du nom KAMUINA NSAPU, mais bien plutôt un groupement dénommé Groupement BAJILA KASANGA ou BASHILA KASANGA, frontalier des territoires de Dimbelenge dans le Kasaï Central, Kabeya Kamwanga et Miabi dans le Kasaï Oriental.

Le Groupement Bajila Kasanga est composé de 7 villages, totalisant près de 9.500 habitants. Il est situé à environ 100 Km de Kananga.

Le dernier Chef de ce groupement régulièrement nommé s’appelait KAMUINA NSAPU NTUMBA MUPALA Anaclet, décédé depuis le 25 Mars 2012, oncle paternel de Monsieur NSAPU PANDI Jean. Ce dernier n’a pu succéder à ce jour faute d’enquête de succession au pouvoir, et partant non détenteur d’un Arrêté de reconnaissance.

Qui est Monsieur KAMWINA NSAPU ?
Sa fiche d’identité nous présente les éléments, ci-après :

Monsieur KAMWINA NSAPU dont le vrai nom est NSAPU PANDI Jean Pierre (Prince), est né le 06 avril 1966 à Tshikula. Il est originaire du groupement BAJILA KASANGA, secteur DIBATAYI, Territoire de DIBAYA, dans la province du Kasaï Central. Il est marié et père de trois enfants.

Comme études faites, il a fait l’école primaire à KENA KALAMBA près de KAMWINA NSAPU et le cycle court Agricole à Lubumbashi à la cité des jeunes chez les prêtres Salésiens.

La formation agricole qu’il a reçue lui permit plus tard de travailler avec les Chinois, puis de se faire initier à la médecine traditionnelle chinoise.

Au lieu de se consacrer à l’agriculture, il rejoignit plutôt des groupes des bandits à mains à armées qui opéraient à Lubumbashi et à Ndola en Zambie.

Vers les années 2008-2009, il tentera de créer un parti politique dénommé « Santé Verte pour le Progrès », SAVEP en sigle. Au lieu d’accomplir ses ambitions à travers ce parti politique, il va plutôt opter pour une approche insurrectionnelle ;

Dans un document de 2013 intitulé «Non aux élections de 2016 », il dévoile toutes ses stratégies subversives où il fustige la négligence de l’Etat congolais depuis son accession à l’Indépendance, et recommande de reconnaitre et faire fonctionner le pouvoir coutumier, émanation naturelle de la nationalité.

Il traite tous les détenteurs du pouvoir civil, Militaire et Policier, ainsi que les mandataires des entreprises publiques de mercenaires, et il leur lance un ultimatum aux fins de quitter le sol de ses ancêtres avant qu’il ne soit trop tard c’est-à-dire avant le 31 Décembre 2015 à minuit.

Il qualifie le Gouvernement national de Gouvernement d’occupation et décide, en conséquence, pour libérer le pays, de lancer une opération dénommée «kabukulu», au bas mot « ce qui relève de la tradition ancestrale ». Il mobilise cette référence à la tradition pour combattre, selon lui, les mercenaires africains qui seraient infiltrés dans les rangs de notre armée et dans nos institutions.

A cet effet, il exhorte tous les jeunes, mus par une prétendue fibre révolutionnaire, de :

Se tenir debout partout où ils sont pour défendre le sol congolais contre la présence des mercenaires étrangers et leur gouvernement d’occupation.
De tout faire pour que les vols d’avions ainsi que les atterrissages soient stoppés,
De bloquer ou d’occuper les communes et les Territoires ;
D’empêcher ou suspendre la circulation des véhicules du Gouvernement, de la Police et de l’Armée ;
D’ériger les barricades sur toutes les grandes routes et respect exclusif aux diplomatiques.
De même, il projette de créer un organe de presse dénommé «LA VOIX COUTUMIEREPOUR LE CONGO-KINSHASA», pour s’adresser aux autorités coutumières et à toutes les autres autorités et leur annoncer notamment ce qui suit :

les mercenaires doivent quitter le sol de ses ancêtres avant le 31 Décembre 2015 à minuit ;
la tenue des élections 2016 est purement et simplement annulée (Fait en Rep du Congo Kinshasa, Ce 30 Juin 2015, à minuit)
Après cette brève présentation de l’entité et de la personne concernées, essayons maintenant de répondre aux différentes questions spécifiques formulées par l’Honorable KABUYA Martin.

Examen de la question d’actualité
Question 1.

Honorable Président ;

Honorables Membres du Bureau ;

Honorables Députés ;

L’Honorable pose la question suivante, Que se passe-t-il réellement dans ces provinces ? Quid du phénomène KAMUINA NSAPU : Mythe ou réalité ?
Il convient de rappeler à la Représentation nationale que la propension insurrectionnelle de Monsieur KAMUINA NSAPU s’est manifestée pour la première fois au mois d’avril 2016, à son retour d’Afrique du Sud, à l’issue d’une rencontre avec les notables de sa juridiction où il leur a demandé de se prendre en charge. En effet, sur base des informations reçues d’un correspondant des Services, au mois d’avril 2016, signalant l’existence d’armes de guerre au Groupement dit KAMUINA NSAPU, le Comité provincial de sécurité avait dépêché sur place une mission conjointe ANR-FARDC-PNC, en vue de vérifier les faits.

Le 20 juillet 2016, le Gouverneur de Province avait expressément demandé aux députés provinciaux, élus de DIBAYA ainsi qu’à la notabilité locale de le convaincre d’abandonner la voie suicidaire dans laquelle il s’engageait.

Cet appel patriotique n’a pas été entendu et Monsieur KAMUINA NSAPU avait réussi à mobiliser plus de 800 jeunes qui, en violation des législations sur le maintien de l’ordre public et de l’autorité de l’Etat, avaient immédiatement commencé à ériger des barrières de la localité de MBONDO jusqu’à celle de NTAMBWE KAYEMBE, se livrant ainsi à la fouille systématique, sur la route menant vers Mbuji-Mayi, à la recherche des éléments de la Police Nationale Congolaise et des militaires ainsi que des armes.

En date du 20 juillet 2016, sa milice avait incendié la localité de TENDA et chassé tous les habitants ainsi que les services de l’Etat, en représailles au refus du chef dudit village de soutenir son mouvement. Plusieurs missions des bons offices menées à cet effet par l’Union Nationale des Chefs Traditionnels, la MONUSCO et l’Archevêque de Kananga n’ont pas donné des résultats escomptés.

Une mission de conciliation, de sécurisation et de pacification y a été dépêchée à cet effet par le Gouvernement de la République à travers le Ministère de l’Intérieur et Sécurité. Mais hélas, face à son refus d’obtempérer et de coopérer, sa milice ayant ouvert le feu sur les agents de l’ordre, il s’en suivra un affrontement entre les deux parties alors que les forces de l’ordre voulaient rétablir l’autorité de l’Etat dans cette partie du territoire national.

Monsieur NSAPU PANDI se dit hostile au pouvoir en place et déclare qu’il attend l’avènement d’un nouveau régime. Il vise également une hégémonie sur tous les Chefs de groupement voisins, mais la plupart de ces Chefs n’acceptent pas son leadership et lui ont refusé toute allégeance.

Honorable Président ;

Honorables Membres du Bureau ;

Honorables Députés ;

Le tableau des affrontements de la milice de KAMUINA NSAPU avec les forces de l’ordre dans les provinces du Kasaï-Central, du Kasaï-Oriental et du Kasaï se présente de la manière suivante :

Province du Kasaï-Central
Dans la nuit du 21 au 22 juillet 2016, vers 4 heures du matin, des installations du Sous-Commissariat de la Police Nationale de Fuamba situé à 20 km de la cité de Tshimbulu, secteur de Kasangidi, territoire de Dibaya, ont été incendiées par une milice locale dénommée « KAMUINA NSAPU » mettant en fuite les policiers.

Le 23 juillet 2016, une embuscade a été tendue par les miliciens du groupe KAMUINA NSAPU contre le pasteur Alfred KIUNGU de l’Eglise des Saints de derniers jours, accompagné de sa famille à bord de sa Jeep sur le tronçon routier Kananga - Mbuji-Mayi, territoire de Dibaya.

Dans la nuit du 03 au 04 août 2016, vers 1 heure 30, au niveau du village MFWAMBA, groupement de KASANGIDI, secteur de DIBATAYE, territoire de DIBAYA, une embuscade a été tendue par les miliciens à une locomotive de la SNCC en provenance de Kananga pour Ilebo, dans la province du Kasaï. Deux policiers ferroviaires ont été copieusement tabassés et une arme de guerre a été emportée par ces assaillants dont leur présence a été renforcée des effectifs atteignant plus ou moins 200 hommes en position dans la localité de MFWAMBA située à 20 km de TSHIMBULU où ils érigent des barrières irrégulières.

Le 4 août 2016, ces miliciens ont occupé la localité de TSHENGE avec environ 500 miliciens parmi lesquels plusieurs enfants et dont une partie avait pris la direction de TSHIMBULU située à 3 km de là.

Au regard de tous ces faits annonciateurs, la première attaque a eu lieu la nuit du 07 au 08 août 2016, à Tshimbulu, territoire de Dibaya.

Le 12 août 2016, des violents combats ont opposé les miliciens aux forces de l’ordre sur les axes Kananga – Bukonde-Tshimbulu et Kananga - Bitanda-Mfuamba ainsi que Kananga – Tshikula, occasionnant la perte en vies humaines du côté des miliciens et du côté des forces de l’ordre. Monsieur KAMUINA NSAPU va succomber au cours de ces affrontements.

Le 22 septembre 2016, un groupe des miliciens, conduits par Monsieur KAPINGA KAMBA, Chef de Secteur de Dibataye et le Chef de groupement de Bakwa-Mpela, appuyés par les enseignants MPOKO et NGALAMULUME David avait attaqué l’aéroport de Kananga.Il convient de rappeler que le 21 septembre 2016, soit avant cette attaque, plusieurs jeunes armées de bâtons avec des banderoles rouge sur la tête, s’étaient mobilisés autour de Monsieur KAPINGA KAMBA pour une expédition punitive sur Kananga afin de venger Monsieur KAMUINA NSAPU.

Le 23 septembre 2016, un autre groupe s’était affronté avec les forces loyalistes toujours aux alentours de Kananga.

Le 24 septembre 2016, on a signalé la présence de plusieurs partisans de KAMUINA NSAPU dans le Groupement MFUAMBA, Territoire de Dibaya.

D’autres miliciens ont été également signalés dans le Groupement de Bakwa Lusabi, sous la direction de Monsieur NGALAMANDE, Chef dudit groupement qui se forçait de sensibiliser et de convaincre ses paires de groupements voisins de Tshindjambo, Ndwaya et Babasele pour adhérer au mouvement.

Le 25 septembre 2016, ces miliciens avaient incendié le commissariat de la Police Nationale Congolaise dans le secteur de Diofa, territoire de Demba.

Du 25 au 26 septembre 2016, ils s’étaient affrontés avec les forces loyalistes sur les axes Mwamba Mbuyi et Tshimpindinga.

En date du 27 septembre 2016, vers 21 heures, ils avaient investi le territoire de Dimbelenge après avoir occupé plusieurs localités dont Luandanda, Mutoto, MwambaMbuyi en passant par Kajiba, secteur de Lubudi. De là, ils s’étaient dirigés les uns vers BanaMbantuba et les autres vers le lac Mukamba.

Le 29 septembre 2016, ils étaient signalés vers Mashala, territoire de Lusambu, après avoir semé la terreur à Dibelenge Centre.

Le 30 septembre 2016, ces miliciens se sont affrontés avec les forces loyalistes sur l’axe Mwamba-Mbuyi – Bondo-Kajiba et BenaMpela.

D’autres affrontements ont été signalés au cours de la même période sur l’axe MwambaMbuyi-Katanga-Mukamba.

Le 1er octobre 2016, ils s’étaient affrontés avec les forces de l’ordre à Mukamba et sont revenus à Dibelenge Centre entraînant ainsi la fuite de la population en brousse.

Le 04 octobre 2016, Monsieur MUNUNU Frédéric, Chef de Groupement ad intérim de BenaKabuanga, Secteur de Diofa, Territoitre de Demba, avait fait exécuter trois personnes pour leur refus de se soumettre au rite d’initiation. Il s’agit de Messieurs MUKENDI, MULUMBA et KALOMBO.

Le 14 novembre 2016, les miliciens de KAMUINA NSAPU ont incendié plusieurs maisons à Apolo, localité située à 40 km de Kananga sur l’axe Tshipindinga, secteur de Dibataye, territoire de Dibaya, poussant ainsi la population à se réfugier en brousse.

Le 08 décembre 2016, les miliciens en provenance de Kabuena, Groupement de Bakuambuyi, territoire de Dimbelenge, ont attaqué à deux reprises la localité de Mashala avant d’être repoussés par les forces gouvernementales. Vers 13 heures, ils ont attaqué une position des FARDC à Tshikayi, créant une psychose généralisée au sein de la population.

Le 20 décembre 2016, ils ont investi la Cité Oasis et Sep-Congo, Commune de Kananga, et attaqué vers 17 heures le site Tambwe Saint Bernard, Commune de Nganza, Ville de Kananga.

Le 21 décembre 2016, ces miliciens ont incendié deux paillottes dans l’enceinte de la maison communale, ils ont pillé les meubles de la salle polyvalente et récupéré trois armes au bureau du Commandant de la Police Nationale commune de Nganza, Ville de Kananga.

Le 23 décembre 2016, ils ont attaqué un train marchandises au niveau de la Gare de Kamapumba, à 29 Km de Kananga, tuant 06 personnes dont 03 éléments FARDC et 03 civils.

Le 25 décembre 2016, vers 17 heures, ils ont attaqué une position des FARDC à Kabeya Lumbu, Groupement de Bokoya, Secteur de Dibatayi, Territoire de Dibaya. Le Major Boka des FARDC et 03 miliciens ont été tués.

Province duKasaï-Oriental
Honorable Président ;

Honorables Membres du Bureau ;

Honorables Députés ;

La milice de Monsieur NSAPU PANDI ayant été mise en débandade, s’est repliée dans les villages environnants et a fait incursion dans le Territoire de Kabeya-Kamwanga, dans le Groupement de BenaKazadi, Secteur Mukamba, Province du Kasaï Oriental, ainsi que dans le Territoire de Miabi.

Etant donné que l’endoctrinement de ces jeunes miliciens par leur gourou visait l’occupation de tout l’espace KASAÏEN pour y établir un nouvel ordre politique, avec comme objectif final de conquérir toute la République Démocratique du Congo, ces miliciens ont ainsi commencé la conquête de la province du Kasaï Oriental. Et depuis lors, cette province vit au quotidien de la psychose et des rumeurs sur la présence de la milice de Monsieur Kamuina Nsapu dans plusieurs villages.

En effet, en date du 16 octobre 2016, ils ont attaqué à plusieurs reprises les localités de Mupompa, Tshiatshiatshia et Mukamba.

Le 8 décembre 2016, vers 18 heures, ils ont attaqué les éléments de la Police Nationale Congolaise au niveau du Pont Kakangayi, dans le Territoire de Miabi afin de tenter de leur ravir leurs armes.

Le 11 décembre 2016, ils se sont affrontés avec les FARDC à Tshilundu-Mérode, toujours dans le Territoire de Miabi.

Le 26 décembre 2016, vers 12 heures 30’, les miliciens se sont affrontés avec les FARDC à KenaNkuna et Tshienza, et ont attaqué vers 17 heures le marché de Kabeya-Kamwanga dans le Territoire du même nom.

. Province du Kasaï
La province du Kasaï n’a pas aussi été épargnée des exactions de la milice de Monsieur KAMUINA NSAPU.

Une agitation s’est observée suite à un conflit du pouvoir coutumier entre les partisans du chef de groupement MBAWU NKANKA déchu par la famille régnante, et ceux de son neveu MBAWU MUTELA dans le groupement de Bajila Kasanga, secteur de Tshikapa Kamonia, à plus ou moins 32 Km de la ville de Tshikapa sur la route Tshikapa – Kananga.

Monsieur MBAWU NKANKA a ainsi monté une milice qu’il a initiée aux pratiques magico-fétichistes qu’il avait ramenées de Dibaya au Kasaï Central. Cette milice a commencé aussi à utiliser le même mode opératoire que la milice de Monsieur Kamuina Nsapu en se livrant principalement aux attaques de tous les symboles de l’Etat.

Le 1er décembre 2016, 04 miliciens ont été arrêtés dans la Ville de Tshikapa. Dans la nuit du 03 au 04 décembre 2016, les miliciens ont attaqué avec des machettes le Commissariat de Mambondo et le Sous-Commissariat de la Police Nationale Congolaise de Concorde. Les affrontements se sont poursuivis et étendus dans les Communes de Mbumba et de Kanzala.

Le 05 décembre 2016, ils ont attaqué Un véhicule en provenance de Kananga sur la route Kananga-Tshikapa, tuant plusieurs passagers.

Le Comité provincial de sécurité n’a pas tardé de répondre à toutes ces attaques pour rétablir l’autorité de l’Etat ;

Et le repli de ces miliciens a donné lieu à une psychose généralisée due à leur présence à travers les autres territoires.

A l’instar du Kasaï Central, Une mission de conciliation, de sécurisation et de pacification conduite par mon prédécesseur a été diligentée à Tshikapa.

Le phénomène Kamuina Nsapu est-il un mythe ou une réalité ?

Le phénomène KAMUINA NSAPU est d’abord une réalité. Les velléités insurrectionnelles de KAMUINA NSAPU s’accentuaient de jour en jour, au point que des missions de conciliation furent décidées et entreprises en sa direction. Apres sa mort, les mêmes velléités ne se sont pas estompées.

De son retour de l’Afrique du Sud, Monsieur KAMUINA NSAPU se constitue l’idée de créer une milice perfectionnée à sa doctrine de combattre les Institutions de l’Etats selon son plan conçu dans son agenda de l’Afrique du Sud.

Portrait apparent de la milice
Nous avons à faire à une milice constituée de jeunes gens âgés de 08 à plus de 40 ans, issus précisément de son groupement de BAJILA KASANGA, Secteur DIBATAIE et ceux d’autres secteurs voisins tels que KAMUANDU, KASANGIDI, DIBANDA

Ces personnes après y avoir adhéré, étaient droguées et baignées dans les fétiches sous prétexte de n’être pas blessées par balle ou tout autre outil tranchant (machettes, couteaux..). Elles disposaient d’armes blanches et divers couteaux, machettes, flèches, bâtons garnis des clous et pierres appropriées à l’agression pour attaquer tout Policiers et Militaires au passage. Elles utilisaient aussi les armes à feu dont les Calibres 12 de fabrication artisanale et les armes de guerre notamment, AKA 47, FA, FALL, UZI récupérées lors des attaques et pillages des Commissariats et Sous Commissariats de la Police Nationale. Ces miliciens couvraient leurs têtes d’une bande rouge, signe distinctif aux non adhérents.

Leur Centre d’Instruction (C.I.) était dans la résidence du Monsieur NSAPU PANDI, au centre du village Kamuina Nsapu. Pour jurer de l’appartenance ancestrale de leur terre, ils lançaient le cri «BULOBA MBUETU » qui signifie cette terre nous appartient et pour dévier tout projectile lancé vers eux et attaquer l’ennemi en face, le slogan «MUKETA WA BAJANI» était comme un bouclier.

Erection de barrières
Cette milice dispose d’un mode opératoire. En effet, dès le mois de juin 2016, après s’être entrainés et avoir intériorisé l’idéologie de leur gourou, les miliciens commençaient à ériger des barrières sur les voies publiques et quelques sentiers beaucoup fréquentés, fouillant tous colis pour retrouver les effets Militaires et Policiers.

Dans cette période, les barrières principales étaient érigées sur les tronçons :

KANANGA – TSHIMBULU : KAYAYA NSAMPI, KAKUNDA, MINDULA, KABUNDI, MFWAMBA, TSHIKA, TSHIENKE.
TSHIKULA – NTENDA : TSHIKULA, MBONDO, NTENDA.
KANANGA- BUNKONDE : KALUMBA MANDE
Malgré ces barrières détruites par les premiers affrontements de mois d’Aout 2016, d’autres se sont multiplié sur l’Axe KANANGA-BUNKONDE.

Pendant ce temps, les villages non adhérés à l’idéologie du Monsieur KAMUINA NSAPU étaient incendiés et leurs Chefs pourchassés par les miliciens.

Attaques des Edifices et Symboles de l’Etat.
Pour répondre aux attentes et exigences de leur Chef, les miliciens se sont livrés à la destruction des édifices et symboles de l’Etat, surtout de la Police Nationale dans le Territoire de Dibaya.

Le tout est parti au mois de juillet 2016 par la destruction du bureau du siège du Secteur DIBATAIE, Secteur propre de Monsieur KAMUINA NSAPU.

Cette destruction s’est étendue aux bureaux du Commissariat de la Police à TSHIKULA, aux Sous Commissariat NTENDA, MFUAMBA, TSHIBEMBA, Commissariat Territorial TSHIMBULU, au Bureau CENI TSHIMBULU, au Tribunal de Grande Instance ainsi qu’au Bureau de la Mairie où tous les documents étaient brulés.

Ensuite, il existe aussi un mythe autour de la personne de Monsieur Nsapu Pandi, dit Chef Kamuina Nsapu, mythe amplement relayé par des ressortissants du même groupement, actuellement disséminés dans l’espace kasaïen, particulièrement dans la province du Kasaï, Secteur de TSHIKAPA au Groupement dit BAJILA KASANGA.

Les jeunes drogués et endoctrinés voient l’ombre de Monsieur KAMUINA NSAPU partout, des illuminés et même des bandits utilisent son nom pour semer la pagaille dans la ville de Kananga et dans ses environs. D’aucuns s’imaginent même qu’il serait comme un esprit, circulant dans la contrée à la manière d’un revenant.

Quelle est la situation du Chef KAMUINA NSAPU MPANDI ? Est-il en vie ou mort ? S’il est en vie, où est-il ? S’il est mort, où se trouve sa dépouille mortelle ?
Je dois, à ce sujet, annoncer à la Représentation Nationale que Monsieur KAMUINA NSAMPU est malheureusement mort au cours des affrontements vécus le 12 août 2016. Sa dépouille mortelle et celles de onze éléments de la Police nationale Congolaise ont été mises en bière et ensevelies. Les douze corps des victimes ont été présentés aux autorités nationales et provinciales ainsi que d’autres personnalités.

3. Quelle est la cause principale de cette crise ? Comment comptez-vous la terminer sans usage de la force ?

L’extension de l’insurrection de partisans de Kamuina Nsapu dans ces trois provinces s’explique par les raisons majeures ci-après :

La cohabitation tumultueuse entre les services de l’Etat et l’Autorité coutumière mettant en cause leur collaboration dans la gestion harmonieuse de l’entité ;
Le ressentiment de certains Chefs Coutumiers contre le décès, de Monsieur KAMUINA NSAPU, et dont les adeptes sont déterminés à le venger, la perte de leur influence auprès de leur population consécutive à la mise en veilleuse de l’exploitation artisanale du diamant et à la disparition de leur redevance coutumière ainsi qu’à l’émigration de la jeunesse Kasaïenne désœuvrée ;
Le recours et la croyance à des pratiques fétichistes qui les rendraient invulnérables face aux balles des forces loyalistes.
La prolifération des entités coutumières
L’instrumentalisation des communautés, la récupération et la politisation de la crise par certains acteurs politiques
L’opinion communément répandue rapporte que monsieur Nsapu Pandi se serait rebellé contre le pouvoir public parce que des agents se seraient introduits dans sa résidence, violant ainsi son domicile, en son absence, sur ordre du Gouverneur de province, y maltraitant son entourage et les membres de sa famille.

La chronologie des faits ci-haut énumérés nous révèle que le dessein insurrectionnel de monsieur Nsapu Pandi était déjà suffisamment formé et que l’action de la police ne fut pas l’élément déclencheur, mais bien plutôt une conséquence directe des préparatifs en cours, déjà forts avancés. Les actes de subversion et d’insurrection avaient déjà été certifiés.

D’ailleurs, Monsieur Nsapu Pandi, candidat Chef coutumier, ne disposait pas encore d’un acte juridique pouvant fonder la légalité de son pouvoir coutumier en qualité de Chef du Groupement BAJILA KASANGA. Il doit en avoir sans raison, été frustré pour s’engager dans des actes de subversion d’insurrection.

Comment terminer cette crise sans usage de la force ?

L’initiative appartient, en premier lieu, à ceux qui troublent l’ordre public en s’attaquant aux différents symboles de l’Etat, aux personnes et à leurs biens. Pourquoi s’attaquer à un aéroport, à des édifices publics, à des habitations ? Pourquoi ériger des barrières sur des routes pour empêcher la circulation et détrousser, voire tuer des usagers ? Le respect de la Loi ne doit pas se négocier. Sinon, c’est le règne de l’anarchie.

Ainsi donc, pour terminer cette crise, le Gouvernement envisage des approches militaire, politique et coutumière.

L’approche militaire s’impose du fait que l’on est face à un mouvement insurrectionnel, qui a déclaré une guerre ouverte aux institutions et met en mal la paix et la sécurité dans notre pays.

Quant à l’approche politique, elle est nécessaire dans la mesure où les visées des insurgés sont de nature politique, et qu’il faut réduire les dégâts qu’entrainerait une solution militaire radicale.

S’agissant de troubles canalisés autour de conflits de succession et de rivalités coutumières, il est tout à fait normal que l’on mobilise aussi les mécanismes traditionnels de résolution des conflits, car, en aucun cas, le Gouvernement ne recherche à instaurer une paix des cimetières.

C’est pourquoi, il a été prévu d’exhumer le corps de Monsieur KAMUINA NSAPU et de le remettre aux membres de la famille habilités à organiser les funérailles selon le rituel coutumier approprié et son deuil. Mais en même temps, la famille régnante devra procéder à la désignation du nouveau Chef en vue de sa reconnaissance officielle et de son investiture.

Il sera procédé à une campagne de sensibilisation sur la nécessité de restaurer la convivialité dans la contrée, notamment à travers l’organisation des Barza communautaires, qui permettront aux populations éparpillées dans la brousse de regagner leurs milieux de vie habituels.

Il est envisagé également, dans les jours qui viennent, l’envoie par le gouvernement central d’une mission d’évaluation de la situation sécuritaire dans cette partie du pays.

A ce jour, quel est le bilan réel de ces affrontements ?
uis-je rappeler à l’Auguste Assemblée que dans tout conflit armé, il ne manque jamais de dégâts. Comme les faits se produisent au quotidien et comme l’a reconnu l’auteur de la question, ce conflit a causé des pertes en vies humaines et de dégâts matériels considérables. Pour le cas échéant, le bilan des affrontements est particulièrement préoccupant. Plusieurs personnes tuées dans les rangs des miliciens comme ceux des forces de l’ordre (FARDC, PNC, ANR et DGM) ; Sans compter des nombreux blessés alors que plusieurs autres miliciens ont été capturés et déférés devant la justice.
Des déplacements de la population sont signalés.

Sur le plan matériel, plusieurs commissariats, sous commissariats de la PNC, maisons de villageois, écoles, bureaux de services de l’Etat, engins et véhicules publics et privés ont été incendiés.

Qu’avez-vous fait pour essuyer les larmes de toutes les victimes ?
Plusieurs missions ont été effectuées à partir de Kinshasa et dans les provinces du Kasaï Central, du Kasaï Oriental et du Kasaï ; les dispositions internes ont été prises et encouragées en vue du retour à la stabilité ayant prévalu avant le phénomène Kamuina Nsapu. A cet effet, beaucoup d’actions ont été menées tant au niveau national que provincial afin de venir en aide aux victimes tant sur la prise en charge des soins médicaux des blessés (miliciens et éléments des forces loyalistes) que sur l’inhumation des morts.

Pas plus tard qu’avant hier, une autre assistance humanitaire du gouvernement centrale a été envoyée aux provinces touchées par ce conflit.

Qu’envisagez-vous de faire après ces affrontements sanglants ?
Plusieurs Institutions tant nationales que provinciales, des Chefs coutumiers, des hommes politiques, des leaders d’opinion, etc. sont mis à contribution pour en arriver à la paix des cœurs et à l’abandon des violences de toutes sortes pour asseoir des revendications personnelles, coutumières ou communautaires.

Il va sans dire que la justice sera aussi saisie pour jouer son rôle régulateur.

Honorable Président ;

Honorables Membres du Bureau ;

Honorables Députés ;

Avant de clore mon propos, j’aimerais rappeler que la gestion d’un phénomène comme celui qui nous occupe aujourd’hui nécessite la contribution de plusieurs institutions, tant au niveau national qu’à celui provincial, l’implication des Chefs coutumiers, des hommes politiques, des leaders d’opinion afin d’y mettre fin et de rétablir la paix, la cohésion, gage d’un développement harmonieux pour notre pays.

De plus, nous devons rappeler que conformément à l’article 8 alinéa 3 de la loi sur les partis politiques les chefs coutumiers ne peuvent ni créer, ni adhérer à un parti politique. Ils sont apolitiques conformément à l’article 25 al 1er de la loi n° 15/015 fixant le statut des chefs coutumiers, du 25 août 2015.

Il ne me reste plus qu’à solliciter l’implication de la représentation nationale, que vous constituez et particulièrement celle des élus nationaux et provinciaux des entités directement touchées par ce conflit qui vont bientôt en vacances parlementaires d’apporter à leurs circonscriptions respectives le message de paix, de concorde et de cohésion sociale. Il en est de même de tous les autres acteurs politiques de ces trois provinces victimes d’actes de la milice Kamuina Nsapu d’accompagner le Gouvernement de la république dans son action de recherche de la paix et de rétablissement de l’autorité de l’Etat.

Honorable Président ;

Honorables Membres du Bureau ;

Honorables Députés ;

Telle est la substance des réponses que j’apporte à votre Auguste Assemblée.
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