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*Il a été parmi les politiques qui ont milité pour un dialogue inclusif entre congolais. Germain Kambinga, l’ex-Ministre de l’Industrie revient, ici, avec sa lecture des faits sur les enjeux politiques de l’heure. Pour lui, le dialogue est la seule voie qui va permettre au pays de faire avancer la cause de la paix et de la préservation des acquis démocratiques. Nonobstant le fait que les négociations du Centre Interdiocésain soient butées actuellement à toutes sortes de dissimilitudes, il souhaite, pour tout dire, qu’un compromis politique soit trouvé dans un délai raisonnable. Rien ne sert à courir, mais il faut aller à temps, a-t-il prévenu, s’il faut décrypter minutieusement ses dires. «Il me semble que les acteurs impliqués dans ces négociations essaient de gommer les dernières divergences et voudraient offrir un cadre opérationnel définitif. L’enjeu étant la remise sur le rail du processus électoral, dès lors, la sérénité est nécessaire, car ce n’est pas non plus dans la précipitation que nous arriverons à éclaircir le chemin qui devra définitivement et dans la cohésion nous amener vers ce que souhaite ardemment notre peuple, je veux dire la paix et un processus électoral transparent et crédible», a-t-il indiqué, ajoutant que le bilan du Gouvernement Matata, étant celui du Président de la République, Joseph Kabila Kabange, devrait être jugé avec satisfecit. Puisqu’il s’agit de son interview accordée à la presse, le week-end dernier, prenez-en connaissance. Ci-dessous, l’interview.

Près d’un mois après la nomination du Gouvernement actuel, quel est votre point de vue sur son action ?

Germain Kambinga : Il me semble prématuré de poser un quelconque diagnostic sur l’action de l’actuel Gouvernement. Car, à un mois d’exercice, il ne peut, à ce stade, que surfer sur les acquis du gouvernement précédant, celui du Premier Ministre Matata. Ce, dans la mesure où, la mise en place d’une politique gouvernementale requiert un temps minimum et généralement, par la tradition, on considère ce temps autour de trois mois. D’où, la traditionnelle évaluation des 100 jours. Par ailleurs, l’actuel Gouvernement se retrouve malheureusement dans une situation d’intérim de fait, compte tenu de l’évolution politique qui annonce l’imminence d’un nouveau Gouvernement issu de l’accord du 31 décembre 2016. Ainsi donc, je manifeste une grande indulgence vis-à-vis de ce gouvernement qui se retrouve à la croisée de situations qui ne facilite pas la sérénité nécessaire à l’implémentation d’une politique Gouvernementale efficace.

Vous parlez d’acquis du Gouvernement Matata. Lesquels ?

GK : Vous savez, je ne pense qu’il soit ici de bonne actualité de revenir sur le bilan du Gouvernement Matata qui, en fait, n’était que le dépositaire de la vision du Président de la République Joseph Kabila. Il s’agirait en fait du bilan du Président Kabila. Mais, si nous devions revenir sur ça, nous parlerions alors d’un bilan positif, nous en tenant à certains faits tangibles comme la stabilité du cadre macroéconomique, la régularité des salaires, la prise en charge régulière et efficace des forces armées, des forces de polices et des services de sécurité, le financement par fonds propres de nombreux investissements publics tels que : Bukanga Lonzo, Congo Airways, Transco, plus de 700 écoles, l’équipement des centres de santé, les routes, les bâtiments publics…, le non endettement de l’Etat, la création de l’ENA pour renforcer la réforme de la fonction publique, la bancarisation et le soutien actif au système financier national par une politique rigoureuse d’assainissement. Sans être exhaustif, il me semble que ce bilan qui est, en fait, celui du Président de la République Joseph Kabila, devrait être jugé avec satisfecit.

Vous parlez de bilan positif alors que nombreux observateurs semblent ne pas être convaincus par les choix que ce gouvernement avait opérés ?

GK : Vous parlez de quel observateur et de quel choix qui leur semble contestable.

Le Président de la FEC, par exemple, ne semble pas partager ce point de vue notamment, s’agissant de Bukanga Lonzo ?

GK : Vous savez, nous sommes en démocratie, chacun a le droit d’émettre ses jugements comme bon lui semble. Moi, je vous ai présenté succinctement des actions, pas des paroles, des faits tangibles vérifiables ayant contribué à faire avancer les choses dans notre pays. Il appartient à chaque congolais d’en être le juge au-delà de toute influence belliqueuse. Dans ces périodes troubles où notre pays se cherche des raisons d’espérer en un avenir meilleur, où la cohésion nationale est mise à rude épreuve, où notre souveraineté est attaqué de toute part, la cohérence et la solidarité des gouvernements et des gouvernants doit être de mise car, si les dirigeants passent plus de temps à se contredire qu’à veiller sur la Maison Congo, nous ouvrons la brèche aux ennemis de la patrie. Le Chef de l’Etat l’a rappelé en félicitant l’action du gouvernement Matata dans son discours au congrès et mieux que lui peut savoir et juger de l’action d’un exécutif dont il est le patron.

Et Bukanga Lonzo ?

GK : En ma qualité de ministre de l’Industrie, j’ai été amené à suivre la mise en œuvre de ce vaste projet et je peux ici dire que la pire des erreurs de Gouvernance serait de l’abandonner juste au moment où nous commençons à voir poindre les premières infrastructures qui lui permettront de rencontrer la problématique de la prise en charge à terme des besoins alimentaires des populations du corridor ouest de notre pays. Faudrait-il le rappeler que Bukanga Lonzo est le projet phare du Président de la République dans sa volonté de diversification de notre économie avec plus d’un milliard dépensé chaque année en nos importations ? Il est vrai que c’est un projet immense et qui nécessite encore de notre part de la patience dans sa mise en œuvre mais les potentialités de ce projet sont telles que l’abandonner serait de notre point de vue une erreur. D’autant plus que nombreux observateurs extérieurs notamment, la BAD a déjà entrepris de prendre le cas Bukanga Lonzo comme un modèle reproductible dans d’autres pays. Pour ma part, j’invite l’actuel Gouvernement à œuvrer pour la pérennisation de cette initiative qui permettra une fois achevée de faire avancer significativement la lutte contre la faim dans notre pays.

Que vous inspire l’Accord de la Saint-Sylvestre ?

GK : Vous savez, moi j’ai été parmi les acteurs politiques qui, dès le départ, ont milité pour un Dialogue entre les congolais et ce, depuis l’organisation des concertations nationales. Il me semblait alors que seule la voie du dialogue devait nous permettre de faire avancer la cause de la paix et de la préservation des acquis démocratiques. Aujourd’hui et après trois dialogues successifs nous arrivons, enfin, dans une inclusivité toujours plus importante à baliser l’avenir. Je ne peux que m’en féliciter et souhaiter que ce dialogue fût le dernier car, nous ne pourrons pas indéfiniment nous substituer au peuple congolais bien qu’étant ces représentants.

Le retard dans la mise en œuvre de cet accord et les divergences dans la signature de l’arrangement particulier ne sont-ils pas de nature à retarder les choses ?

GK : Il me semble que les acteurs impliqués dans ces négociations essaient de gommer les dernières divergences et voudraient offrir un cadre opérationnel définitif. L’enjeu étant la remise sur le Rail du processus électoral. Dès lors, la sérénité est nécessaire car, ce n’est pas non plus dans la précipitation que nous arriverons à éclaircir le chemin qui devra, définitivement et dans la cohésion, nous amener vers ce que souhaite ardemment notre peuple, je veux dire la paix et un processus électoral transparent et crédible.

LPM
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