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Ancien secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, devenu président de son propre parti politique, l’Union des démocrates pour la renaissance du Congo -UDRC-, Bruno Mavungu Puati accuse l’Opposition, toutes tendances confondues, de vouloir bloquer la marche du pays après la signature de l’Accord du 31 décembre 2016 à Kinshasa, au Centre interdiocésain sous les bons offices de la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO. «Ce n’est plus la Majorité présidentielle qui bloque la suite des événements, mais l’Opposition dans sa diversité», confie-t-il à «AfricaNews». Ayant participé aux travaux de la Cité de l’Union africaine, Mavungu invite cependant les uns et les autres à privilégier l’intérêt suprême de la nation en faisant des concessions pour désamorcer la situation. Entretien.
Estimez-vous possible l’application de l’Accord du Centre interdiocésain entre les parties prenantes dans un délai raisonnable?
Bon nombre d’acteurs politiques font montre d’une grande discordance dans l’entendement de plusieurs concepts de cet accord. Ceci risque de saper le travail de titan abattu par la CENCO. Certains n’ont aucune retenue dans leurs opinions relatives à la compréhension et à l’acceptation du contenu de l’accord de la Saint Sylvestre par rapport à celui de la cité de l’Union africaine. Or, tout le monde est appelé à signer cet accord. Comme vous le savez, l’Accord du 18 octobre 2016 signé à la Cité de l’Union africaine sous la facilitation d’Edem Kodjo et celui du 31décembre 2016 sous les auspices de la CENCO se sont fixés pour objectif, entre autres de régler la crise politique actuelle. Il est à noter que certains points de l’Accord du 18 octobre 2016 se retrouvent intégralement reproduits dans celui du 31 décembre 2016. Ce qui accentue la convergence de plusieurs dispositions de ces deux textes historiques. Le Premier ministre sera issu de l’Opposition tel que stipulé dans les deux accords. Ceci implique un travail en synergie de toutes les plates-formes de l’Opposition sans discrimination afin de proposer de meilleurs arguments à ce sujet.

Quelle est la principale source du blocage, à ce jour, de la désignation du chef du gouvernement?

C’est le problème d’intérêts entre les acteurs de l’Opposition autour des postes qui bloque la suite des événements. C’est sans nul doute la résultante de l’égoïsme exprimé dans les deux accords au sujet du camp de la provenance du Premier ministre. Cette disposition octroyant ce poste à l’Opposition serait porteuse des germes d’instabilité. Le premier accord indique que c’est de l’Opposition ayant contribué à l’Accord du 18 octobre 2016 que viendrait le Premier ministre tandis que pour le second accord du 31 décembre 2016, le chef du gouvernement serait issu de l’Opposition/Rassemblement, non signataire du premier accord. Autre entrave, l’arrogance dans le langage des non signataires de l’Accord du 18 octobre traitant leurs collègues opposants de membres de la Majorité présidentielle élargie pour avoir pris part aux travaux de la Cité de l’UA sans argument ni juridique ni politique. Il se trouve que ces attaques médiatisées des politiciens manquent de caractère pédagogique et frustrent les autres. Sur base de ces quelques faits énumérés ci-haut, je puis affirmer sans être contredit que ce n’est plus la Majorité présidentielle qui bloque la suite des événements, mais plutôt l’Opposition politique dans sa diversité.
Que préconisez-vous pour dissiper tout malentendu né de ces frustrations?
J’invite la classe politique à abandonner les intérêts égoïstes pour privilégier l’inclusivité, la tolérance et l’intérêt supérieur de la nation, car l’étude des modalités pratiques de la participation inclusive à la gestion des affaires publiques nécessite une large contribution des uns et des autres. Et les questions délicates et de malentendu des politiciens méritent d’être traitées en synergie entre la CENCO et le Président de la République pour ne pas parler de la contribution des autres églises. Aussi, j’invite la CENCO à réserver à toutes les familles politiques qui ont hésité de signer le deuxième accord, le même traitement que celui dont le Mouvement de libération du Congo -MLC- et le Front pour le respect de la Constitution viennent de bénéficier.
Etes-vous prêt à signer l’Accord de la CENCO?
Je suis d’accord pour signer le nouvel Accord politique en vue de préserver la paix sociale, l’intérêt supérieur de la nation et la cohésion nationale.

Ne craignez-vous pas d’être à la merci du Rassemblement en signant ledit accord?
Non, la classe politique a intérêt à reconnaitre solennellement que dans les négociations politiques, il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Seul le peuple bénéficiaire des retombées peut gagner, car épargné de l’effusion inutile du sang.

Propos recueillis par Brice NLANDU
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