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Lors du Dialogue de la Cité de l’Ua à Kinshasa, Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, s’est fendu d’une correspondance au Roi Philippe de Belgique, revendiquant l’autodétermination du Kongo Central en cas d’échec de ces assises modérées par le Togolais Edem Kodjo. Mais le gourou de Bundu dia Kongo (BDK) n’en a pas pour autant été retenu par les ministres du gouvernement Badibanga issu de ce dialogue. Tout comme il est superbement ignoré dans les négociations du Centre interdiocésain sous médiation CENCO. Au vu des derniers incidents meurtriers de Kimpese dans son Kongo Central natal, d’aucuns se demandent si cet homme qui ne dédaigne pas toujours les méthodes violentes n’est pas retourné à son schéma de prédilection ? 

A l’heure où, en RD Congo, le fameux Plan B de la Cenco est assimilé à la mise du pays sous tutelle de l’Onu, les incidents comme ceux de Kimpese ne sont ni à banaliser, ni à minimiser…
Dans sa dépêche intitulée «Kimpese : affrontements entre policiers et présumés adeptes de Bundu dia Kongo», le site www.radiookapi.net annonce que «La police et les présumés adeptes du mouvement religieux interdit Bundu dia Kongo (BDK) se sont affrontés dimanche 22 janvier dans la cité de Kimpese au Kongo-Central. Le bilan provisoire fait état d’un mort et des blessés graves, des maisons d’habitations, un poste de police et des magasins pillés (…). D’après l’activiste de la société civile, ‘ce sont les adeptes de Bundu dia Kongo qui sont allés en premier saccager’ le domicile du vice-ministre des Infrastructures, Papy Mantezolo, membre du parti politique Bundu dia Mayala. Et les policiers ont dû intervenir en tirant des coups de feu, pour ramener le calme. Ces adeptes reprochent à ce vice-ministre, selon la même source, d’avoir tenu des propos jugés injurieux à l’endroit de leur chef spirituel et autorité morale du parti politique Bundu dia Mayala, le député Ne Muanda Nsemi. Ne Mwanda Semi et Papy Mantezolo sont en effet à couteaux tirés, depuis la nomination de ce dernier comme vice–ministre. Ne Mwanda Nsemi lui reprocherait d’être à la solde du pouvoir en place, selon la même source»…
Kimpese, centre urbain important sur l’axe routier et ferroviaire Kinshasa-Matadi, est situé dans le district des Cataractes. Y résident essentiellement, les tribus Manianga, Bandibu et Besi Ngombe. Le centre abrite des infrastructures économiques et sociales attractives. Pour les premières, une cimenterie en exploitation (Cinat), une autre en phase terminale de construction (Cimk) et une dans les cartons. Pour les secondes, l’Institut médical évangélique (Ime) spécialisé dans le traitement des fractures d’os et la kinésithérapie. Les cultures vivrières sont cependant sa principale activité agricole du district dont Kinshasa la capitale dépend grandement.
Par sa position-clé sur l’axe Kinshasa-Matadi, toute action de nature à perturber la sécurité à Kimpese ne peut qu’avoir de répercussions négatives sur la capitale, d’un côté, et sur les villes portuaires de Matadi, Boma et Muanda, de l’autre. Or, Kinshasa fait vivre l’ex-Bandundu, l’ex-Equateur et l’ex-Province Orientale. Quasiment la moitié du pays.
Serait-ce parce qu’il est conscient de cet «atout» que Zacharie Badiengila se fait rappeler au bon souvenir de l’opinion à travers de nouveaux incidents meurtriers ?
Origine du royaume et du pouvoir
La sémantique des dénominations Bundu dia Kongo (BDK) et Bundu dia Mayala (BDM) apporte une partie de la réponse à la question.
Petit rappel : en 2008, à la suite des incidents survenus au Kongo Central (alors Bas-Congo), le Gouvernement décide de la radiation de BDK en raison de la confusion entre sa vocation mystique et sa vocation politique. L’Assemblée nationale finit par demander à Ne Muanda Nsemi de choisir entre l’une et l’autre. BDK devient la branche politique et donc un parti politique, tandis que BDM représente le versant mystico-religieux de l’organisation. C’est en qualité de fondateur de BDM que Ne Mwanda Nsemi est élu député national.
En kikongo, Bundu veut dire origine ou association. Dia est une préposition. Kongo s’applique à l’espace Kongo comprenant la partie Ouest de l’ex-Bandundu, le Kongo Central dans sa configuration actuelle, le Sud du Congo-Brazzaville et du Gabon et le Nord de l’Angola. Cet espace représente l’ancien royaume Kongo dont la capitale, Mbanza Kongo, est situé en Angola. Mayala veut dire Pouvoir. Ainsi, par Bundu dia Kongo, il faut entendre origine ou association du Kongo. Et par Bundu dia Mayala, Il faut entendre origine ou association de Pouvoir.
De toute évidence, Zacharie Badiengila conçoit Bundu selon la seconde acception et non la première. Pour lui, BDK c’est l’origine du royaume Kongo, et BDM l’origine du Pouvoir. L’homme détient donc droit de vie ou de mort sur ses sujets.
La capacité de rester et d’agir grand
Ce qui est évident, c’est que le chef spirituel de BDK et BDM nourrit une passion innommable pour la vendetta à chacun de ses rendez-vous manqués avec le pouvoir d’Etat. On se souviendra à cet égard que les incidents de 2008 résultaient de l’échec du ticket Fuka Unzola/Ne Muanda Nsemi présenté par Jean-Pierre Bemba pour le poste de gouverneur et de vice-gouverneur du Bas-Congo. Même si on se demande encore aujourd’hui comment le Chairman du MLC en était venu à présenter à l’élection au gouvernorat du Bas-Congo, un ticket unilatéral Cataractes-Cataractes pour les deux postes. Dans une province comprenant trois districts, La Lukaya, les Cataractes et le Bas-Fleuve, se choix ne s’expliquait pas beaucoup. Or, Fuka Unzola et Ne Muanda Nsemi, les deux candidats du MLC, étaient originaires du même district. L’échec à cet élection avait embrasé la province, comme on peut s’en souvenir, le BDK ayant décrété la chasse aux non-originaires sur toute l’étendue du Bas-Congo.
Et voilà que plus de 8 ans après, c’est la nomination de son collègue député national, Papy Mantezolo, au poste de vice-ministre du gouvernement Samy Badibanga, qui suscite des incidents similaires.
Les analystes politiques retiennent que lors des consultations du Palais de la Nation initiées par le Président Joseph Kabila, le député national Zacharie Badiengila avait préconisé une transition de trois ans, sous le leadership de ce dernier, s’attirant l’ire de nombre de ses collègues députés et de l’opposition politique extra-parlementaire. Seul contre tous, Papy Mantezolo avait pris position en sa faveur.
Dans les tractations en vue de la formation du Gouvernement Badibanga, Zacharie Badiengila avait été pressenti ministre de l’Agriculture, avant de se voir préféré par Papy Mantezolo. On peut comprendre que le gourou n’en décolère pas. Mais, est-ce une raison suffisante pour entrer en conflit avec son «petit», même si ce dernier lui aurait manqué de respect, ou même si le « petit » roulerait pour le pouvoir ?
L’unité de mesure dans le leadership est la capacité de rester et d’agir grand.
Si déjà, pour la gestion des ambitions à l’échelle du parti, Zacharie Badiengila se montre aussi impulsif que vindicatif, que se passerait-il à l’échelle de l’Etat, et encore d’un Etat dont le peuple lui serait redevable ? Aux Ne Kongo de réfléchir. Et de le faire sérieusement…
A la Cenco aussi de réfléchir profondément, elle aussi, sur ce qu’induit son fameux et menaçant Plan B. Car, si ce plan consiste à placer la RDC sous la tutelle des Nations Unies, il reste à savoir si les provinces à velléité fédéraliste, confédéraliste ou sécessionniste avérée n’en profiteraient pas pour revendiquer ci ou ça.
Avec Ne Muanda Nsemi réputé en désaccord avec les confessions chrétiennes, le pire pourrait arriver…
LE MAXIMUM AVEC Omer Nsongo die Lema
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