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Alors que les évêques congolais s’efforcent de faire préciser par les camps en présence les modalités précises de l’Accord de la Saint-Sylvestre - supposé baliser la prolongation au pouvoir d’un an du président Joseph Kabila, hors mandat, et l’organisation de la présidentielle fin 2017 - on peut s’interroger sur la portée réelle de cette entente. Pour tenter d’y voir plus clair, "La Libre Belgique" a interrogé le professeur émérite Paule Bouvier, qui bénéficie d’une profondeur de champ sans égale pour analyser le Congo. Elle étudie en effet ce pays depuis 1956. Alors chercheur à l’Institut de sociologie de l’ULB, elle a participé à la Table Ronde de 1960 comme conseiller de l’Union Mongo de Justin Bomboko et publie toujours aujourd’hui des analyses appréciées sur les institutions et la politique congolaises.



L’opposition n’a-t-elle pas laissé trop ouverte l’interprétation des divers points de l’Accord, à son détriment, une fois qu’un poste de Premier ministre et celui de président du Comité national de Suivi de l’Accord ont semblé acquis aux Tshisekedi ?



"Il y a tout de même un point très neuf par rapport à l’Accord du 18 octobre", texte précédent accepté par une minorité d’opposants en échange de postes et récusé par la plus grande part de l’opposition, souligne Mme Bouvier. "Il est en effet convenu qu’on ne touchera pas à la Constitution; qu’on ne peut pas organiser de référendum pour le faire et que Joseph Kabila ne peut pas se présenter à un nouveau mandat présidentiel. Il doit y avoir des élections à la fin 2017 et le Président sortant sera donc remplacé. C’est très important."



Rejouer la comédie des retards



Mais le professeur nuance. "Le processus électoral devrait être sur ses rails car chaque jour compte pour arriver aux élections dans les temps. Voilà plus de deux semaines que l’Accord est signé et l’enrôlement des électeurs donne lieu à des contretemps dans certaines provinces. On est déjà en retard."



On ne peut donc exclure que la comédie des retards, mise en scène depuis 2014 pour rendre la présidentielle de 2016 impossible, se répète en 2017 ? "Joseph Kabila peut toujours le faire. Ainsi, on n’a pas encore éclairci la question du financement des élections; on avait bien vu que l’ex-Premier ministre Matata était très réticent à donner à la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) les versements financiers prévus au budget. Que se passera-t-il si ‘techniquement’, on n’arrive pas à organiser les élections en 2017 ?"
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