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*Sous la casquette d’analyste patenté, Pierre Anatole Matusila livre, ici, sa grille de lecture des faits sur la situation politique qui prévaut actuellement en RDC. Dans un parallélisme qu’il établit entre l’Accord politique signé le 18 octobre 2016 et celui, récemment paraphé par une frange des Forces vives congolaises à la CENCO, il conclut que « l’échelle de différence n’est qu’affective ou expressive. Et d’ajouter que rationnellement, l’Accord du 31 décembre n’est qu’une copie figurée de celui du 18 octobre 2016 dans la mesure où dans ces deux Accords, les matières abordées ont été littéralement les mêmes. Puis, la question de la continuité du Président de la République, Joseph Kabila Kabange, a été également avalisée par les deux cas en des termes identiques. Il en est de même des institutions à mandats électifs. La seule différence où le bat blesse, d’ailleurs, c’est celle de la Primature. Ici, on digère mal le fait que certains camps aient attendu que le sang des compatriotes soit inutilement sacrifié, pour se précipiter, aujourd’hui, à occuper un tel ou un autre poste des responsabilités. Pierre Anatole Matusila, Docteur de son état et, actuellement, grand dirigeant de l’ABAKO, avance, dans l’analyse pointue, ci-dessous, une série de similitudes qui, à son avis, dévoile le côté pâle des acteurs politiques congolais. Mais, il ne se limite pas là. Il donne des leçons et redistribue les cartes, à sa manière. Sera-t-il écouté ? Pas si sûr, dans cet environnement où l’amphibologie et la transhumance politiques tentent de gagner du terrain jusqu’au point de supplanter, curieusement, tous les bons sens. Quoi qu’il en soit, il espère, lui, que des personnes de bonne volonté ne manqueront pas de mordre à l’hameçon, pour ramener les pieds au sol. Il y va de la paix et de la stabilité du pays.

De la cité de l'UA au Centre Interdiocésain

Du bonnet blanc au blanc bonnet

(Par Pierre Anatole Matusila)

Les déclarations que l'on enregistre dans l'opinion publique depuis la signature, le 31 décembre 2016 du compromis politique dit : "global et inclusif" du Centre interdiocésain de Kinshasa sont tout simplement euphoriques sinon anachroniques, au regard de la réalité politique de crise que connaît notre pays. Car, au- delà de l'effet d'optique promotionnel qui le fait passer pour un dispositif "hors pair" le crible de la raison fait ressortir une réalité différente qui nous amène à considérer que tout le travail de ce deuxième forum n'aura fondamentalement conduit qu'à une lecture au second degré de l'accord politique de la Cité de l'Union Africaine du 18 octobre 2016.

La réalité première et finale c'est que le transbordement méthodologique n'a pas été possible, le travail s'est opéré sur une même base. Le post-Kabilisme gradué s'est imposé à tous comme une variable insurmontable.

Car, toute formule ou combinaison de sortie de crise devrait forcément intégrer la majorité, qui était le " répondant commun". Cette unité méthodologique nous verse dans un même moule et fait que le résultat final donne un blanc bonnet, bonnet blanc. "

"Tout le reste ne tient plus que de la forme et du positionnement politique".

La question que je me pose est celle-ci: fallait-il passer nécessairement par le sang des compatriotes pour produire " une copie figurée" que l'on présente aujourd'hui comme un dispositif convenable et insurmontable dans la résolution de cette crise? Le positionnement politique nous pousserait-il jusqu'à sacrifier la vie des hommes et des femmes sur lesquels, pourtant, nous ambitionnons d'exercer le pouvoir ?

Rationnellement, l'accord de 31 décembre 2016 n'est qu'une copie réaménagée de l'accord du 18 octobre 2016, l'échelle de différence n'est qu'affective ou expressive.

On peut rapidement énumérer, les éléments de similitude, ci-après :

1. Les sommaires sont identiques. A dire autrement, les matières traitées ont été les mêmes en dépit des tournures employées

2. Le post-Kabilisme gradué a été le schéma cardinal dans les deux cas : " le président en fonction reste en place ..." (Article 17 point (a) accord cité UA/Point II.2.1.premier tiret CID). Le Rassemblement et alliés ont déserté complètement leur méthode initiale.

3. Les autres institutions à mandat électif restent en place jusqu'à leur remplacement par des nouveaux animateurs élus (article 17 point (b) accord cité UA/Point II.2.2 tiret a,b,c CID).

4. Le principe de la cohabitation gouvernementale et l'instauration d'un gouvernement d'union nationale (Article 17 point (c) accord cité UA/Point III.3.1 CID). La différence ici, c'est que la Primature est confiée à l'opposition ayant signé l'accord du 18 octobre 2016 dans le premier texte tandis que dans le second la Primature est confiée à l'opposition non signataire de l'accord du 18 octobre.

5. Le principe de la refonte totale du fichier électoral. (Article 1er paragraphe I’Accord cité UA/Point IV.I.CID). Et de décembre 2017 à avril 2018 l'écart temporel pour l'organisation des élections n'est que de 4 mois, soit 120 jours. Au centre Interdiocésain, il n'a donc été question de découpler certaines élections.

6. Mesures de décrispation impersonnelles dans l'accord du 18 octobre (Art. 18 cité UA) et personnification des mesures de décrispation avec les fameux cas emblématiques (point V. I. CID).

7. institution du Conseil de suivi du Dialogue CSD (Article 21 accord cité UA) et du Conseil National de suivi de l'accord CNSA (Point IV.4. sixième tiret CID).

Tout ceci prouve à suffisance que l'accord du 18 octobre 2016 demeure le dispositif clé qui a permis de produire l'intelligence politique dans la gestion de cette crise. Une autre interprétation serait l’expression d’une malhonnêteté criante. Elle a la primeur de poser la gestion institutionnelle comme base de résolution de cette crise et donc, de maintenir le contrôle politique du destin de l’Etat face aux périls d’une conflagration annoncée.

Un réaménagement grammatical et formel d’un accord ou compromis initial deviendrait-il une révolution au point de remodeler les équilibres difficilement instaurés ? Il est bien clair que la gestion de cette crise ne peut pas être entreprise dans une logique d’exclusion et la quête de l’inclusivité n’est pas synonyme de reconfiguration de l’espace politique pour défaire un groupe au profit d’un autre alors même que l’offre demeure identique et même qu’il s’agit d’une reproduction des efforts des premiers par les seconds. Cette façon de procéder porterait en elle-même, les germes d’une division dont la République n’a pas besoin aujourd’hui. Les acquis du groupe de la Cité de l’UA doivent être préservés sans pour autant minimiser la masse critique de nouveaux venus.
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