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Corneille Nangaa est-il dans de sales draps ? Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) doit s’expliquer sur la gestion des finances de la centrale électorale. Depuis qu’il a pris ses fonctions, l’ancien conseiller de l’ex ministre de l’économie Nemoyato gère dans l’opacité la plus criante, selon des sources internes à la CENI. » Il ne rend compte à personne même pas à la plénière. Il contracte des crédits sans le dire à personne », révèle cette source au sein de la CENI. La preuve, poursuit-il, est l’affaire de 25 millions de BGFi Bank. Jamais, la plénière de la Commission électorale nationale indépendante n’a été informée, déclare-t-il. Un autre membre de la plénière, qui a requis l’anonymat, met au défi Nangaa de dire le contraire ou d’apporter les éléments de preuve. Nangaa et ses hommes de confiance ont géré le dossier dans l’opacité la plus totale, explique-t-il. Un sujet tabou jusqu’ aujourd’hui. Les membres de la plénière ont été surpris, comme l’opinion congolaise, du dossier de cette rocambolesque créance qui a écorné l’image de l’institution. Le successeur de Malu malu ne s’est jamais expliqué vis-à-vis de ses pairs parce qu’il prétend n’avoir de comptes à rendre à personne. Grave encore, l’orthodoxie financière est reléguée au second plan. Il n’y a aucun règlement administratif et financier. « On gère l’argent de la CENI comme on gère sa boutique », explique un partenaire international au parfum de la situation. Au regard du volume d’argent que le gouvernement dote la centrale électorale, un règlement administratif et financier s’imposait pour permettre une bonne traçabilité des fonds alloués à l’institution. Mais les gestionnaires actuels n’ont que faire de cet instrument. Depuis qu’ils ont appris l’arrivée du Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral, Nangaa s’arrache les cheveux pour faire voter le texte. Travail intense parfois à la va-vite pour faire adopter en cascade le règlement administratif et financier. Alors la question qui taraude les esprits est celle de savoir, comment Nangaa gérait tous ces temps l’argent du contribuable congolais mis à sa disposition pour organiser les élections ? A cette question, un comptable d’État chevronné tire la conclusion que l’argent de l’État est géré sans respect des normes comptables contenues dans les différents instruments juridiques nationaux. Ne peut retenir l’argent de l’État logé dans un compte public qu’un comptable public. Cest ce dernier qui peut retenir les fonds publics pour le mettre à la disposition d’une institution publique. Or les comptables publics au sein de la CENI, qui travaillent pourtant pour l’État avec pour leur tutelle le ministère du Budget, ne sont jamais utilisés. D’où, la demande d’un audit pour tirer cette affaire au clair. Un audit de la Cour des comptes est capital. Les députés aussi, pourquoi pas! Ils sont interpellés pour sortir les éventuels cadavres dans les placards de la Commission électorale nationale indépendante. « On crie qu’il n’y a pas d’argent pour organiser les élections mais la Ceni doit d’abord rendre compte de sa gestion de fonds qu’elle perçoit du pouvoir public », dénonce un cadre du Rassemblement qui a promis de soulever la question aux débats du centre interdiocedain. A la Ceni, les rumeurs sur l’acquisition des immeubles par certains responsables créée un climat de tension, de suspicion et de méfiance totale entre animateurs de l’institution. Pire, ce sont les mêmes qui en bénéficient, qui se tapent toujours le gros morceau, semble-t-il. Donc, le premier chantier de Tshisekedi et son groupe, c’est de contrôler les finances de la CENI. « Faire même appeler à un cabinet d’audit international pour mettre fin à l’opacité qui a élu domicile », conseille un cadre de la Ceni. L’expert électoral promet de mettre les preuves à la disposition des enquêteurs au moment opportun. Après l’audit très attendu, la responsabilité de fautifs devra être engagée. Et qui connait la rigueur de Tshisekedi, Nangaa doit bien préparer son rapport détaillé de gestion. Et si Mubake arrivait comme rapporteur, tout sera mis à nu.

Zabulon Kafubu


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