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Depuis la semaine passée, le quartier Kingabwa est en deuil. A la base de ce sentiment généralisé de tristesse, le naufrage accidentel de deux pirogues sur la rivière Ngwele. A en croire notre source, ce sinistre est intervenu le lundi 16 janvier 2017 dans l’avant-midi.  Ce jour-là, a signalé un fonctionnaire résidant à Kingabwa-Mandrandele, alors que les nationalistes regroupés sous la bannière des «  Amis de Mzee », s’apprêtaient à aller se recueillir devant le mausolée du «  Soldat du peuple », dans la commune de la Gombe, deux centaines de cultivateurs, hommes et femmes, jeunes et vieux, se sont entassés dans deux pirogues à Kingabwa pour se rendre à l’îlot Tshuenge situé non loin de l’aéroport international de Ndjili où se déroulent les travaux d’entretien et de récolte de riz.

Quelques nuages sombres parsemés dans le ciel. Une légère canicule au petit port de Kingabwa, personne n’avait pris connaissance, la veille, du bulletin météo de la journée. Et rien ne présageait que le temps allait se gâter bientôt. A peine, les deux pirogues quittaient allègrement leur port d’attache, elles s’attelaient à une baleinière pour bénéficier de sa poussée jusqu’à Tshuenge. La suite du récit est poignante. Suivez plutôt.

Peu avant de s’engager dans les eaux du fleuve Congo, voici qu’une brise soudaine souffle sur les trois embarcations. Les passagers tous debout, qui savourent les paysages, constatent que l’intensité du vent va s’accroître dans les minutes qui suivent. La météo commence à dégrader. L’inquiétude se lit sur les quelques visages de paysannes et des commerçantes. Ballotée par les premières vagues, une pirogue a tangué dangereusement, semant la panique à bord. Si les passagers les plus habiles ont sauté dans l’autre pirogue, les paniquards vont basculer dans le fleuve où malheureusement, la plupart ne savent pas nager.

            C’est le sauve-qui- peut général. Dans un mouvement de panique, des cris de détresse signalent que la situation devient incontrôlable. Cette scène apocalyptique est immédiatement suivie au loin par des pêcheurs des environs pressés de regagner le petit port. Quelques piroguiers intrépides vont voler au secours de naufragés. Etrange réaction, pour éviter le naufrage de trois embarcations, la baleinière se libère de deux pirogues. Vite, ces dernières se renversent avec leurs derniers occupants qui se noyent dans la détresse.

Les opérations  de récupération des corps piétinent

            Après quelques secours sans grand impact, le bilan de ce naufrage pour la journée de lundi n’était pas dressé.  On parlait sans précision d’une centaine de morts et d’une cinquantaine de disparus. Ce ne sont que des chiffres provisoires, a laissé entendre un pêcheur de Kinkole qui indique que les petites embarcations n’établissent jamais le manifeste de leurs passagers, ainsi que leurs identités. Ce qui complique les recherches. Lundi soir, la triste nouvelle circulait de bouche à oreille dans tout le quartier Kingabwa d’où provenaient la plupart de paysans et de commerçants de produits vivriers.

            Le lendemain, des familles de victimes affluaient au petit port de Kingabwa, pour tenter d’arracher des nouvelles sur leurs proches. Rien ne filtrait de racontars des habitués du coin. Et c’est le mercredi qu’une initiative privée a invité au recours des pouvoirs de chefs traditionnels de cette partie de la ville de Kinshasa. Trois familles ont opté pour cette cérémonie traditionnelle en apportant de biens en nature et quelques fonds.

            Jeudi matin, après des invocations aux ancêtres, a révélé un féticheur, les trois premiers corps de naufragés bloqués par des bancs de nénuphars, étaient repêchés par des pêcheurs à près d’un kilomètre. Ils furent extraits des eaux par le soin des éléments de la Croix-Rouge, avant d’être acheminés à la morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa. Parmi ces corps, M. Omekoko Otshudi, agent à l’ISTA, reconnaissait le cadavre de son fils Shongo Biko. Son oncle paternel, M. Mike Lungudi Kalonda, encore sous le choc après cette disparition, a laissé couler quelques larmes. Il s’est dit bouleversé par le comportement peu responsable des piroguiers qui, aujourd’hui en cavale, en même temps que le propriétaire de ces deux embarcations, n’ont pas contribué aux recherches entreprises depuis le jour du drame.


            Les eaux de la rivière Ndjili comme celles de la rivière Nguele, selon une légende très répandue à Tshangu, ont la particularité d’emporter quelques apprentis nageurs.

            Une semaine après le naufrage de Ngwele, le mystère reste épais sur les causes d’une météo changeante en moins d’une demi-heure. Il faudrait certainement une enquête technique pour déterminer les circonstances exactes de ce drame, afin d’établir les responsabilités des auteurs du sinistre.

                                                                                                                  J.R.T.
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